Tombeau des Askia : Une cure de jouvence

La 2è session du Comité de pilotage du Programme de réhabilitation du Tombeau des Askia, tenue vendredi dernier au ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, a permis de faire le point des activités réalisées, d’échanger sur les résultats obtenus, mais aussi les activités en cours de réalisation et celles programmées.

Publié mardi 03 décembre 2024 à 07:26
Tombeau des Askia : Une cure de jouvence

L’entretien régulier s’est traduit par une augmentation de l’épaisseur des murs extérieurs

 


C’était sous la présidence du chef de cabinet du ministre chargé de la Culture, Yamoussa Fané, en présence des représentants des structures partenaires, notamment le Fonds des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco), la Fondation Alliance internationale pour la protection du patrimoine dans les zones en conflit (Aliph) et une forte délégation de Gao.

Les contributions financières des partenaires, notamment de l’Unesco et de la Fondation Aliph, ont permis la mise en œuvre de ce Projet. Ils ont été remerciés pour leur accompagnement par le chef de cabinet, ainsi que les communautés pour leur mobilisation et participation effective aux activités du Projet.

De même que les collectivités territoriales pour leur soutien et appuis multiformes, les autorités administratives, les professionnels et gestionnaires du patrimoine et de la culture pour leur disponibilité et leur appui-conseil. Le Tombeau des Askia, construit en 1495 par l’empereur Askia Mohamed, est non seulement un témoignage exceptionnel de la grande puissance et de la richesse de l’empire Songhay, mais aussi une identité de la ville de Gao.


Ce site vivant est un lieu fédérateur qui a cristallisé pendant des siècles l’importance du passé, les traditions communautaires et les pratiques religieuses. Cet édifice est structuré en murs et colonnes massifs et une toiture faite de terre à pente faible supportée par un assemblage de poutres.

 

POUTRES EN BOIS DE RÔNIER- Les pluies diluviennes et l’érosion hydrique, la vétusté des piliers et des bois de la toiture sont autant de facteurs qui ont rendu vulnérable la bâtisse. L’entretien régulier s’est traduit par une augmentation de l’épaisseur des murs extérieurs et les formes plus arrondies qu’ils ont prises au fil des années. En effet, les crépissages successifs ont accéléré le processus de dégradation de plusieurs poutres en bois de rônier et gaulettes en bois de la toiture.


Cette situation a créé des sinistres, notamment l’effondrement des piliers comme ce fut le cas en 2006, 2011, 2013 et 2017. Des «pathologies» comme le pourrissement des poutres supportant la toiture terrasse datant de plus de cinq siècles et connaissant des problèmes d’étanchéité, favorise l’infiltration des eaux de pluie, entraînant l’effondrement du toit. Ces menaces réelles ont conduit le gouvernement à demander à l’Unesco l’inscription du Tombeau des Askia sur la liste du patrimoine mondial en péril en 2012 et sur la liste des biens culturels sous protection renforcée en 2016.


Au regard de tout ce qui précède, a expliqué le chef de cabinet, le département en charge de la Culture, en partenariat avec la Fondation Aliph, a initié le Projet de réhabilitation du Tombeau des Askia pour circonscrire les menaces qui affectent son état de conservation. 

L’objectif est d’assurer la conservation durable de ce patrimoine, a expliqué Yamoussa Fané. Il s’agit de consolider les piliers, d’alléger le poids du banco sur le toit, de renouveler toutes les charpentes et de renforcer l’ensemble des structures du bâtiment.

 

Youssouf DOUMBIA

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