Portrait, Mafouné Keïta : L’agriculture, sa passion

Mafouné Keïta est tombée amoureuse de la terre depuis sa tendre enfance. Aujourd’hui, la Ségovienne est à la tête d’une vraie entreprise. Comment ? Récit d’une passion qu’elle partage avec les siens

Publié jeudi 15 décembre 2022 à 06:34
Portrait, Mafouné Keïta : L’agriculture, sa passion

Vêtue d’une robe traditionnelle, elle tient en main son sac et son ordinateur portable. Celle qu’on voit descendre de son lieu de travail, à la Chambre d’agriculture de Ségou, a tout de la femme coquette dont le visage avenant cache cependant une grande détermination. Changement d’apparence lorsqu’elle a déposé chez elle ses affaires, englouti son repas de midi et troqué ses vêtements pour une tenue de travail avant de se rendre aux champs.


Le déplacement se fait en famille : son mari, un professeur d’anglais la mène en moto à M’Pela, Commune rurale de Pelingana, à 13 km de la ville. Et telle est la vie quotidienne depuis plusieurs années de cette native de la Cité des Balanzans, en 1987.


Une vie qu’elle a très tôt choisie, car l’agriculture est depuis toujours une histoire de famille, avec notamment un père qui fut à la tête de la Chambre d’agriculture de Ségou. «À l’époque, on assurait l’entretien des pondeuses de Papa, chaque matin avant d’aller à l’école. Il est vrai qu’aujourd’hui, les manières de faire ont changé. » Mais c’est là qu’elle a piqué le virus de l’agriculture.


Les travaux pratiques ont commencé auprès de sa petite sœur, qui possédait une ferme non loin de sa concession à Ségou. À l’époque, elle élevait jusqu’à 300 pintades de chair. Mais pour s’autonomiser et se lancer seule dans l’agriculture, il lui fallait un coup de pouce : un jour, elle entend parler à la radio du lancement d’un programme, le Fonds d’appui à la création d’entreprises par les jeunes (Facej), ouvert aux jeunes créateurs d’entreprise. Alors au chômage, sans perdre de temps, elle dépose sa candidature.


Depuis 2018, la mère de trois belles jeunes filles possède un champ de 2,35 hectares. Sa mise en valeur a été faite grâce au Facej, qui l’a appuyée pour la construction de bâtiments (les poussinières), pour ériger un château d’eau, construire des canalisations. Aujourd’hui, elle fait travailler trois employés dans son champ qui valorise l’élevage et le maraîchage bio. On y voit des pintades, des pondeuses, des orangers (quelque 350 pieds de Tangelo, bien alignés, qui font une ombre bienvenue), à côté des espaces de maraîchage des légumes.


Ce jeudi après-midi, elle est venue avec son époux pour semer de la pomme de terre. Comme on le voit, les deux conjoints, des cousins directs, partagent la même passion. Le week-end, la famille Koumaré au complet vient à 8 h au champ, pour ne retourner qu’à 18 h.


Après chaque récolte, la trentenaire vend elle-même ses produits aux revendeurs venus à la ferme. Pour les oranges, c’est par téléphone qu’elle s’entend avec les vendeuses de fruits de la ville. Ses bénéfices lui permettent de faire face aux frais d’entretien et de vétérinaire, d’acheter l’aliment pour ses pondeuses (1 tonne tous les 10 jours), de rembourser ses prêts bancaires et assurer ses petites dépenses.


Parlant de ses difficultés, notre interlocutrice fait état du souci du moment : une rupture de stock dans l’aliment de base des volailles, le maïs. Elle a par ailleurs des soucis avec son forage, et voudrait clôturer pour sécuriser son champ. Mais qu’importe : elle est heureuse de son choix, et invite les jeunes à se lancer pour booster l’économie du pays. Car, comme on le dit, «la terre ne ment jamais».


Son mari, Salim, en témoigne : il a rarement vu quelqu’un d’aussi motivé dans son activité. «La ferme, c’est toute sa vie. Je vois en elle quelqu’un de très engagé, prêt à se battre jusqu’au bout pour atteindre ses objectifs. Raison pour laquelle je l’accompagne en ce sens, car nous partageons la même passion depuis l’enfance».

Fadi CISSE

Lire aussi : Disponibilité des hydrocarbures à Bamako : L’embellie se poursuit

Ah oui ! Tout indique, ce matin du mercredi 26 novembre 2025, que la situation s’est améliorée concernant l’approvisionnement en carburant dans la ville de Bamako. La circulation reprend son rythme habituel. Les embouteillages aussi..

Lire aussi : Marchandises maliennes bloquées à Dakar : Trois mois de répit accordés aux opérateurs

Le président du Conseil malien des chargeurs (CMC), Kissima dit Bakissima Sylla, a annoncé ce mercredi 26 novembre que des dérogations exceptionnelles ont été accordées aux marchandises maliennes bloquées au port de Dakar..

