Il faut relancer à plusieurs reprises l’appel téléphonique pour pouvoir joindre son correspondant
Des appels téléphoniques interrompus en pleine conversation
ou encore des signalisations d’indisponibilité. Tels sont entre autres
descriptifs des perturbations de réseaux téléphoniques signalées par les
clients de différents opérateurs. Dr Adama Traoré, président du Réseau malien
des consommateurs de téléphonie mobile (Remacotem) s’indigne de la situation
qu’il juge «dramatique» pour les consommateurs. «On n’arrive pas à joindre son
correspondant parce que les réseaux sont dégradés», regrette le défenseur des
droits des consommateurs.
Le problème pénalise doublement les usagers qui sont obligés de payer pour le répondeur parce que le réseau du correspondant n’est pas bon. Le responsable associatif pointe du doigt une insuffisance de la couverture du réseau. Ce qui provoque des perturbations à quelques 20 ou 30 kilomètres de Bamako. Il dénonce des manquements aux cahiers des charges de la part des opérateurs qui doivent assurer la couverture entière du territoire national.
Du côté des opérateurs Orange-Mali et Moov Africa Malitel,
on assure qu’il n’y a pas de problème de réseau. «À la date d’aujourd’hui,
il n’y a pas de cas général de perturbation du réseau. Nous n’avons reçu aucune
plainte à ce sujet», assure Amadou Niang, chef de service pilotage de
l’optimisation à Orange-Mali, joint au téléphone. Le technicien souligne que
son entreprise dispose de voies pour faire remonter les plaintes des clients.
Aucun problème de ce genre n’a été pas signalé, jure-t-il.
Qu’est-ce qui peut donc expliquer des problèmes récurrents
de réseaux ? à cette question, Amadou Niang dit qu’il y a plusieurs
facteurs. Selon le technicien, la qualité du réseau, notamment en matière de
connexion internet, peut dépendre de la performance de l’appareil de
l’utilisateur. Son entreprise, Orange-Mali donne une performance haute gamme, à
l’en croire. Ceux qui n’ont pas des téléphones 4G 4è génération ou 3G, vont se
limiter à une connexion 2G qui donne un débit limité comparée à la 3G,
explique-t-il.
Les délestages de courant électrique sur le site d’une antenne d’un opérateur peut également occasionner des perturbations, s’il n’y a pas de groupe électrogène. Cela entraine la mise hors service de l’antenne et la perturbation du réseau dans sa zone de couverture. Pour pallier ce genre d’aléas, Amadou Niang assure que son entreprise utilise des panneaux solaires dans les zones où il y a des pénuries de carburant. «Même dans les zones d’insécurité au centre et au nord du pays, nous approvisionnons nos antennes en carburant», souligne le technicien qui évoque aussi de probables problèmes techniques liés aux appareils électroniques.
MUTUALISER LES INSTALLATIONS- Il y a aussi le fait que les
opérateurs organisent des maintenances pour faire l’entretien du matériel
et remplacer les pièces défaillantes. Il relève également la possibilité
d’avarie sur les fibres optiques lors des travaux routiers. «Cela peut impacter
les clients le temps que la panne soit résolue», fait-il remarquer.
Quant à l’extension du réseau, le technicien reconnait
qu’il peut y avoir des problèmes de couverture. «Nous faisons des
campagnes de mesures pour connaitre la couverture et les différents services de
réseau. L’Autorité malienne de régulation des télécommunications, des tics et
des postes (AMRTP) fait un audit au plan national», explique-t-il. Cependant,
Amadou Niang assure qu’il n’y a pas de zone en périphérie de Bamako non couvert
par le réseau. «Il peut y avoir des zones non couvertes à cause de l’éloignement.
Mais, nous faisons aussi des réajustements de couverture pour les clients dans
ces situations», indique-t-il.
«La qualité du réseau est en train de baisser», alerte Dr
Alioune Badara Traoré, ingénieur en télécommunications et ancien cadre de la
Société des télécommunications du Mali (Sotelma) et de l’AMRTP. Cet expert ne
croit pas que des raisons techniques puissent expliquer la mauvaise qualité du
réseau. Il pense même que « ce sont des défaillances qui peuvent être résolues ».
L’ingénieur explique qu’il peut y avoir des problèmes liés à la rupture de
l’alimentation électrique, des câbles coupés, aux installations. Des défaillances
dont il pense que des solutions peuvent être trouvées. «Mais est-ce qu’on est
d’accord de dépenser de l’argent pour corriger ce problème», questionne-t-il.
Il est plutôt convaincu d’un manque de suivi de la qualité du réseau.
Dr Alioune Badara Traoré trouve que la couverture du réseau dynamique est difficile à évaluer en terme de qualité. Il attire l’attention sur la pertinence d’un plan d’installation globale du réseau sur l’ensemble du pays. C’est-à-dire une mutualisation des tronçons d’installation des fibres optiques des différents opérateurs et de l’Agence de gestion du fonds d’accès universel (Agefau). Pour le spécialiste, un tel projet permettrait aux opérations d’évoluer, par exemple, en collocation des bornes. Ce qui, selon lui, diminuerait les coûts de communication pour le Malien lambda et permettrait d’avoir une visibilité globale de la couverture du pays par le réseau. Il souligne que la couverture dans certaines zones où la démographie n’est pas importante est du ressort de l’Agefau, car non rentable pour les opérateurs.
LES BOOSTERS EN CAUSE ?- Certaines perturbations
de réseau seraient dues à l’utilisation de types d’appareils particuliers censés
améliorer les signaux. Les opérateurs et l’Autorité de régulation voient dans
l’utilisation de ces appareils qui ont fleuri, notamment dans les marchés, des
grands facteurs de dégradation du réseau. Cependant l’hypothèse ne fait pas
l’unanimité. «Le client prend le booster pourquoi ? Si l’installation
dont vous disposez ne vous permet pas de bénéficier du service alors vous
cherchez des moyens alternatifs. Le marché est le centre des affaires et est
connecté au monde entier», estime Dr Adama Traoré.
Pour Dr Alioune Badara Traoré, la part des boosters dans la
mauvaise qualité du réseau n’est pas considérable. Au contraire, il note même
qu’ils connaissent leur succès parce que la qualité du réseau est mauvaise.
Pour sa part, le technicien d’Orange-Mali, assure que tant que les boosters resteront allumés, le problème ne sera pas résolu. Amadou Niang affirme que le problème des boosters est au niveau de l’Autorité de régulation. «Nous avons déployé de nouveaux sites au marché. C’est au tour du régulateur de prendre des mesures de sensibilisation pour que les commerçants éteignent les boosters», préconise-t-il. À terme, il n’est pas à exclure que des mesures fermes soient prises prochainement pour démanteler ces appareils.
Mohamed TOURE
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