La 623è édition du
«Sanké mon», la pêche collective de San, a commencé, hier. Les manifestations
se poursuivront jusqu’au dimanche prochain. Ce rituel de pêche se tient le
deuxième jeudi du septième mois lunaire pour commémorer la fondation de la
ville. Il commence par le sacrifice de coqs et de chèvres et par des offrandes
d’habitants du village aux esprits qui habitent la mare Sanké.
Une pêche
collective a lieu ensuite pendant quinze heures à l’aide de filets à larges et
à petites mailles. Elle est immédiatement suivie d’une danse masquée sur la
place publique au cours de laquelle se produisent des danseurs bwa de San et
des villages environnants portant le costume traditionnel et un chapeau décoré
de cauris et de plumes. Ils esquissent une chorégraphie particulière au rythme
de divers tambours.
Le rite du Sanké mon
marque traditionnellement le début de la saison des pluies. C’est aussi une
expression de la culture locale à travers l’art et l’artisanat, les
connaissances et le savoir-faire attachés à la pêche et aux ressources en eau.
Il renforce les valeurs collectives de cohésion sociale, de solidarité et de
paix entre les communautés locales. La culture de la paix, véhiculée par le Sanké
mon, constitue son identité essentielle. C’est ce qui lui a valu d’être classé
dans le patrimoine culturel national.
Mais, depuis quelques
années, il connaît une baisse de popularité qui menace de mettre son existence
en péril. L’ignorance de l’histoire et de l’importance de la tradition, la
diminution progressive de la participation au rite, les accidents occasionnels
pendant son déroulement et la dégradation de la mare Sanké du fait de
l’insuffisance des pluies et le développement urbain sont incriminés comme des
facteurs ayant conduit à cette situation. «Il est reconnu par la communauté
internationale du fait de son inscription sur la prestigieuse liste du
patrimoine culturel immatériel de l’Unesco en péril en 2009», explique le
directeur national du patrimoine culturel, Moulaye Coulibaly. Cette
manifestation marque le calendrier agricole pour les communautés.
En effet, le rite de pêche collective de la mare Sanké est un espace symbolique de rencontres qui prône des valeurs de tolérance, la cohésion sociale, la solidarité, la paix et le vivre ensemble entre les différentes communautés qui cohabitent harmonieusement depuis la nuit des temps.
Le Sanké mon est loin
d’être seulement une fête de réjouissance populaire et une simple occasion de
divertissement pour les communautés locales. C’est d’abord des moments de
rencontres fécondes, un cadre d’échanges et de transmission de savoirs et
savoir-faire ancestraux qui fondent les valeurs sociétales.
L’événement est
aussi un espace de promotion et de valorisation de la diversité des expressions
culturelles des différentes communautés et groupes ethniques qui le partagent.
Quelle est l’origine de Sanké mon ? Feu le professeur Bakari Kamian que nous
avions rencontré avant son décès racontait. «L’origine de cette pêche
collective demeure entourer de mystères. L’histoire de la pêche collective se
confond avec celle de la ville de San.
Au 14è siècle, un
chasseur du nom de Bakôrè Traoré découvrit le site de l’actuel San. Un jour,
accompagné de son chien de chasse, il s’égara en brousse. Bâkôrè erra pendant
un bon moment en rase campagne, avant de se retrouver sur les berges d’une
mare. L’endroit était reposant et l’eau de la mare grouillait de poissons. Le
chasseur décida de s’y installer ne serait-ce que momentanément. «Môgô bè sé ka
san kè yan» (traduction en français : on peut passer toute une année ici sans
se soucier de la nourriture)», s’est-il exclamé ! L’historien poursuit,
satisfait de sa découverte, le «chef de la brousse» finira par s’installer définitivement
au bord de la mare. La ville de San venait d’être fondée.
Non loin de la mare,
Bakôrè Traoré a découvert également une forêt de figuiers (toro en français) et
le puits sacré qu’il nomma «Karantéla» ou «Karatèna» (pas de souci à se faire,
en bambara) qui lui servit de source pour étancher sa soif.
Santoro (figuiers de San, en bambara), le puits sacré de Karantéla et Sanké sont les trois symboles de San. C’est pourquoi, les griots magnifient la ville en évoquant Sanké mon, Santoro et Karantéla. Aujourd’hui, le mystère entoure toujours Sanké. Si la propriété de la mare revient à la famille Traoré, la garde des lieux est confiée aux Dao suite à un pacte signé entre les deux familles. C’est ce qui explique que c’est aux Dao qu’il revient de donner l’ordre de pêcher dans la mare.
Youssouf DOUMBIA
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