Utilisation de l’encens : Attention à ne pas trop en abuser

L’encens appelé en bamanankan «woussoulan» ne détient pas que le pouvoir des bonnes odeurs agréables à humer. Il présente d’autres vertus. Mme Diallo Oumou «Soumadouma» nous en parle.

Publié vendredi 24 octobre 2025 à 08:33
Utilisation de l’encens : Attention à ne pas trop en abuser

Mme Diallo Oumou «Soumadouma


Une fumée agréable à l’odorat parfume l’enceinte de sa boutique située à Garantibougou, un secteur de Kalaban Coura en Commune V du District de Bamako. Les yeux derrière une lunette, elle explique que l’encens est indispensable dans la vie d’une femme de par son odeur et d’autres vertus qu’il recèle.

Mme Diallo Oumou «Soumadouma» signale que le Woussoulan protège contre les mauvais esprits et est porteur de la bonne chance. Et de poursuivre qu’il offre de nombreuses astuces aux femmes mariées, surtout les nouvelles mariées afin que ces dernières ne perdent pas l’affection et l’attirance de leurs hommes. Pour joindre l’utile à l’agréable, il faut préciser que l’encens donne une bonne haleine à la bouche. Elle assure que d’autres astuces, dont elle a le secret peuvent être fournies à la demande.

Par ailleurs, la commerçante signale que l’arbre qui produit l’encens ne provient pas de chez nous. «Par contre, nous avons nos plantes comme par exemple le «Gueni koumaba», le «Guéni missinni» et le «Gongondili (Babi)», qui sont cultivés dans les Régions de Kayes, Sikasso et Ségou», détaille-t-elle. Elle souligne également que l’arbre Boswellia appelé chez nous «Sarakatané» vient d’ailleurs et que nos préparatrices d’encens l’ont adopté et savent en faire de bonnes mixtures pour embaumer l’atmosphère d’odeurs agréables.

L’entrepreneure détaille qu’il existe de l’encens sous forme liquide qui procure la même sensation que l’encens original. Le «guéni» simple qui coûte 100 Fcfa au marché contre 500 Fcfa pour le «guéni» parfumé dans les boutiques de vente de «woussoulan», sont utilisables sur les habits et dans les toilettes. Elle indique que les prix de ses «Woussoulan» commencent à partir de 2.500 jusqu’à 100.000 Fcfa.

Ce produit parfumé a aussi une valeur religieuse. Fatoumata Maïga, prêcheuse à Kalaban coura, explique que le Prophète Mohamed (Paix et salut sur lui) a recommandé la bonne odeur dans toutes les pratiques musulmanes. Notamment lors des prières de vendredis et des jours de fêtes musulmanes, il est recommandé aux fidèles de sentir bon et on retrouve aussi l’utilisation de l’encens lors des rituels funéraires. Poursuivant que pour l’adoration de Dieu, il faut une bonne hygiène corporelle et une bonne odeur.

Selon Antoine Dembélé, un fidèle chrétien, ce produit a une importance particulière dans les grands événements comme la messe pour l’adoration du Saint sacrement notamment lors des processions et les funérailles, etc. Toutefois l’encens n’a pas que des côtés positifs, il peut nuire à la santé, prévient le médecin généraliste Amadou Guindo. Il explique qu’au-delà de son parfum, il peut être toxique, s’il est utilisé abusivement.


Ajoutant que c’est une substance irritable et peut provoquer le cancer. Le toubib déclare que le produit est cité souvent dans les consultations pour des problèmes respiratoires. Il conseille d’éviter de s’approcher trop près de sa fumée qui pourrait avoir des conséquences sur les muqueuses respiratoires qui sont fragiles. Ce conseil médical vaut son pesant de prudence, car une de mes connaissances confirme que depuis quelques temps, elle ne sent plus d’odeurs à cause d’une utilisation abusive de l’encens.

Amsatou Oumou TRAORE

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