Des blessés de guerre en rééducation au camp de Sévaré
Les épouses et les enfants de ces militaires tombés au champ d’honneur ou gravement blessés voient leur existence basculer. C’est pourquoi, le soutien de l’état à ces personnes durement affectées par la perte d’un être cher, est un impératif. Les autorités de la Transition s’activent afin de leur apporter l’appui et le réconfort nécessaires à leur épanouissement
Âgée de 13 ans, Hawa Malamine Sangaré a appris le décès de
son père 4 ans après sa mort au front. Nous l’avons rencontrée un mercredi
devant l’école « Les étincelles », située à Kalaban-Coura. La jeune fille nous
conduit dans une famille contigüe à la cour de son établissement pour éviter
les regards gênants. Très sereine, elle nous raconte sa vie d’orpheline.
«Je suis la fille de feu le capitaine Malamine Sangaré,
pilote de l’Armée de l’air, décédé lors d’un crash d’hélicoptère survenu, le 12
avril 2013, dans la Région de Mopti, précisément dans le village d’Ouro-Modi»,
relate l’élève en classe de 9è année. Visiblement assaillie par l’émotion, la
jeune fille baisse la tête en disant : «Mon père est mort en mission commandée
de l’État». Malgré son jeune âge, l’orpheline affiche un sentiment de fierté au
sujet des circonstances de la disparition de son père.
Hawa Malamine Sangaré a perdu son papa lorsqu’elle avait 3
ans. Ce n’est que 4 ans après le drame qu’elle s’en est rendue compte. «Je
sentais l’absence de mon père et le faisais savoir à ma maman. Car, il
m’appelait ou m’amenait des cadeaux chaque fois qu’il revenait de mission. Mais
ma mère a continué à me cacher la vérité au sujet du décès de mon père»,
explique Hawa.
Elle se souvient : «Une nuit, j’ai rêvé de mon père. Il est venu
m’annoncer qu’il ne revient plus. Je me suis réveillée très triste. J’ai passé
toute la journée à pleurer sans manger. J’ai dit à maman pourquoi vous ne
m’avez pas dit la vérité sur papa».à l’époque, elle faisait la classe de 3è année.
Les années ont passé
et la petite Hawa s’est résolue à faire face à la réalité. Aujourd’hui, on peut
dire qu’elle ne se plaint pas grâce à
l’assistance de l’Office national des pupilles du Mali (Onapuma). «L’Onapuma
nous verse par trimestre 100.000 Fcfa comme appui à l’entretien de l’enfant
orphelin de guerre.
Cet appui va continuer jusqu’à mes 18 ans», révèle-t-elle.
Et d’ajouter que sa famille recevait de temps en temps des dons provenant de la
Direction du service social des armées (DSSA). Jeune fille intelligente, Hawa
Malamine Sangaré reconnaît que mieux vaut un appui minime soit-il de la part de
l’état que rien.
NÉCESSAIRE SOUTIEN- Maïmouna Kéita est la mère de Hawa
Malamine. Elle confirme avoir bénéficié du soutien des frères d’armes de feu
son mari pour surmonter la souffrance. «J’ai eu moins de problèmes à être mise
dans les droits grâce à l’implication des camarades de mon mari et j’ai passé
trois ans dans le camp à la base de l’armée de l’air à Hamdallaye», témoigne-t-elle.
Mme Sangaré Maïmouna Kéita dit bénéficier aussi du soutien de la DSSA. «Ma
fille, précise-t-elle, figurant parmi les pupilles de la nation, reçoit 100.000
Fcfa par trimestre. Et ses deux sœurs ont eu la bourse pour aller étudier à l’étranger».
Mme Sangaré Maïmouna Kéita attire l’attention des autorités
sur les conditions de vie des orphelins de guerre ayant une bourse d’études à
l’étranger. «Cette aide ne doit pas seulement concerner que l’état, mais tout
le peuple malien. Parce que le militaire sacrifie sa vie pour une cause noble,
c’est-à-dire, la défense de la patrie», rappelle-t-elle, plaidant l’insertion
socioprofessionnelle des enfants orphelins après leur retour au bercail.
Mouhammad Danté, 13 ans lui aussi, est le fils de feu
l’adjudant-chef de gendarmerie Sidiki
Danté. Il fait la classe de 9è année et vit chez son oncle maternel à
Magnambougou-Wèrèda.
Ce mercredi, entre 13 et 14 heures, habillé d’une culotte
bleue qui coupe aux genoux et une chemise grise, le petit Danté affiche une
mine timide dans le salon familial. Son oncle, Mahamady Kouyaté, ayant compris
le met à l’aise. L’émotion est de taille. Mouhammad Danté arrive tout de même à
s’exprimer.
«Mon père est décédé à Gao, il y a environ 7 ans des suites d’une explosion d’Engin explosif improvisé (EEI). Leur véhicule a sauté sur une mine», explique-t-il. Et de préciser : «on m’a dévoilé son décès lorsque je faisais la classe de 6è année. Personne ne me parle de cette histoire et je suis bien entretenu ici». Et d’informer qu’il est l’un des pupilles. «L’Onapuma nous donne 100.000 F cfa chaque trimestre et des fournitures scolaires ainsi que des chemises pendant chaque rentrée scolaire», signale Mouhammad Danté.
ACTIONS DE LA DSSA-
Amputé d’un pied, le sergent Siaka Koné a bénéficié d’une prothèse de la part
de l’Armée et continue de servir à la direction du service social des armées. «Notre
véhicule est monté sur une mine le 27 décembre 2018 dans la zone de Sevaré. Mon
pied a été amputé. Et toutes les charges sont revenues à l’Armée. Après le
traitement, j’ai été affecté au service social des armées», témoigne le sergent
Koné.
Le directeur du service social des armées, le colonel-major
Bréhima Samaké, soutient que sa structure assure la mise en œuvre des éléments
de la politique des Forces armées et de sécurité en matière de solidarité, de
protection et de promotion sociale des militaires pour leurs familles, des
anciens combattants, des veuves, ascendants des familles de militaire et des
blessés en service commandé.
Le colonel-major Samaké explique que la direction du service
social des armées (DSSA) intervient dans des domaines tels que la famille, la
santé, le budget, le logement, l’emploi.
«La direction du service social des armées annonce les décès aux familles, accompagnée d’une donation de céréales et un montant pour les funérailles. Elle aide les familles pour la constitution des dossiers pour l’obtention des droits (capital de décès, mutuelle, pension, indemnité forfaitaire de 10 ans, prise en charge des pupilles de la nation).
Oumar DIAKITE
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