Lire aussi : Hamadou Fall Dianka, DG des Impôts : «Le montant des recettes électroniques a atteint 300 milliards de Fcfa en 2024»

Dans cet entretien exclusif, le directeur général des Impôts évoque, entre autres, les étapes franchies en termes de transformation numérique de ses services, les avantages concrets pour les citoyens et les entreprises, les défis rencontrés et les innovations à venir pour consolider cette d.

Lire aussi : Disponibilité du carburant à Bamako : Normalisation au niveau des transports en commun

Avec la pénurie de carburant, plusieurs véhicules de transport en commun avaient disparu de la circulation dans la capitale. Ils refont surface aujourd’hui avec la disponibilité du précieux liquide dans certaines stations-services. Et cela grâce aux efforts des autorités et des importateurs .

Lire aussi : Gestion de la crise des hydrocarbures : L’urgence de venir en aide aux régions affectées

La réunion du Comité interministériel de gestion des crises et catastrophes, tenue hier à la Primature sous la présidence du Premier ministre Abdoulaye Maïga, a aussi salué les effets immédiats du protocole d’accord ayant permis d’accélérer le dédouanement des camions citernes. Cepend.

Lire aussi : Dédouanement rapide des hydrocarbures : Sur 114 citernes, 110 sont sorties en moins de 24 heures

Un protocole d’accord a été signé vendredi dernier entre le gouvernement et les groupements des pétroliers pour accélérer les procédures de dédouanement des citernes d’hydrocarbures. Le ministre du Commerce et de l’industrie, Moussa Alassane Diallo, a pu constater l’effectivité sur .

Les articles de l'auteur

Médias professionnels : Six pays à l’école des pharaons

Le Centre de formation et des études médiatiques de Caire, en Égypte, accueille depuis hier, 13 journalistes professionnels de 6 pays d’Afrique. Le Mali y est représenté par nos collègues Fadi Cissé, journaliste au Desk économie et Développement rural, et Bembablin Doumbia du Desk politique. La Côte d'Ivoire, la Guinée, la République Démocratique du Congo (RDC), Madagascar et la Mauritanie sont également représentés à ce 40è stage des communicateurs africains francophones..

Par Fadi CISSE


Publié lundi 10 novembre 2025 à 11:14

Journées de relance de l’agence nationale de presse : Une meilleure vision pour un meilleur futur

Faire de l’Agence nationale de presse un produit de qualité pour un public bien ciblé, l’adapter au contexte et aux réalités du moment, lui assurer un financement public et développer les partenariats sont parmi les recommandations formulées par les participants.

Par Fadi CISSE


Publié jeudi 30 octobre 2025 à 07:40

Presse : l’IA, une menace ou un atout ?

L’Intelligence artificielle (IA) est un outil informatique qui permet en une fraction de seconde de travailler comme un humain. Avec un seul clic dans les moteurs de recherche, il vous offre un résumé satisfaisant de ce que vous cherchez. Plus besoin de faire recours aux différents sites d’information. Cette prouesse technologique est-elle une menace pour les médias classiques ? C’est la question que se posent les professionnels du secteur.

Par Fadi CISSE


Publié mercredi 29 octobre 2025 à 14:26

Consommer local : Des acteurs préconisent l’industrialisation

La consommation et la valorisation de nos produits locaux étaient, jeudi dernier, au centre d’un panel organisé par la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (Ccim) sur le thème : «De 2019 à nos jours : bilan, défis et perspectives»..

Par Fadi CISSE


Publié lundi 20 octobre 2025 à 13:10

Spéculation autour des hydrocarbures : Le ministre chargé du commerce appelle à l’esprit de responsabilité et de patriotisme

Face aux acteurs du secteur, Moussa Alassane Diallo a dénoncé la spéculation entretenue autour du carburant qui, selon lui, se manifeste sous trois formes : la rétention de stocks, la hausse non justifiée des prix et la désinformation sur l’approvisionnement du pays de façon à créer la psychose.

Par Fadi CISSE


Publié mardi 14 octobre 2025 à 07:44

Complexe nautique de Samaya : La Douane malienne vise loin

C’est sous un ciel nuageux dégageant une forte chaleur que le ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, a procédé, samedi dernier à Samaya, à la coupure du ruban symbolique du complexe nautique de la Direction générale des Douanes. C’était en présence du directeur général des Douanes, l’inspecteur générale Amadou Konaté..

Par Fadi CISSE


Publié lundi 29 septembre 2025 à 07:54

Systèmes financiers décentralisés : Des efforts remarquables accomplis durant l’année écoulée

À la fin de décembre 2024, la situation du secteur de la microfinance au Mali fait état de 116 SFD, 1.586.814 membres/clients, 158 milliards de Fcfa d’encours de dépôts et 191 milliards de Fcfa d’encours de crédits.

Par Fadi CISSE


Publié mardi 23 septembre 2025 à 07:51

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner