Spécial 20 janvier 2025, Armée nationale : Les pages glorieuses de notre outil de défense

À l’occasion de la célébration du 64è anniversaire de l’Armée malienne, le 20 janvier, la Rédaction de l’Essor revient sur le contexte, les conditions de création et les premiers pas de notre outil de défense. Sans oublier le concours des hommes qui ont participé à sa fondation

Publié vendredi 17 janvier 2025 à 08:28
Spécial 20 janvier 2025, Armée nationale : Les pages glorieuses de notre outil de défense


«S’unir pour bâtir, c’est dit-on grandir ensemble». L’Armée nationale du Mali est née et a grandi avec la République. Même si le 20 janvier 1961 est communément retenu comme date anniversaire de la création de notre outil de défense, il est historiquement important de rappeler que c’est en réalité en 1959, lorsque le Soudan français et le Sénégal décidèrent de créer la Fédération du Mali, que la glorieuse histoire de l’Armée malienne a commencé. Cette histoire est donc intimement liée à la proclamation de la Fédération du Mali, le 20 juin 1960.

Nommé Président de la Fédération du Mali, Modibo Keïta désigne à son tour le Colonel Abdoulaye Soumaré comme chef d’état-major général des Armées. En véritable visionnaire, le premier Président malien a mis en place une sous-commission de travail investie de la mission de suivre, à titre consultatif, toutes les questions liées à la création de l’Armée malienne. Cette sous-commission était composée de : représentant fédéral, Mahamadou Diarra, Oumar Ly, Capitaine Pinana Drabo, Capitaine Sékou Traoré et Lieutenant de la gendarmerie Balla Koné.

Le 20 août 1960, la Fédération du Mali éclate. Modibo Keïta et ses compagnons regagnent Bamako le 21 septembre de la même année et proclament le lendemain 22  septembre 1960, l’indépendance de la République du Mali. Ce jour-là, au Collège technique de Bamako, à l’appel des femmes du Mali de rappeler tous les fils du pays qui combattaient en dehors des frontières, Daouda Traoré, au nom des anciens combattants et victimes de guerre, dont il était le président, exigera le rappel sous les drapeaux, de tous les officiers et sous-officiers pour défendre l’indépendance et la souveraineté acquises dans l’honneur et la dignité. À sa suite, le président du Mouvement soudanais de la paix, Sani Moussa Diallo demandera le démantèlement de toutes les bases étrangères et le retrait des forces étrangères de notre territoire. 

ESPRIT D’ABNÉGATION- C’est à partir de cette résolution historique des autorités politiques, que l’Armée malienne signera une des plus belles pages de l’histoire de notre pays le 5 septembre 1961 avec le remplacement du dernier drapeau français flottant sur notre territoire par celui de la jeune République du Mali. Entre-temps, le 31 août 1960, le décret n°12-TER-POM portant nomination du commandant du bataillon malien et des membres de l’état-major en République soudanaise fut pris par le Président Modibo Keïta, par ailleurs ministre de la Défense.

Ce texte crée et organise, en République soudanaise, un bataillon commandé par le Capitaine Pinana Drabo et un état-major commandé par le Capitaine Sékou Traoré. Par la suite, l’Assemblée soudanaise donnera les pleins pouvoirs au gouvernement de la République soudanaise et fixera les conditions de création d’une Armée nationale. Pendant ce temps, certaines bases militaires sur le territoire, continuaient d’être occupées par l’Armée française. Il s’agissait notamment des bases de Kati, de Ségou, de Gao, de Tessalit ainsi que de la Base 162 de Bamako (actuelle Base 100 de l’Armée de l’air du Mali).


Au fil des ans, l'Armée malienne s'est modernisée avec la création de plusieurs unités

Le 29 septembre 1960, un jour mémorable qui consacre l’adhésion de notre pays comme 98è membre des Nations unies, un accord est conclu entre le Mali et la France portant sur le regroupement des troupes françaises stationnées à Gao, Tombouctou, Kayes, Ségou, Nioro et en d’autres lieux du pays au niveau de la base de Kati. Le 1er octobre 1960, le Président Modibo Keïta, dans une déclaration historique radiodiffusée, annoncera la naissance de l’Armée nationale du Mali.

Le 26 septembre de la même année, par le décret n° 249/60, l’état-major territorial de la République soudanaise est devenu l’état-major de l’Armée du Mali. Le 1er octobre 1960, suite à la déclaration du Président de la République du Mali naissant, le chef d’état-major de l’Armée malienne, le Capitaine Sékou Traoré rassemble les troupes et pour dire, en ces termes, ce qui sera historiquement le premier discours d’un chef militaire malien : «Officiers, sous-officiers, caporaux et soldats de l’Armée du Mali, la journée du 1er octobre 1960 fera date dans notre histoire, car elle a vu la naissance de notre Armée nationale… Maintenant que vous avez une Armée nationale, un drapeau et une patrie retrouvée à défendre contre les ennemis de l’intérieur et ceux de l’extérieur, vous saurez, j’en suis persuadé, utiliser pleinement votre bravoure légendaire. La noble et exaltante mission qui vous incombe exige le don total de soi-même allant jusqu’au sacrifice suprême.

