L’hivernage a commencé à
s’installer dans la Cité verte du Kénédougou. La campagne agricole a commencé
au mois de mai et prendra fin en octobre. Quant à l’installation des cultures,
elle a également démarré au mois de mai. Cependant, les producteurs ne
réunissent pas tous les facteurs de production au nombre desquels figure la
disponibilité des engrais subventionnés.
Ces derniers se plaignent de
l’insuffisance de la quantité d’engrais chimiques subventionnée. Comme on le
dit en langage vernaculaire paysan, l’hivernage une fois amorcé n’attend pas,
certains paysans sont contraints de recourir aux engrais organiques pour
fertiliser leurs parcelles. Mais cette solution palliative selon eux, n’est pas
aussi rapide et efficace que les effets des engrais chimiques.
«Hier (NDLR, mercredi
dernier) tout près, j’ai été obligé d’acheter 4 sacs d’engrais chimiques (urée)
pour une somme de 152.000 Fcfa, soit 38.000 Fcfa le sac à cause de
l’insuffisance d’engrais subventionnés. Je ne suis même pas sûr que cela
suffira pour mon champ», se lamente le cultivateur du village de Bamadougou,
Hamidou Ballo. Il ajoutera que lors de la campagne précédente, il avait
également utilisé de l’engrais organique dans son champ de maïs pour près de
100.000 Fcfa. «Je n’ai pas pu récolter 1 hectare de maïs. C’était vraiment
décevant. On ne sait plus quoi faire pour enrichir nos sols en vue d’un bon
rendement de nos champs», se plaint le paysan Ballo.
Mamadou Sanogo de Danderesso
se voit obliger de se rabattre sur l’engrais organique. «J’ai tout récemment
commandé une benne d’engrais organique pour mon champ de 5 hectares», a-t-il
détaillé. Comme méthode alternative, Mamadou Sanogo envisage de mélanger les
graines de coton aux matières fécales. Ce qui, selon sa propre conviction
représenterait de l’engrais de bonne qualité.
Le chef de la division
conseil et vulgarisation agricole de la direction régionale de l’agriculture
(DRA), Aboubacar Traoré, conseille l’utilisation des matières fécales dans les
champs. Ces dernières, selon lui, ne doivent pas avoir d’impacts négatifs sur
les cultures vivrières car les plantes absorbent les éléments nutritifs tels
que le calcium, le potassium, le magnésium et le phosphore. Il invite les
producteurs à privilégier les cultures intensives, d’une part et d’autre part,
à s’adapter à l’utilisation des engrais organiques notamment le compostage dans
les champs.
Djibril Mariko et Chaka
Konaté sont tous fournisseurs d’engrais au Grand marché de Sikasso. Ils
évoluent dans le domaine depuis plus de 30 à 40 ans. Ils révèlent que la
présente campagne a débuté avec des difficultés d’accès à l’engrais
chimique. «Cette année, mes fournisseurs sont en train d’approvisionner la
Compagnie malienne de développement des textiles (CMDT). Cette situation a
affecté mes commandes», explique Chaka Konaté. Toutefois, souligne-t-il, il ne
vend pas les engrais subventionnés.
«J’ai arrêté la vente
des engrais subventionnés depuis 2017, car l’état tardait trop à payer mon
argent», raconte-t-il. Siriman Théra est l’un des clients fidèles de Chaka
Koné. Il était venu acheter deux sacs d’urée. «L’accès à l’engrais chimique
subventionné est très difficile cette année. Chaque fois que je pars à la DRA,
on me fait faire des allers-retours», se plaint-il.
Nous avons approché la
direction régionale de l’agriculture pour savoir davantage sur la disponibilité
des engrais subventionnés. Le chef du bureau statistique et suivi évaluation de
la DRA, Moussa Dembélé explique que l’état a mis à la disposition de la Région
de Sikasso (Cercles de Sikasso et de Kadiolo) 16.456 tonnes d’engrais
subventionnés. Sur cette quantité, le Cercle de Sikasso dispose de 1.139 tonnes
d’engrais chimiques, 11.200 tonnes d’engrais organiques, 8 tonnes de bio
stimulant et 16 tonnes de semences pour le maïs hybride.
Cette prévision ne représente
que 11% des besoins exprimés par la région. 90% des engrais subventionnés pour
la Région de Sikasso sont constitués d’engrais organiques industriels et les
10% l’engrais minéral, précise Moussa Dembélé. Rappelons que le prix
subventionné de l’engrais minéral est de 12.500 Fcfa le sac de 50 kg. Le prix
du complexe céréales non subventionné se situe entre 31.000 et 37.750 Fcfa.
Selon le chef secteur
agriculture de la DRA, Bréhima Keita, l’affluence au niveau de la distribution
de l’engrais est très timide. «Du début des opérations de distribution (le 8
juin dernier) à aujourd’hui, nous n’avons enregistré que 600 producteurs»,
raconte-t-il. Toutefois, remarque le technicien, les producteurs ne sont guère
enthousiastes à se procurer de l’engrais organique disponible dans nos
magasins. Ils assurent toujours qu’ils en ont déjà et tournent le dos. Ils
préfèrent nettement les engrais chimiques aux organiques. Or, il se trouve que
la quantité d’engrais organiques subventionnés est supérieure à celle de
l’engrais chimique.
Par ailleurs, la distribution
de l’engrais chimique subventionné n’a pas démarré car beaucoup de fournisseurs
ne se sont pas encore engagés dans le processus de subvention. L’insuffisance
de la quantité de l’engrais minéral subventionné est due à sa cherté sur le
marché international, argumente le technicien. Mais d’ores et déjà l’hivernage
presse et les producteurs sont bien obligés de faire face aux besoins de
fertilisation de leurs parcelles. A défaut d’engrais chimiques subventionnés en
grande quantité, l’alternative qui s’offre dans l’immédiat est l’engrais
organique pour satisfaire les besoins de leurs plantes.
Cette solution ne les enchante pas trop. N’est-il pas vrai que la saveur des céréales produites à base d’engrais organiques a meilleur goût et elles se conservent mieux que celles ayant bénéficié des effets fertilisants des engrais minéraux ? Avec les céréales produites à base d’engrais organiques, le consommateur et le producteur y gagnent aussi bien en qualité, mais également ces produits se conservent mieux et préservent la santé et l’environnement.
Mariam DIABATE / AMAP - Sikasso
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