Exportation et transformation de certains produits stratégiques : Le Pacao-Mali veut relever le défi

Le Programme est financé par l’Union européenne

Publié mardi 03 mai 2022 à 09:31
Exportation et transformation de certains produits stratégiques : Le Pacao-Mali veut relever le défi

Pays à vocation agro-sylvo-pastorale par excellence, le Mali est l’un des principaux fournisseurs de la sous-région en céréales, en animaux vivants, en produits de cueillette, en oléagineux et en légume crus.

De plus en plus conscientes du poids réels de certaines matières premières agricoles pour son autonomie économique et alimentaire, les autorités du pays semblent désormais résolument tournées vers une production de masse dans les filières stratégiques à forte valeur ajoutée en mettant un accent particulier sur la transformation locale et l’exportation de produits véritablement compétitifs sur le marché national et international.

Outre le riz, la pomme de terre, l’oignon, les filières mangue, embouche bovine et alimentation animale, karité, horticulture sont d’un apport inestimable à l’économie malienne.

Le sous-secteur de l’élevage participe à hauteur de 19% au produit intérieur brut (Pib). Il est le troisième produit d’exportation après l’or et le coton.

En 2020, nos exportations en animaux vivants vers la sous-région se sont élevées à 294.359 bovins, 376.195 ovins et 104.403 caprins.

Le flux monétaire est évalué à 107,5 milliards de Fcfa. Notre pays est également le deuxième producteur mondial d’amande de karité avec plus de 100.000 tonnes.

Réputé pour la qualité de ses mangues, le Mali ne dispose que de deux unités industrielles de transformation de la mangue.

Mais sur un potentiel de 600.000 tonnes de mangues, seulement 60 tonnes de mangues maliennes sont exportées.

Cette situation, selon l’ambassadeur de l’Union européenne au Mali, est due aux pertes de productions mais surtout à la qualité des mangues qui ne répondent pas aux normes exigées notamment par les Européens.

À ce problème, ajoute Barth Oury, des solutions peuvent être obtenues dans des délais très rapprochés afin de corriger cette insuffisance.

Il s’agira alors, dit le diplomate, de créer une croissance et une dynamique passant nécessairement par le renforcement des filières stratégiques pour les rendre davantage compétitives, la réduction des maillons faibles et la promotion des Petites et moyennes entreprises (PME) locales.

Afin, selon lui, de contribuer au renforcement du budget d'État grâce aux impôts et taxes qui seront prélevés par les services dédies.

C’est dans cette optique que l’Union européenne (UE) a décidé de financer le Programme d’appui à la compétitivité de l'Afrique de l’Ouest (Pacao).

Projet régional couvrant la Mauritanie et les 15 pays de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) dont le Mali, il s'inscrit dans le cadre du Programme indicatif régional (Pir) du 11ème Fonds européen de développement (Fed) de l’UE.

Au Mali, Pacao comprend deux volets : Pacao-Mali et le Devis programme. Ces deux projets ont été présentés jeudi dernier au public et à la presse pour les informer de leur démarrage effectif pour une durée de trois ans au profit des Régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso et le District de Bamako, et des agents de certains services publics.

Organisée à cet effet dans un hôtel de la place, la cérémonie de lancement a été présidée par le ministre du Développement rural, Modibo Keïta. Mise en œuvre par Expertise France, Pacao-Mali cible quatre filières : mangue, embouche bovine et alimentation animale, karité, horticulture.

Elle est dédiée à l’appui direct aux acteurs de ces filières visées. Le Devis programme, géré par le ministère du Développement rural, est destiné au renforcement des capacités des services techniques des ministères impliqués dans la promotion de la compétitivité des filières et la création de richesses nationales et d’emplois.

Les deux Projets sont financés par la Délégation de l’UE au Mali (DUE). Le coût global est estimé à 5,5 millions d’euro (environ 3,6 milliards de Fcfa) dont 4,2 millions d’euros (environ 2,7 milliards de Fcfa) pour Pacao-Mali, un million d’euros (environ 650 millions de Fcfa) pour le Devis programme et 300.000 euros (environ 195 millions de Fcfa) gérés directement par la DUE pour l’audit, les évaluations.

Ces fonds serviront à la transformation industrielle des entreprises artisanales des filières karité, mangue, viande/bétail et horticulture, a expliqué le chef du projet Pacao. De façon spécifique, a précisé Bassolé Souleymane, les actions du programme bénéficieront à 435 organisations structurées dont 303 coopératives de producteurs des filières karité, viande-bétail et mangue, 15 coopératives de transformation des filières karité, viande-bétail et mangue, 26 entreprises de transformation  et 91 entreprises d’exportation.

Elles contribueront à la création d’au moins 4.600 emplois directs sur les filières cibles. Selon lui, le Devis programme soutiendra par exemple l’Agence malienne de normalisation (Amanorm) pour l’accréditation suivant les normes ISO/IEC 17065 et ISO/IEC17021 et pour l’obtention du mandat pour la gestion de la Marque de conformité Cedeao/élaboration des Normes nationales.

Permettant ainsi, de l’avis de Bassolé Souleymane, à nos entreprises d’avoir accès, sur place, à toutes les normes de qualité requises en matière d’exportation de nos produits.

Les problèmes de normes et de propriété intellectuelle doivent être pris très au sérieux pour permettre à notre pays d’avoir des niveaux d’exportations «jamais égalés», a insisté le ministre Modibo Keïta, dans son allocution de clôture de la rencontre. Et de permettre de réduire, selon lui, les destructions massives de nos produits notamment la mangue sur le marché européen et à la charge de nos exportateurs.

Cheick Moctar TRAORE

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