L’Essor : Comparativement aux semences importées d’Europe, comment se porte le marché des semences locales de la pomme de terre ?
Actuellement, les semis ou encore plantations de semences se passent bien, car c’est la période idéale. C’est dans la fraicheur que la pomme de terre se développe bien. En outre, en 2017, la coopérative était confrontée à un problème d’écoulement au niveau régional. Cependant, ces semences locales étaient très prisées par les régions du Nord notamment Tombouctou à près de 90%. Également, les pays comme le Benin et le Burkina Faso s’en approvisionnaient. Actuellement, ces semences locales sont préfinancées par les producteurs de Sikasso, les ONG ainsi que plusieurs projets et programmes. Elles sont de bonne qualité et coûtent moins cher comparativement aux semences importées de l’Europe. Le sac de 25kg est cédé à 25.000 Fcfa et le kilo fait 1.000 Fcfa tandis que celles qui sont importées de l’Europe oscillent entre 30.000 Fcfa à 75.000 Fcfa le sac de 25kg et 1.500 Fcfa et 3.500 Fcfa le kilo. Il n’y a pratiquement pas de différence entre les tubercules de ces deux semences, si ce n’est pas l’emballage. Notre semence est certifiée. On collabore avec l’IPR/IFRA de Katibougou et le laboratoire de semence de Bamako-Sotuba. Ce dernier travaille sur le prélèvement du sol (champ), l’analyse de l’eau…pour assurer la bonne qualité de nos semences. Cette année, la coopérative des producteurs de semences de pomme de terre de Sikasso a produit 25 hectares et écouler environs 8.000 sacs de 25 kg.
L’Essor :
Quelles sont les difficultés des producteurs qui utilisent les semences locales
de pomme de terre ?
Ils sont confrontés à plusieurs difficultés, à savoir le besoin crucial de financement, de technique de certification, l’insuffisance des équipements d’irrigation et de production (planteuses, butteuses, arracheuses et moyens de transports). Nous avons surtout besoin d’un fonds de roulement pour faire une grande production, afin de réduire considérablement notre dépendance de la France.
L’Essor : Dans le cadre de la Confédération AES, avez-vous prévu de faire quelque chose avec les producteurs de semences de pomme de terre des autres pays membres ?
La Confédération de l’AES, c’est l’actualité. Ainsi, j’ai échangé avec les producteurs de semences du Burkina Faso et du Niger. Nous avons prévu, de commun accord, de mettre en place une structure confédérale de l’AES par rapport à la production des semences locales. Si tout se passe bien, nous comptons unir nos efforts très prochainement.
L’Essor :
Quel est votre appel à l’endroit des producteurs de pomme de terre pour la
présente campagne ?
J’invite les producteurs à la prudence, car il y a une insuffisance d’eau dans certaines surfaces. À l’heure actuelle, ceux qui n’ont pas encore entamé les semis dans ces surfaces doivent chercher les bas-fonds les plus humides, sinon ils manqueront d’eau. Également, compte tenu de la situation actuelle du pays, je les invite à chercher des pompes solaires pour réduire leur besoin en carburant.
nterview
réalisée
Mariam
F. DIABATé
Amap-Sikasso
Mariam DIABATE / AMAP - Sikasso
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