À l’aide de la bande Shakir, il mesure l’état
nutritionnel d’un enfant (Unicef Mali octobre 2018)
Le taux de malnutrition globale au Mali tourne au tour de
10,8% chez les enfants de moins de cinq ans, selon une étude nutritionnelle menée
en 2022 par la direction générale de la santé et de l’hygène publique et
l’Institut national des statistiques. La malnutrition aiguë sévère- étape la
plus complexe- touche un peu moins de 2% des enfants de cette tranche d’âge. Ce
stade nécessite une hospitalisation et des traitements spécifiques.
La lutte
contre ce fléau à l’origine d’un fort taux de mortalité infantile mobilise de
nombreux acteurs. Les récentes études dans le domaine s’accordent à prioriser
une approche pluridisciplinaire. Il s’agit d’intégrer divers domaines tels que
l’accès à l’eau potable, à l’hygiène et à l’assainissement pour l’amélioration
de la situation nutritionnelle.
«À chaque fois qu’on améliore la qualité de l’eau, l’hygiène
et l’assainissement, on améliore également la nutrition. Il faut savoir que les
maladies comme la diarrhée, le paludisme font partie des causes immédiates de
la malnutrition. Elles peuvent être gérées par une bonne l’hygiène», explique
Dr Mahamadou N’tji Samaké, directeur de la sous-direction de la nutrition à la
direction générale de la santé et de l’hygiène publique.
Cette approche
intégrant les problématiques d’eau, d’hygiène et d’assainissement dans la lutte
contre la malnutrition, est désignée par les spécialistes sous le sigle Wash
and Nutrition (Water, Sanitation and Hygien, Eau, hygiène, assainissement).
Elle préconise l’adoption de bonnes pratiques en matière d’hygiène telles que
le lavage des mains au savon, l’utilisation de latrines pour minimiser les
facteurs favorisant la malnutrition.
Selon Dr Mahamadou N’tji Samaké, la question constitue un
axe à part dans le plan multisectoriel de la nutrition du gouvernement. Cette
stratégie a pour objectif de travailler à avoir un environnement sûr et
favorable à la nutrition pour tous les âges. La réponse en la matière passe par
l’adoption de gestes précieux comme le lavage des mains aux moments clés.
À
ce sujet, souligne le spécialiste, l’étude précitée estime que le lavage des
mains au savon au sortir des toilettes est pratiqué par 77,9% des personnes
vivant au Mali. Il est observé par 47,6% des personnes avant et après les
repas, contre 38,7% avant de préparer et 28,6% après le nettoyage anal des
enfants.
Selon la même enquête, la défécation à l’air libre est
encore pratiquée par 11,4% de personnes au plan national pendant que 44,5% des
ménages disposent de latrines avec dalle. En ce qui concerne l’accès à l’eau
potable, 85,5% des ménages disposent d’une source d’eau améliorée (eau minérale,
robinet, ou borne fontaine, etc.).
Cependant, l’étude révèle que 55,7% des
personnes utilisent au moins 15 minutes pour chercher de l’eau. Ces
précisions témoignent de l’ampleur des efforts qui restent à consentir. Quand
on sait que les mauvaises conditions environnementales se répercutent sur la
situation sanitaire notamment des enfants. «Un enfant qui fait un palu, c’est
bien sûr lié à l’environnement malsain. Quand le palu est mal traité, l’enfant
bascule dans la malnutrition.
Plus il sera détecté tôt, plus il peut être pris en charge et le cas contraire augmente le taux de morbidité», souligne le spécialiste. Il fait aussi remarquer que les aliments malsains provoquent la diarrhée, qui est un facteur de malnutrition. Il alerte sur la dégradation de l’environnement en milieu rural et les changements d’habitudes alimentaires. «Les gens ne se soucient plus de ce qu’ils mangent. Alors que c’est ce que nous mangeons qui nous rend vulnérables ou robustes. On doit être en mesure de trier ce qu’on mange. Et il est préférable qu’on prépare nous-mêmes nos aliments, en évitant la consommation d’aliments en boite de conserve», insiste le médecin.