L’esprit d’abnégation qui vous caractérise tous et dont vous avez toujours fait preuve en d’autres circonstances et en d’autres lieux, vous le manifesterez, ici, sans défaillance pour que la République du Mali vive libre et prospère...»

COURAGEUSE DÉCISION- Quelques jours plus tard, le 12 octobre 1960, l’Armée malienne fut présentée au Président Modibo Keïta, à travers une cérémonie solennelle sur la Place Maginot, l’actuelle Place du Souvenir en face du ministère de l’Éducation nationale. Le 23 décembre de la même année, le colonel Abdoulaye Soumaré regagne Bamako. Il fut promu général de brigade et nommé chef d’état-major général de la Défense nationale et des Forces armées du Mali le 28 décembre. Le Capitaine Sékou Traoré est nommé chef d’état-major adjoint.

Au même moment, les Capitaines Pinana Drabo et Sékou Traoré qui avaient regagné le pays en février 1960, au terme de leur mission à Madagascar, se réuniront au Grand hôtel de Bamako, avec le Général Abdoulaye Soumaré et les Capitaines Mohamed Ould Issa, Balla Koné, Malick Diallo, pour élaborer la première architecture de la future Armée nationale du Mali. Ces officiers lancèrent alors un appel à tous les militaires et officiers soudanais à travers le monde, notamment dans les différentes colonies françaises à regagner le pays pour participer à l’œuvre de création de ce qui est aujourd’hui l’Armée nationale du Mali. L’appel sera étendu à tous les sous-officiers et hommes du rang déployés dans les unités militaires à travers le monde.

Les pionniers qui ont répondu à l’appel de la Nation, furent regroupés au camp militaire de N’Tomikorobougou pour donner naissance à un embryon d’Armée nationale commandée par le Capitaine Pinana Drabo qui était alors l’officier malien le plus ancien dans le grade le plus élevé. À l’époque, l’Armée malienne était composée de 1.500 hommes environ et constituée par quatre bataillons de commandos autonomes. Le Capitaine Pinana Drabo commandait à Ségou le premier bataillon, Kélétigui Drabo commandait le deuxième bataillon autonome sahélien de l’Ouest (Baso) à Kayes, le Capitaine Mohamed Ould Issa était à la tête du troisième bataillon à Kati et le Lieutenant Balla Koné dirigeait le bataillon sahélien de l’Est situé à Gao.

Trois mois après la cérémonie de présentation de l’Armée du Mali, le Président de la République Modibo Keïta invite le corps diplomatique accrédité au Mali, le 20 janvier 1961, pour lui transmettre, en substance, le message suivant : « … À l’heure qu’il est, l’ambassade de France en République du Mali est informée par mes soins, de la décision de mon parti et de mon gouvernement de voir la France évacuer les bases militaires de Bamako, de Kati, de Gao et de Tessalit, qu’elle occupait du fait des accords franco-maliens signés à Paris le 22 juin 1960, entre elle et la Fédération du Mali et qui deviennent caducs après les événements du 19 au 20 août 1960 et l’acte de reconnaissance par la France du gouvernement du Sénégal, acte qui consacre la dislocation de la Fédération du Mali…».

Ce même 20 janvier 1961, les députés, réunis en séance plénière de l’Assemblée nationale, adoptent la loi n°61-26 qui crée le Drapeau national du Mali. Celui-ci sera composé de trois bandes verticales et égales de couleur verte, or et rouge.  En application de l’historique et courageuse décision du Président Modibo Keïta, les troupes françaises ont, entre juin et septembre 1961, évacué toutes les bases sur le territoire malien.  C’est donc le 5 septembre 1961 et non le 20 janvier 1961, que le dernier contingent des militaires français a quitté le sol malien.

 À cette occasion une cérémonie militaire solennelle a été organisée au cours de laquelle le Drapeau malien a été hissé à la place du Drapeau français, et l’Avenue reliant le Monument de la paix à celui de l’Indépendance sera baptisée «Avenue du 5 septembre 1961». C’est ainsi que l’Armée malienne a été créée. Convaincu de la justesse du combat à mener, le Président Modibo Keïta exhortait la jeune République à l’effort et à la conscience nationale. «C’est à présent que nous devons réussir ou échouer… et je dis avec force et conviction que nous réussirons, inch’Allah», lançait le premier Président de la République du Mali.

Bembablin DOUMBIA

Lire aussi : Ségou : Dernier hommage à Tidjane Koïta

Décédé le mercredi 2 Septembre des suites d'une longue maladie, à l'âge de 81 ans, le Chef des Griots de Ségou, Tidjane Koïta a été conduit le vendredi 4 Septembre à sa dernière demeure au Grand cimetière de Ségou dans une ambiance empreinte d'émotion..

