L’ouvrage de 252 pages est disponible au prix de 10.000 fcfa
L’ouvrage a été lancé, jeudi dernier, dans l’amphithéâtre de l’École normale supérieure de Bamako (Ensup). C’était en présence de plusieurs personnalités militaires dont le général Yamoussa Camara et le général de corps d’armée, Sadio Camara. Six ans après ses précédentes œuvres, cette figure emblématique de la littérature malienne signe son retour avec ce roman engagé qui plaide pour le droit à l’éducation de tous les enfants, filles comme garçons.
Publié en 2025 aux éditions Bandama, l’ouvrage de 252 pages met en lumière les réalités sociales qui entravent l’accès des jeunes filles à l’école et appelle à une prise de conscience collective. À travers le personnage de Bata, une jeune fille animée par le seul désir d’aller à l’école et de réussir, grâce à l’éducation, Fatoumata Keïta retrace un parcours semé d’embuches tels que le départ à l’âge de 6 ans du domicile paternelle pour vivre chez un oncle maternel, un retour difficile dans la famille biologique.
«Arrivée chez mon père, j'ai dû abandonner l'école pour aider ma mère à vendre des fruits de porte à porte, et du bois au marché, pour pouvoir manger. Puis, un jour, un professeur se porta volontaire pour m'aider à intégrer la classe de 9è année. J'ai fini par obtenir mon Diplôme d’études fondamentales (DEF). Ce jour-là, j'étais la personne la plus heureuse du monde. C'était un défi relevé. J'étais encore plus déterminée à travailler, à gagner de l'argent, à rendre mes parents fiers de moi. Mon seul rêve: poursuivre mes études», peut-on lire dans un extrait du livre.
Au-delà de l’histoire individuelle de Bata, le livre se présente comme le témoignage d’une société confrontée à de multiples défis. À travers ce récit, Fatoumata Keïta invite à une réflexion sur la valeur de l’éducation, le sens du sacrifice et la force de la résilience. Le parchemin apparaît ainsi comme un appel à l’espoir, à la lutte contre les injustices et à la persévérance.
Œuvre profondément humaine et réaliste, le roman reflète les difficultés vécues par de nombreux enfants, notamment en Afrique, souvent contraints de choisir entre la poursuite des études et la stabilité familiale. Il souligne l’importance de la scolarisation comme facteur clé du développement d’un pays. Dans un monde bouleversé par les Programmes d'ajustement structurel, où l'école devient un luxe, Bata incarne le courage, la persévérance et la résilience. Rien d’étonnant dès lors, que l’auteure aborde les thèmes de la scolarisation et du destin.
Selon l’écrivaine, «Sur les traces du destin» met particulièrement en exergue les difficultés d’accès à l’éducation, notamment pour les filles. «Ce roman est une fiction autobiographique. Il y a une part de l’auteure et celle d’autres filles également», a-t-elle indiqué. Évoquant sa motivation, elle affirme écrire pour raconter le Mali «parce que quand on a mal, on est mieux placé pour le dire».
Fatoumata Keïta est Chevalier du Mérite national et Chevalier des Arts et de la Culture. La socio-anthropologue est spécialisée en socio-économie du développement. Essayiste, poétesse, nouvelliste et romancière, elle est auteure de plus d’une vingtaine d’ouvrages, dont des livres de jeunesse, des romans, des recueils de poèmes et des essais.
Honorary Member de la Pan african writers’Association (Pawa), elle a inscrit son nom en lettres d’or dans la bibliographie africaine avec sa trilogie : Sous fer (2013), Quand les cauris se taisent (2017) et Les Mamelles de l’Amour(2017). Lauréate du prix Massa Makan Diabaté 2015 de la Rentrée littéraire et du prix du meilleur roman féminin en Afrique de l’Ouest, elle est promotrice de Figuira Éditions depuis 2019. L’ouvrage est disponible dans les librairies au prix de 10.000 fcfa.
Tamba CAMARA
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