Les Espagnols (en blanc) se qualifient pour la deuxième finale de Coupe du monde de leur histoire
À l'inverse, l'Espagne se qualifie pour la deuxième finale de Coupe du monde de son histoire. Sa seule et unique finale, disputée en Afrique du Sud en 2010, l'avait conduite à son premier sacre planétaire. La Roja tentera ainsi de décrocher une deuxième étoile ce dimanche, tandis que la France devra se contenter du match pour la troisième place samedi. Ce sera l’ultime occasion pour Didier Deschamps, qui quittera probablement ses fonctions après ce tournoi, de conclure sa riche aventure débutée en 2012 sur une note positive lors de son 185è match sur le banc tricolore.
L'impuissance des Bleus face aux Espagnols met en lumière une statistique saisissante. Entre sa défaite aux tirs au but contre la République tchèque à l'Euro 1996 et cette demi-finale de 2026, l'équipe de France a disputé 9 demi-finales de grands tournois contre d'autres nations, et les a toutes remportées. Allemagne, Brésil, Portugal, Belgique, Maroc : toutes ont échoué face à la machine à gagner française dans le dernier carré.
En dehors de ses confrontations face à l'Espagne, la France n'a tout simplement plus perdu la moindre demi-finale depuis 30 ans. Mais la Roja est devenue l'unique grain de sable capable de gripper cette mécanique bien huilée, en éliminant, coup sur coup, les hommes de Didier Deschamps à l'Euro 2024 (1-2), en Ligue des nations 2025 (4-5), puis à la Coupe du monde 2026 (0-2).
Au fil des années, l’Espagne s'est affirmée comme la bête noire absolue de Didier Deschamps, qui n’a jamais vraiment trouvé la clé face au jeu espagnol. Dès le début de son mandat, ses joueurs ont souffert face à la Roja. Lors des éliminatoires du Mondial 2014, les Bleus avaient concédé un nul à l’aller (1-1) avant de s'incliner au retour au stade de France (0-1). Si la France s’est parfois imposée en amical (comme en 2014, 1-0), elle a systématiquement rechuté lors des grands rendez-vous. Dans les matches officiels qui comptent, le bilan penche largement en faveur de l'Espagne avec 4 victoires, 1 nul et 1 seule défaite. Bien trop souvent, la maîtrise collective, la supériorité technique et la capacité des Espagnols à dicter leur tempo ont fini par asphyxier le bloc français. Un scénario qui s'est malheureusement répété point par point, mardi dernier à Dallas.
À l'issue de la rencontre, le sélectionneur français a reconnu avec lucidité les manques de son équipe, tout en tentant de nuancer cette idée de malédiction. «Il y a évidemment beaucoup de déception. Les joueurs sont anéantis parce qu'on avait beaucoup d'ambition. Même s'il faut être logique et reconnaître qu'aujourd'hui, on a été un ton en dessous sur le plan technique face à une équipe qui a bien maîtrisé son sujet. C'est d'abord de notre faute. Mais dire que l'Espagne est la bête noire de l'équipe de France, je ne vois pas les choses de cette manière. Félicitations à l'Espagne pour sa qualification. Quant à nous, nous allons nous focaliser sur la petite finale avec un seul objectif : retourner en France avec une médaille», a déclaré Didier Deschamps en conférence de presse.
Djeneba BAGAYOGO
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