L'étude a touché 521 personnes dont 355 femmes et filles
À ces facteurs, il faut ajouter la persistance des pesanteurs socioculturelles et religieuses, le manque de dialogue parents et enfants sur la PF et le faible niveau de plaidoyer en faveur des droits en santé sexuelle et reproductive. C’est au regard de ce tableau que le Centre d’assistance et de promotion des droits humains (CapDH), en partenariat avec le Projet plurielles Mali, a réalisé une recherche action participative sur l’accès aux services de santé, en matière de PF dans certaines localités.
Le rapport de cette recherche sur «Analyse de l’accessibilité des jeunes et adolescentes aux services de santé en matière de PF dans les Régions de Kayes, Kita et le District de Bamako» a été présenté, mercredi dernier au siège du CapDH à Kalaban-coura. C’était en présence du directeur exécutif du CapDH, Négueting Diarra, du directeur du Projet plurielles Mali, Dr Kalilou Diarra, et de nombreux invités.
Cette recherche action s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du Projet plurielles Mali, un programme de renforcement de la santé et des droits sexuels et reproductifs au Bénin, au Burkina Faso et au Mali. Il est mis en œuvre par un consortium de trois organisations canadiennes; à savoir : Santé monde (CCISD), Avocats sans frontières Canada (ASFC) et la Société de coopération pour le développement international (Socodevi) sur financement de Affaires mondiales Canada (AMC) pour une durée de 7 ans (2021-2027. Le programme intègre trois composantes clés. Il s’agit de développement économique et mobilisation communautaire, santé et service intégrés, ainsi que droits humains et accès à la justice.
L’objectif général est de vulgariser les résultats et les recommandations de l’étude pour assurer un bon plaidoyer. Il ressort de l’étude que le planning familial a longtemps été une préoccupation majeure de l’État afin de réduire le taux de mortalité maternelle, néonatale et infantile pour une amélioration de la santé de la mère et de l’enfant. Le recours à la méthode permet d’éviter les grossesses précoces ou rapprochées, celles non désirées, et aussi de prévenir les grossesses à risque; surtout chez les jeunes et les adolescentes.
C’est aussi un moyen efficace de maîtrise de la fécondité. Le document indique que selon le 5è Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH5) de 2022, le Mali a une population estimée à 22.395.485 habitants dont 47,2% de jeunes de moins de 15 ans et 49,7% de femmes. L’âge moyen de la population est de 21,4 ans et le taux de croissance annuel est de 3,3%. Cette forte croissance démographique, selon l’étude, est la résultante d’une fécondité élevée, avec en moyenne 6,3 enfants par femme. Plus d’un tiers des adolescentes de la tranche d’âge de 15 à 19 ans, soit 36% ont déjà commencé leur vie féconde, 30% d’entre elles sont déjà mères et 6% sont enceintes de leur premier enfant.
Le rapport de l’étude du CapDH et de son partenaire le Projet plurielles explique aussi que l’indice synthétique de fécondité chez les adolescentes varie sensiblement en fonction des régions. Près de la moitié des adolescentes dans la Région de Kayes, soit 49%, ont déjà commencé leur vie féconde contre 22% dans la Région de Kidal et 24% dans la capitale. Le même document indique que le ratio de mortalité maternelle est estimé à 325 décès pour 100.000 naissances vivantes au cours de la période des 7 années ayant précédé l’Enquête démographique et de santé au Mali (EDSM) de 2018.
Le directeur du CapDH a rappelé qu’au total, la recherche a touché 521 personnes dont 355 femmes et filles dans les localités de Kayes, Kita et Bamako à travers des entretiens individuels et des «focus group» pendant la période de février à mars 2024. Et Négueting Diarra d’ajouter que les résultats de l’étude font aussi ressortir, entre autres, des inégalités et des limites dans l’accès aux services et produits de PF.
De son coté, Dr Kalilou Diarra a expliqué que le rapport est le fruit d’un long processus de travail acharné et de collaboration entre son projet et CapDH. Pour lui, les résultats contribueront, sans doute, à l’atteinte des objectifs et représenteront un outil de plaidoyer pour les organisations de défense des droits des femmes et des adolescentes. Il a aussi rappelé que cela facilitera l’accès des femmes et des filles aux services de santé de la reproduction et de PF.
Amsatou Oumou TRAORE
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