COORDINATION DES ACTIONS- Pour trouver des réponses à ces
multiples défis liés à l’environnement et la nutrition, différents départements
concernés travaillent avec les collectivités territoriales, des institutions de
recherche et des partenaires techniques et financiers. Les objectifs sont de
permettre l’accès à un environnement sain et à l’eau potable. Il s’agit également
de renforcer les capacités des établissements de santé à disposer d’un paquet
minium d’eau, hygiène et assainissement.
Pour y arriver, les stratégies sont mises en œuvre pour
sensibiliser la communauté. Au nombre des techniques qui ont fait leur preuve
en la matière figure l’Assainissement totale pilotée par la communauté (ATPC).
Il s’agit des séances de sensibilisation des populations en lien avec les
diarrhées et la défécation à l’air libre à travers des démonstrations
pratiques. Dr Mahamadou N’tji Samaké, à l’instar d’autres spécialistes, préconise
une meilleure coordination entre les différents secteurs d’intervention.
C’est le cas de Boureïma Tabalaba, coordinateur de la
Coalition nationale de campagne internationale pour l’eau potable et
l’assainissement (CN-CIEPA/WASH). Son organisation œuvre pour l’accès à l’eau
potable et à un environnement sain particulièrement pour les enfants en bas âge.
Pour ce spécialiste, la coordination des actions dans les domaines de l’eau,
l’hygiène et l’assainissement, et de la nutrition a mis des années à se mettre
en place. «Les différents acteurs doivent œuvrer pour développer une approche
intégrée.
Il faut que les acteurs des deux bords comprennent les conséquences des mauvaises pratiques en Wash et leur impact sur la nutrition», propose Boureïma Tabalaba. Se réjouissant de la volonté politique affichée par les pouvoirs publics dans ce sens, il prône une prise en compte des besoins dans les budgets, notamment au niveau local. «Les collectivités doivent inclure les questions d’hygiène et d’assainissement dans le Plan de développement économique, social et culturel de la commune (PDESC) et les traduire dans le budget de façon prioritaire», affirme Boureïma Tabalaba. À ce propos, il souligne qu’il est nécessaire d’informer les responsables communaux des enjeux du Wash et de la nutrition.
SUIVI AU NIVEAU LOCAL- Du côté des élus, on incrimine les
problèmes de ressources pour faire face à ces enjeux jugés «prioritaires». «Nous
avons prévu des volets concernant l’eau, l’hygiène et l’assainissement avec la
santé dans notre PDSEC. On a touché à tous ces volets qui constituent des
priorités pour notre mairie», assure Chaka Danioko, maire de la Commune de
Tongui, située à 75 km de Kolondiéba, à la frontière entre le Mali et la Côté
d’Ivoire. Malgré cette bonne volonté, l’édile reconnait que sa municipalité n’a
pas assez de moyens pour financer ses besoins. Ce qui est valable, selon lui,
pour l’ensemble des communes du Cercle de Kolondiéba. Faute de moyens, Chaka
Danioko et sa mairie misent sur l’appui des partenaires techniques et
financiers.
En attendant, l’accent est surtout mis sur les initiatives de sensibilisation des communautés sur le lien entre l’hygiène et la nutrition. Il évoque l’organisation par sa mairie l’an passé, avec l’appui d’un partenaire, d’une compétition de salubrité entre différents villages de la Commune. À l’issue de ce projet, deux villages avaient été sélectionnés comme modèles. Ils avaient réalisé des toilettes couvertes et des journées de salubrité hebdomadaire, en plus de l’évacuation des déchets, se souvient le premier magistrat de la localité. Malgré ces coups d’éclats, certains ont toujours du mal à comprendre le lien entre l’eau, l’hygiène et la nutrition, déplore Chaka Danioko, estimant ne sont pas des choses prioritaires pour les villageois.
Mohamed TOURE
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