Personnes vivant avec un handicap et scène politique : Le droit d’espérer et le devoir d’accompagner

L’un est albinos et l’autre handicapé moteur. Tous deux nourrissent la même ambition de se faire entendre et porter la voix de leurs semblables

Publié mardi 25 mars 2025 à 07:36
Personnes vivant avec un handicap et scène politique : Le droit d’espérer et le devoir d’accompagner

Mamadou Sissoko et Bréhima Diaw


Mardi 18 mars 2025, aux alentours de 14 heures, Mamadou Sissoko, 40 ans, est à l’Office national de la santé de la reproduction (ONASR). Il officie ici à la Fédération malienne des personnes handicapées (Femaph). Mamadou est conseiller chargé de l’inclusion dans le cadre de la réduction des inégalités sociales. Grand dans un costume hors de prix, ce n’est pourtant pas ce qui démarque le plus Mamadou Sissoko des autres personnes sur place. Mais plutôt son albinisme et son charisme visible à l’œil nu. «En tant que personne atteinte d’albinisme, j’ai eu un déclic dans mon enfance suite à la différence perceptible entre moi et les autres personnes», révèle-t-il.

Mamadou Sissoko est sensible aux complaintes des personnes qui sont nées avec la même particularité génétique que lui. Le quadragénaire est membre du bureau politique national du parti Espoir pour la démocratie et la République (EDR). Au sein de cette nouvelle formation politique, il compte batailler sur le plan politique en faveur des droits des personnes atteintes d’albinisme. «J’ai conscience que je n’ai pas la même couleur de peau que les autres, je ne peux pas mener les mêmes activités que les autres, car j’ai une peau fragile, ni circuler de la même manière que les autres, car j’ai des problèmes de vision. Et ça, tu le constates dans tout tes faits et gestes», explique Mamadou Sissoko.

C’est conscient de tout cela que l’homme s’est lancé dans la sphère politique. Mamadou Sissoko veut avant tout être un bon électeur et être éligible. «Il est important que nous soyons éligibles parce que c’est en étant éligible au sein des conseils communaux, au sein des sénats, au sein de l’Assemblée nationale que nous pourrons influencer les différentes lois pour qu’elles prennent en compte les besoins spécifiques des personnes handicapées», détaille l’homme.

Être éligible est donc une passerelle, selon ses mots, pour égaliser leurs chances de vie politique avec celles des autres. «Il est important que nous fassions partie des décideurs pour pouvoir influencer les différents cadres légaux. Et pour cela, il faut passer par un parti politique pour être élu», croit-il. Et se voit déjà avec la chance de se retrouver dans une instance de décision pour influencer les lois, mettre la lumière sur les personnes vivant avec un handicap, notamment les albinos dont la santé doit être prise en charge par la sécurité sociale.

 

REJOINDRE L’ARÈNE POLITIQUE- Comme Sissoko, Bréhima Diaw, handicapé moteur de 48 ans, gère sa boutique au marché Dibidani de Bamako Coura. L’homme mène une vie paisible malgré sa paralysie des deux jambes. Bréhima Diaw n’a pas l’air de vivre son handicap très mal. Au contraire, sa différence, il la voit comme une force. Et même la plaisanterie de ses camarades, à côté de lui, sur sa condition physique ne le gêne nullement. Il se tient royalement sur sa chaise, le torse bombé, prêt à répondre à nos questions.


Né à Baraouéli, Bréhima Diaw vit aujourd’hui dans la capitale, précisément à Sénou, en Commune VI du District de Bamako. Il affirme avoir toujours aimé la politique «car pour lui, c’est une chose que tout homme doit faire». Il dit tirer sa motivation à rejoindre l’arène politique en suivant des gens comme lui du temps feu Amadou Toumani Touré. «J’ai vu bon nombre de personnes handicapées comme moi faire de la politique et elles étaient écoutées. C’est ça qui m’a motivé à me lancer pour qu’à mon tour, je puisse défendre les intérêts des personnes vivant avec un handicap», confie-t-il.

C’est ainsi qu’il a milité au parti Rassemblement pour le Mali (RPM) avant d’être séduit par les visions politiques du président de son parti actuel, le Parti pour la restauration des valeurs du Mali (PRVM-Fasoko) de Mamadou Oumar Sidibé. Bréhima Diaw affirme qu’il est assez fier de l’homme qu’il est aujourd’hui dans son parti car il a réussi à faire adhérer beaucoup de personnes au parti. 
Notre différence physique ne doit pas être un frein pour nous empêcher d’emprunter le chemin de la politique. Grâce à la démocratie, des personnes comme Mamadou Sissoko ou Bréhima Diaw ont su s’imposer et faire entendre leurs voix. Ils la feront plus entendre avec le soutien de tous et l’accompagnement de leurs différents responsables. Mais surtout de leurs mentors.

Jessica K. DEMBELE

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