La Faculté des lettres, des langues et des sciences du
langage (FLSL) a, récemment, demandé à des milliers d’étudiants de reprendre
leur inscription. Un véritable coup de massue ! Indignés, la plupart des étudiants
concernés trouvent cette décision «anormale» et «inacceptable». «Si nos
inscriptions ne sont pas valables, comment se fait-il que certains d’entre nous
ont pu avoir leurs trousseaux et leurs bourses scolaires?», s’interroge un
étudiant en licence 1 en arabe que nous présentons sous les initiales A.K.
L’étudiant d’une vingtaine d’années fait partie de ceux dont
l’inscription n’a pas été validée. Malgré cette situation, il dit avoir obtenu
sa carte de transport (dont le coût s’élève à 7.200 Fcfa) avec son numéro
matricule auprès du Centre national des œuvres universitaires (Cenou). Notre
interlocuteur souligne également que les étudiants de la 1ère année au niveau
du département arabe ont passé leur examen en décembre dernier. «Donc, on va
reprendre tout ça ?», se demande-t-il, sourire aux lèvres en signe de déception.
Comme nombre de ses camarades, A.K est passé par une
personne intermédiaire pour faire son inscription. Il affirme avoir donné à cet
individu 15.000 Fcfa comprenant les frais d’inscription (6.000 Fcfa), dont il détient
la quittance. Le jeune homme justifie cette situation par la difficulté d’accès
à l’opération d’inscription mais aussi le délai, qui, selon lui, est de deux
mois. «L’opération se déroulait une fois par semaine et se terminait vers 15
heures.
Certains éléments de l’Association des élèves et étudiants du Mali
(AEEM) nous empêchaient de faire l’inscription afin que nous sollicitions leurs
services contre de l’argent», regrette notre interlocuteur.
Lundi dernier, il est environ 11 heures 30 à la FLSL. Sous
un soleil ardent, plusieurs étudiants font la queue devant une fenêtre pour
leur «réinscription». S.T qui fait cette année la licence 2 en anglais en fait
partie. L’étudiant pense que cette mesure de la direction est «ridicule». Pour
lui, on ne doit pas se réinscrire dans une faculté publique, encore moins payer
à nouveau les frais d’inscription. «On a déjà payé la somme lors de la première
inscription. Si on nous demande de faire une autre inscription, on ne doit plus
débourser un franc. Mais, on nous dit de le faire», déplore-t-il.
S.T affirme avoir effectué en personne son inscription à la
rentrée universitaire, ajoutant que son bulletin de versement est cacheté par
le tampon du comptable. Il informe que son nom figurait sur la liste des
premiers résultats des examens de fin d’année. «Après, ils ont publié une liste
pour dire que nos inscriptions n’ont pas été bien faites et qu’il fallait tout
reprendre», regrette S.T, qui enseigne dans les écoles privées pour joindre les
deux bouts.
«Imaginez-vous ce que cela peut faire : travaillez dur
pour s’inscrire et après, on vous dit que votre inscription n’est pas valable
et qu’il faut la reprendre», fulmine un autre arabisant en licence 2. Ce
dernier se débrouille dans la couture pour faire face à ses dépenses, car selon
lui, les bourses sont «insignifiantes».
Il informe que pour la «réinscription»,
les dossiers à fournir sont le certificat de résidence et l’ancien bulletin de
versement. Ce dernier document sera récupéré par les agents chargés de l’opération.
À ces deux dossiers s’ajoute le paiement des frais d’inscription (6.000 Fcfa
pour les licences 1 et 3, et 5.000 Fcfa pour la licence 2).
Un autre étudiant que nous désignons sous les initiales I.A,
fait la 1ère année au niveau du département allemand à la FLSL. Pour lui, il y
a eu un manque de précision dans cette affaire. «Parce qu’il y a tant d’étudiants
qui ont fait leurs inscriptions physiques à la rentrée universitaire.
Maintenant, on dit que ces inscriptions sont rejetées.
Cette situation nous met
mal à l’aise et nous décourage», regrette notre interlocuteur. Assis à l’ombre
d’un arbre, I.A attend son bulletin de versement pour reprendre son
inscription. L’apprenant reconnaît qu’il y a des étudiants qui sont passés par
des membres de l’AEEM pour faire leur première inscription. «Maintenant, on ne
sait pas si ce sont ces membres de l’AEEM qui ont détourné leurs frais
d’inscription ou les agents de l’administration chargés de l’inscription», se
demande-t-il.
FRAUDE À L’INSCRIPTION- Dans un communiqué, le Recteur de
l’Université des lettres et des sciences humaines de Bamako (ULSHB), Pr Idrissa
Soïba Traoré, révèle que la première phase de l’opération spéciale d’audit de
l’effectif des étudiants a permis de mettre au grand jour un système de fraude à
l’inscription très sophistiqué par lequel passaient de nombreux apprenants
depuis quelques années au niveau de la FLSL.
Devant l’ampleur du phénomène, une
Commission ad hoc de vérification et de contrôle a été mise en place sous la
supervision du doyen de ladite Faculté. Toutes affaires cessantes, elle a été
chargée d’examiner les dossiers d’inscription de l’année universitaire
2020-2021, ceux des années précédentes étant déjà éteints.
Au terme de son travail, la Commission a remarqué que sur un
total de 12.655 étudiants enregistrés à la scolarité de la FLSL, 5.128 ont
été consignés sur les listes d’inscription sans dossier, soit 40,52% de
l’effectif qui n’ont pas versé de droits d’inscription à la comptabilité de l’établissement
universitaire. Aussi la Commission a-t-elle décelé de nombreux étudiants
professionnels qui se sont inscrits en payant 5.000 Fcfa au lieu de 50.000 Fcfa
exigés par les textes.
Selon le communiqué, les premiers éléments de l’enquête
interne laissent indiquer une collusion entre certains membres de l’AEEM et des
travailleurs du Service de la scolarité de la FLSL. «Des sanctions règlementaires,
à la hauteur de la faute commise, ont été immédiatement prises contre les
agents impliqués», fait savoir le Pr Idrissa Soïba Traoré, ajoutant que l’enquête
se poursuit à l’interne pour faire toute la lumière sur cette situation et
rassembler les éléments nécessaires avant de transférer le dossier à la
justice.
En attendant, un conseil des professeurs extraordinaire
s’est tenu le 16 février dernier à la FLSL pour dégager urgemment des pistes de
solution. C’est ainsi qu’il a décidé de privilégier la voie de la
sensibilisation vis-à-vis des étudiants concernés, en les invitant à venir
s’inscrire de manière régulière. Toutefois, il n’est plus question pour le
Service de la scolarité de se contenter du seul bulletin de versement des
droits comme preuve de l’inscription d’un étudiant. La quittance du Trésor
public sera désormais exigée sur chaque dossier (physique) lors de
l’inscription.
Ce faisant, 800 étudiants en situation de fraude au titre de
2020-2021 sur les 5.128 détectés ont pu être diligemment pris en charge dans le
cadre d’une opération d’inscription exclusivement initiée à cet effet, et qui
se poursuit jusqu’au 17 mars prochain. «Passé ce délai, aucun dossier faisant
partie de ce lot ne sera accepté», précise le communiqué.
Selon les responsables de la FLSL, les numéros matricules actuels des étudiants ne seront pas changés. La deuxième phase de l’opération spéciale d’audit des effectifs d’étudiants de l’ULSHB va concerner la Faculté des sciences humaines et des sciences de l’éducation (FSHSE).
Bembablin DOUMBIA
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