Les administrateurs lors de la rencontre
Le budget du Laboratoire national de santé (LNS) s’élève cette année en recettes et en dépenses à un peu plus de 938,4 millions de Fcfa contre 872,4 millions de Fcfa, soit une hausse de 7,6%. Cette information a été donnée à la faveur de la 35è session ordinaire de son conseil d’administration. Les travaux étaient dirigés par le représentant du ministre de la Santé et du Développement social, Abdellaye Keita, en présence du directeur général du Laboratoire, Pr Benoît Yaranga Koumaré et de nombreux administrateurs.
Il s’agira avec ce budget de maintenir l’accréditation ISO 17025 du laboratoire de contrôle de qualité des médicaments, l’étendre à d’autres paramètres et de migrer vers la pré qualification OMS (Organisation mondiale de la santé) au contrôle de qualité des médicaments. Il s’agit aussi de redémarrer les activités du laboratoire de contrôle de qualité des préservatifs, de contrôler les produits des établissements de production et d’importation des médicaments, des aliments, des eaux et des boissons sur toute l’étendue du territoire, de renforcer le contrôle et la surveillance du marché des médicaments, des aliments et des boissons.
Le directeur général a indiqué que le laboratoire a réalisé sur le budget de l’année dernière au 31 décembre 2024 une mobilisation de 88%, soit un peu plus de 770 millions de Fcfa. Les dépenses ont connu un taux d’exécution de 87% par rapport aux crédits alloués. Dans ce contexte, le patron du LNS a souligné que les grands événements de l’année ont été l’extension de la portée d’accréditation au référentiel ISO/CEI-17025 pour les activités d’essai en produits pharmaceutiques (Certificat N°ES21007 version.01/SOAC) suite à l’audit d’évaluation du Système ouest-africain d’accréditation d'octobre 2024 et l’amélioration du concept de surveillance de la qualité des produits.
À cet effet, pour la surveillance classique de la qualité des produits, 2.616 échantillons ont été analysés en 2024. Mais aussi 1.395 échantillons de médicaments avec 3,7% de non-conformité pour absence de principe actif, de sous-dosage en principe actif, d’essais hors spécifications et de défauts technico-règlementaires. Concernant les aliments et boissons, 830 échantillons ont été analysés avec un taux global de non-conformité de 23,25%. Pour les eaux, 375 échantillons avec des non-conformités divers. Dans le domaine des expertises particulières, le LNS a été sollicité pour 10 réquisitions provenant du service des Douanes, de l’Office central des stupéfiants, de la Police technique et scientifique.
«Nous avons identifié un explosif secondaire composé d’un dérivé nitré et d’un précurseur chimique (mélange proportionnellement explosif)», a-t-il-dit. Au plan de la formation et de la recherche, 199 stagiaires ont été reçus au LNS, 3 thèses soutenues et 5 articles publiés dans les journaux avec comité de lecture. Malgré les réalisations affichées, le Pr Koumaré a déclaré que 2024 a été difficile pour le LNS. En effet, son établissement a été confronté à une insuffisance des ressources financières pour l’acquisition des équipements nécessaires, notamment le service de contrôle qualité des aliments, l’approvisionnement acceptable en intrants d’analyse et le renforcement des capacités techniques du personnel.
Il a aussi évoqué des difficultés techniques et financières pour participer annuellement à un maximum d’essais d’inter comparaison et d’essais d’aptitude indispensables à l’obtention et au maintien de l’accréditation au référentiel ISO 17025 et des difficultés d’accès aux structures certifiées pour calibrer et qualifier les équipements conformément aux exigences normatives. Pour cette année, le LNS ambitionne d’accroître ses ressources propres. Pour ce faire, il compte intensifier ses efforts de recouvrement grâce à la commission de recouvrement mise en place, augmenter le nombre d’échantillons à analyser à travers une participation aux appels d’offres internationaux relatifs au contrôle de qualité des médicaments suite à l’accréditation ISO 17025 du LCQM. Un autre chalenge reste le renforcement du partenariat avec les sociétés minières pour le contrôle de qualité des eaux au niveau des mines et villages environnants.
Le représentant du ministère en charge de la Santé ne doute point de l’engagement du Laboratoire pour l’accomplissement de la mission de service public. «Vous avez relevé des cas de non-conformité pour les médicaments, les aliments et les eaux qui mettent en danger la santé des populations et risquent de compromettre nos actions de santé publique si des dispositions rigoureuses et pratiques ne sont pas prises à des niveaux de décisions appropriés», a-t-il dit. C’est pourquoi, Abdellaye Keita a invité les administrateurs à donner des orientations utiles pour les mesures qui s’imposent et indiquer des axes stratégiques pour mieux protéger les populations contre la consommation des produits de mauvaise qualité.
Fatoumata NAPHO
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