Depuis dimanche ,notre pays est placé sous embargo économique et financier de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao). Avec la fermeture des frontières terrestres et aériennes dans le but d’isoler le Mali, les rumeurs d’une possible rupture de vivres alimentaires semblent s’installer au sein de la population même s’il est vrai que les sanctions de la Cedeao ne concernent pas les produits de première nécessité, les produits pétroliers et les médicaments. Nous avons fait le tour de quelques magasins et grandes surfaces de la capitale pour en savoir davantage.
Au supermarché «Mille et une merveilles» dans le quartier huppé de l’ACI 2000, l’ambiance était morose lundi. Mme Keita figurait parmi les quelques clients qui déambulaient entre les rayons. Comme chaque début de semaine, la quinquagénaire était venue faire ses courses. Elle avoue avoir peur des sanctions sans céder à la panique. «J’ai commencé à faire mes courses et je dois avouer que je vais acheter un peu plus que d’habitude parce qu’on ne sait pas», explique-t-elle. La mère de famille espère une possible entente entre nos autorités et la Cedeao afin que tout rentre dans l’ordre. «Moi, j’ai bon espoir qu’ils vont avoir des conversations raisonnables et qui vont arriver à une solution rapide dans les semaines à venir et je crois que tout le Mali s’attendait à ce qu’il se passe quelque chose donc j’espère aussi que les commerçants ont pris les dispositions pour que nous n’ayons pas de pénurie en quelques jours. Je prends quelques réserves, mais je ne panique pas », souligne-t-elle.
Dans le même supermarché se trouve Youba Mallé. Cet agent de l’agriculture dit ne pas croire à cette histoire d’embargo sur notre pays. « C’est comme le chien aboie, la caravane passe. Je fais mes achats comme avant, parce que je sais que l’embargo n’aura pas lieu, les pays voisins ne vont pas croiser les bras et regarder le Mali aller droit au mur. Le mouvement des Maliens est habituel, les gens vaquent à leurs occupations comme avant », soutient-il. Il invite nos autorités à prendre leurs responsabilités face à cette situation, car elles ont le soutien du peuple. Un autre client sous anonymat dit n’avoir rien prévu pour le moment. « Je n’ai rien prévu, je fais mes achats comme d’habitude pas de panique chez moi, je fais confiance à nos autorités », clame-t-il.
Un peu plus loin, Fatoumata Traoré, munie de son panier, fait des étalages. À l’en croire, ses courses n’ont rien à voir avec l’embargo. Pour la jeune dame, la panique n’est pas la solution. « Je fais mes courses mais pas pour cela. Je suis inquiète, très inquiète je ne le cache pas, mais paniquée je ne peux pas le dire, mais j’avoue quand même que c’est une situation très inquiétante, parce que quand la Cedeao prend des actions comme ça, il faut reconnaître que ça va vraiment se répercuter sur la population », affirme-t-elle avant de souhaiter une solution rapide à la situation.
À Azar Libre-Service de Missira, Mme Diallo, quelques produits en main, indique avoir appris la mauvaise nouvelle à la télévision. «Ça inquiète beaucoup, dans l’avenir comment on va s’y prendre. Ça m’inquiète mais pas de changement dans mes achats. On n’a pas encore pris de mesures, mais ça fait peur. On espère qu’il y aura renversement de la situation très vite, sinon c’est très inquiétant», laisse-t-elle entendre.
Adama Mamadou N’diaye, rencontré à la caisse, ne s’inquiète pas car, selon lui, le Mali est frontalier avec d’autres pays qui ne sont membres de la Cedeao, à savoir la Mauritanie et l’Algérie. Abdallah, comptable à Azar Libre-Service, dit n’avoir rien senti d’anormal dans le magasin. «Les gens achètent comme d’habitude. De toutes les façons depuis que l’année a commencé, tout est calme. Les gens ne payent pas actuellement assez. Comme vous voyez, le magasin est presque vide», affirme-t-il, précisant que les sanctions de la Cedeao sont tout de même mauvaises pour le Mali.
Amadou GUÉGUÉRÉ
Rédaction Lessor
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