La partie chinoise est responsable à 90% de la faillite de N-Sukala, selon le ministre Moussa Alassane Diallo (g)
Les administrateurs ont planché sur les états financiers de 2020, 2021 et 2022 ainsi que sur les trois derniers rapports d’activités de N-Sukala. Cette session intervient dans un contexte très difficile pour l’entreprise aussi bien sur le plan financier, commercial qu’industriel. Dans de son intervention, le ministre est revenu sur les observations qu’il avait faites lors de sa visite, en juillet, dans les unités industrielles Sukala et N-Sukala. Et d’après Moussa Alassane Diallo, N-Sukala se trouve dans un état critique. Elle n’arrive même plus à rembourser correctement ses emprunts auprès l’État du Mali. L’entreprise ne s’acquitte pas correctement de ses dettes fiscales et sociales et ne paye non plus de dividendes à l’État du Mali alors qu’elle a toujours bénéficié des exonérations.
Chose encore plus inadmissible : la réglementation et la législation de travail en vigueur au Mali ne sont pas respectées au sein de N-Sukala. Ces manquements seront d’ailleurs au centre d’un échange, la semaine prochaine à Pékin, entre le ministre et les autorités chinoises. Le ministre Moussa Alassane Diallo a également dénoncé le fait que N-Sukala ne dispose pas de procédures administrative et financière à jour qui permettent d’assurer la mise en œuvre de la double signature sur les comptes. En plus, l’unité industrielle de production de sucre ne tient pas de compatibilité analytique, ce qui ne permet pas d’apaiser les coûts de productions de façon correcte. «Alors tout cela se traduit par une absence de transparence dans la gestion de N-Sukala.
C’est pourquoi il y a des détournements que nous n’arrivions pas à nous expliquer», a déclaré le ministre en charge de l’Industrie. Et de donner cet exemple pour étayer ses propos : «Au titre de l’exercice 2022, sur un chiffre d’affaires de 32 milliards de Fcfa, N-Sukala a dépensé 21 milliards dans les consommations intermédiaires, c’est-à-dire les pièces de rechange et autres». Pour le ministre, cela est anachronique et ne se justifie pas. En plus de ces 21 milliards engagés dans les consommations intermédiaires, l’entreprise a 5 milliards de Fcfa comme frais de personnels. En somme, sur un chiffre d’affaires de 32 milliards Fcfa, il y a 26 milliards qui vont dans les consommations intermédiaires et dans les frais de personnels.
«Ce qui est un signe de très mauvaise gestion», a déduit le ministre de l’Industrie et du Commerce, précisant qu’il y a une perte de 9 milliards de Fcfa. Selon Moussa Alassane Diallo, la difficulté pour la partie malienne est qu’elle ne peut pas assurer la traçabilité ni des opérations ni des écritures comptables, parce qu’elles sont faites par le directeur financier qui est Chinois. La compatibilité est ténue en chinois. Qu’est-ce que les Maliens vont comprendre dans ça ? a interrogé le ministre, avant de rappeler que la langue de travail au Mali est le français.
Aujourd’hui, il y a une rupture de confiance entre les parties (malienne et chinoise). C’est pourquoi, a estimé le ministre, «il est important que nous rediscutons de l’avenir de la société». Cela est d’autant plus indispensable que depuis trois ans, les fonds propres, le fonds de roulement, la trésorerie ainsi que le résultat net de N-Sukala sont négatifs. «L’entreprise est en faillite, car elle a des fonds propres négatifs depuis plus de trois ans. Soit nous procédons à sa recapitalisation ou il faut la liquider. C’est la partie chinoise qui est responsable à 90% de la faillite de N-Sukala car le président de conseil d’administration, le directeur général et le directeur financier sont tous des Chinois», a-t-il déclaré.
Et d’ajouter que si nous devons repartir sur de nouvelles bases, il faut une répartition des responsabilités. Dans cette perspective, il a indiqué que les postes de directeur général, de directeur financier et de comptable vont revenir au Mali. La comptabilité sera également tenue en français.
Fatoumata TRAORE
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