Dr Choguel Kokalla Maïga avec Leonardo Santos Simao
C’était en présence du ministre des
Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop et du
représentant spécial du secrétaire général des Nations unies au Mali et chef de
la Minusma, El-Ghassim Wane.
Le nouveau représentant spécial du secrétaire
général des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel était venu
s’enquérir de l’évolution de la situation politique de notre pays mais aussi
des défis et des efforts. Occasion donc pour le chef du gouvernement de revenir
sur le contexte de l’avènement de la Transition au Mali. Selon lui, les
transitions dans chaque pays ont une spécificité. Dr Choguel Kokalla Maïga a
ensuite expliqué le cas de la nôtre, principalement, par le problème sécuritaire,
même s’il reconnait que sur le plan institutionnel, «il y avait quelques problèmes
latents». Lesquels ne remettaient pas en cause l’ordre institutionnel établi.
Le Premier ministre a tenu à préciser qu’au
Mali, les militaires ne sont pas sortis des casernes d’eux-mêmes pour venir
prendre le pouvoir, ajoutant qu’il y a eu un soulèvement populaire qui a duré
du 5 juin au 18 août 2020, supporté par le Mouvement du 5 juin-Rassemblement
des forces patriotiques (M5-RFP). «C’est en ce moment que les Forces armées
maliennes, dirigées par un groupe d’officiers, sont intervenues», a-t-il témoigné.
Parlant de la mission des Nations unies dans
notre pays, Dr Choguel Kokalla Maïga dira qu’au début, les Maliens dans leur
grande majorité étaient convaincus qu’elle va aider à restaurer la paix ou à
imposer la paix au besoin. C’est plus tard qu’à force d’explication des
diplomates et de constatation des faits, ils ont compris que la mission
onusienne n’est pas venue pour faire la guerre contre le terrorisme mais pour
maintenir la paix. «Sauf qu’il n’y avait pas de paix à maintenir», a martelé le
chef du gouvernement. Il ajoutera sans ambages que sept ans après, le constat
est que la communauté internationale a échoué sur les plans de la lutte contre
le terrorisme, de la restauration de l’autorité de l’État sur l’ensemble du
territoire national…
Dr Choguel Kokalla Maïga a, par ailleurs, évoqué
la mise en place de l’Autorité indépendante de gestion des élections (Aige)
pour minimiser les risques de contestation des élections et l’adoption de la
nouvelle Constitution. Il a aussi rappelé les trois principes qui guident désormais
l’action publique dans notre pays, à savoir le respect de la souveraineté de l’État,
le respect du choix du partenaire et du partenariat stratégique de notre pays
et la défense des intérêts des Maliens dans la prise des décisions. Le chef du
gouvernement a annoncé à son interlocuteur du jour que la semaine prochaine, le
gouvernement conviendra avec les partis politiques sur le calendrier des élections
à venir.
Le Premier ministre n’a pas non plus manqué d’évoquer
les difficultés économiques de notre pays dues, notamment à la crispation de
nos relations avec certains partenaires. «Mais, on a montré que quand il y a la
volonté chez un peuple, il peut tout faire. La preuve, avec moins de 500
milliards de Fcfa en quelques années, le pays a été plus équipé militairement
que par le passé», a-t-il soutenu.
Quant au nouveau représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, il a affirmé que le travail principal des Nations unies est de promouvoir la paix et la stabilité dans le pays. Leonardo Santos Simao a rappelé que sans la paix, sans la stabilité, il n’y a pas de développement. Le diplomate onusien conclura qu’il y a un travail à faire entre les Nations unies et le gouvernement pour voir comment «on peut travailler ensemble pour le reste de la Transition surtout après le départ de la Minusma».
Bembablin DOUMBIA
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