Lire aussi : Tombola « Folie des vacances » : Orange Mali offre 50 millions de fcfa et fait deux heureux gagnants

L’opérateur de télécommunications a clôturé son opération de promotion par la remise des deux derniers gros lots de 4 millions de Fcfa chacun. Une initiative qui aura récompensé 120 clients à travers le pays.

Lire aussi : Personnes handicapées : La nécessaire inclusion

La Direction nationale du développement social, en partenariat avec le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef), la Fédération malienne des associations des personnes handicapées (Femaph) et la Fédération libre des organisations des personnes en situation de handicap (Feloph), a organ.

Lire aussi : Centre hospitalier Mère-Enfant « Le Luxembourg » : Le soleil au service de la vie

Grâce à un investissement de 120 millions de Fcfa de la Fondation Orange Mali, le pôle d’excellence en chirurgie cardiaque dispose désormais d’une centrale solaire photovoltaïque destinée à sécuriser l’alimentation électrique et garantir la continuité des soins.

Lire aussi : 32 ans du PMU-Mali : La fête en toute beauté

Le Pari mutuel urbain du Mali (PMU-Mali) a célébré, mardi 1er septembre 2026, le 32è anniversaire de sa création en 1994. La cérémonie, organisée dans les locaux de l’entreprise, a été marquée par la traditionnelle coupure du gâteau par le directeur général, Fassery Doumbia, en prés.

Lire aussi : Assainissement du Centre Mabilé : La Comagesc pour un environnement plus sain

Les personnes déplacées internes ont besoin d’un cadre de vie sain pour préserver leur santé et leur dignité. C’est dans cette perspective que la Coalition malienne Genre, Sécurité et Changement climatique (Comagesc), avec l’appui de ses partenaires, a organisé, mardi dernier au Centre.

Les articles de l'auteur

Koulouba : Le Chef de l’Etat reçoit l’ambassadeur des Etats-Unis en fin de mission

Le Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta a reçu, ce vendredi 04 septembre 2026 au Palais de Koulouba, l’ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique au Mali, Rachna Korhonen, en fin de mission..

Par Bembablin DOUMBIA


Publié vendredi 04 septembre 2026 à 17:24

Gestion axée sur les résultats : La politique nationale révisée soumise à validation

Pendant très longtemps, la performance de l'administration a parfois été appréciée à travers des moyens mobilisés, les crédits consommés ou les activités réalisées..

Par Bembablin DOUMBIA


Publié vendredi 28 août 2026 à 09:37

Primature : Liberata Mulamula reçue par le chef du gouvernement

Le Premier ministre, le Général de division Abdoulaye Maïga, a reçu hier, à la Primature, l’envoyée spéciale de l’Union africaine pour les femmes, la paix et la sécurité, Liberata Mulamula..

Par Bembablin DOUMBIA


Publié vendredi 28 août 2026 à 09:34

Ecole guerre du Mali : La 5è promotion prête à servir l'Afrique

Cette promotion est composée de 27 diplômés issus de neuf pays africains à savoir le Mali, le Burkina Faso, le Cameroun, la Guinée, le Maroc, le Niger, le Sénégal, le Tchad et le Togo.

Par Bembablin DOUMBIA


Publié jeudi 20 août 2026 à 21:50

Six ans de Transition : Entre acquis, épreuves sécuritaires et défi de la consolidation

18 août 2020-18 août 2026. Six années se sont écoulées depuis le changement de régime intervenu le 18 août 2020. Une période marquée par de profonds changements institutionnels, diplomatiques, économiques et sécuritaires. Dans un entretien accordé à l’Essor, Dr Ahmadou Touré, directeur du Centre de recherche en gouvernance, médiation et sécurité au Sahel, estime que le bilan est satisfaisant.

Par Bembablin DOUMBIA


Publié jeudi 20 août 2026 à 08:29

Camp militaire Soundjata Keita de Kati : Stationnement interdit jusqu'à nouvel ordre

Les véhicules sont désormais interdits de stationnement au Camp militaire Keïta de Kati. La décision a été prise, mercredi dernier, par l’agent chargé d'expédier les affaires courantes de la Commune urbaine de Kati, Zanga Dao, à travers un arrêté..

Par Bembablin DOUMBIA


Publié lundi 17 août 2026 à 09:13

80è anniversaire de l'indépendance de l’Inde : Consolider le partenariat bénéfique entre Bamako et New Delhi

L’ambassade de la République de l’Inde au Mali a célébré, ce samedi 15 août 2026 dans ses locaux, le 80è anniversaire de l'indépendance de son pays. La cérémonie a été présidée par l’ambassadeur de l’Inde au Mali, Dr N. NandaKumar en présence de membres du Conseil national de Transition, de corps diplomatique ainsi que de membres de la communauté indienne vivant dans notre pays..

Par Bembablin DOUMBIA


Publié samedi 15 août 2026 à 15:36

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner