Organisation de la Biennale Mopti 2023 : Il fallait soulever une montagne

Le défit a été relevé avec brio. La volonté politique a donné un coup de fouet à l’ardeur patriotique et à la détermination. Et tout le monde y a donné du sien. Du 6 au 16 juillet dernier, la Venise malienne a accueilli la plus grande manifestation culturelle de notre pays. Ces grandes retrouvailles de la jeunesse se sont bien déroulées

Publié mardi 25 juillet 2023 à 05:02
Organisation de la Biennale Mopti 2023 : Il fallait soulever une montagne

On pourrait, à dessein, rappeler cette vieille antienne de Nelson Mandela, ancien président sud-africain, et icône de la lutte contre l’Apartheid : «Je ne perds jamais, soit je gagne, soit j’apprends». Toutes les régions du pays ont participé à la Biennale artistique et culturelle. Et toutes sont sorties victorieuses parce que le Mali pluriel a administré la preuve de la capacité de son peuple à faire face aux défis du développement, de la paix, de la cohésion sociale, de la diversité culturelle et du vivre ensemble.

La Biennale artistique et culturelle de Mopti 2023 a donc vécu. Vivement celle de Tombouctou 2025 ! Le rendez-vous culturel de Mopti a été très riche en couleurs avec la participation effective des 19 régions et du District de Bamako. Les troupes artistiques des différentes régions ont donné la pleine mesure de la riche culture malienne. La Région de Ségou qui a enlevé la palme d’or est en droit d’être fière de l’exploit de sa troupe artistique et culturelle qui a proposé un contenu intéressant dans les différentes disciplines de la compétition. Les autres régions n’ont pas démérité.

La ville de Mopti a vibré, une dizaine de jours durant, au rythme de la Biennale. Au regard de la crise multidimensionnelle qui frappe notre pays depuis 2012, ils n’étaient pas nombreux nos compatriotes qui croyaient en la capacité de la Venise malienne d’accueillir tout ce beau monde sans incident majeur. Classée dans une zone dite rouge par des gouvernements étrangers voire les Nations unies du fait du contexte sécuritaire tendu, la ville a pourtant répondu aux attentes. Située à plus de 600 kilomètres de Bamako, la capitale de la 5è Région paraissait faiblement dotée en infrastructures de qualité et de logistiques pour abriter un évènement d’une telle ampleur.

Surtout que l’organisation de la Biennale avait connu une interruption pendant 5 ans à partir de 2017, après l’édition spéciale à Bamako. Nombre d’observateurs pensaient qu’il était impossible d’organiser la rencontre à Mopti. Pour ne rien faciliter, les sanctions politiques, économiques et financières imposées par la Cedeao, l’Uemoa et la communauté internationale ont fini par faire croire que notre pays était à genoux et qu’il n’était pas en capacité de relever le triple défi de l’insécurité, du financement de la manifestation et de son organisation matérielle.

 

Plus de 1.000 hommes mobilisés- C’est en mars dernier que le Conseil des ministres a décidé de la tenue de la Biennale artistique et culturelle à Mopti en juillet. Le gouvernement, la Région de Mopti et tous les autres acteurs ont mis les bouchées doubles pour respecter l’engagement pris à la clôture de la Biennale de Sikasso en 2010 d’organiser la prochaine édition à Mopti. Ainsi, les autorités de la Transition qui mènent une lutte acharnée et implacable contre le terrorisme et toutes autres formes d’insécurité ont tout fait pour relever le défi.

Les forces de défense et de sécurité, désormais autonomes et mieux équipées ont fait la preuve de leur capacité à assurer la sécurité. La sécurité est aujourd’hui assurée tant et si bien que les pêcheurs de Mopti qui n’osaient plus s’aventurer longtemps sur le fleuve, peuvent naviguer à tout moment de la journée et de la nuit. Devant l’impressionnant déploiement des forces de sécurité, les terroristes qui écumaient la zone ont dû s’éloigner ou se tenir à carreau.

La cérémonie d’ouverture de la manifestation, présidée par le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga, en présence de nombreux membres du gouvernement, des présidents d’institutions, des diplomates a été l’occasion d’une démonstration de force de l’Armée de l’air dont les avions ont survolé le stade Baréma Bocoum à basse altitude. Une puissance de feu sans doute dissuasive pour l’ennemi.


Les patrouilles qui sillonnaient régulièrement Mopti et Sévaré ont achevé de rassurer les habitants et les festivaliers venus des quatre coins du pays. En outre, la sous-commission défense et sécurité de la Commission nationale d’organisation avait mis en place un dispositif d’escorte des véhicules sur le trajet Bamako–Sévaré. Selon le colonel Massaoulen Samaké, plus de 1.000 hommes ont été mobilisés pour sécuriser la ville et les participants.

 

Accompagnement financier des régions- Hamane Demba Cissé, le secrétaire général du département en charge de la Culture, qui présidait la Commission nationale d’organisation, aimait répéter comme un leitmotiv : «Le temps n’est pas notre meilleur allié». Il soulignait ainsi l’urgence et l’ampleur des tâches à accomplir. Habituellement, la commission d’organisation dispose de deux ans pour mener à bien sa mission. La Biennale était précédée des Semaines locales pour détecter les talents dans les différentes disciplines (orchestre moderne, ballet à thème, pièce de théâtre, solo de chant, chœur, ensemble instrumental traditionnel et danse traditionnelle). La crème des Semaines locales se retrouvait lors des Semaines régionales, au cours desquelles les troupes peaufinaient leurs prestations.

Le temps manquait pour ces étapes initiales. C’est ainsi qu’une commission régionale d’organisation fut mise sur pied par le gouverneur de la Région de Mopti. La tâche était immense. Mais le défit a été relevé avec brio par les organisateurs avec l’appui à la fois des autorités et des bonnes volontés.

Le directeur national de l’action culturelle, Alamouta Dagnoko, explique qu’il fallait loger les 20 troupes régionales et assurer une programmation conformément à l’ordre de passage des troupes.


Sur le plan financier, chacune des régions et le District a reçu un appui de 10 millions de Fcfa pour sa préparation. Un mois avant le début de la manifestation, la Région de Mopti a obtenu 300 millions de Fcfa pour la restauration et la remise en état des infrastructures comme le stade Baréma Bocoum, la salle Sory Bamba, les neuf écoles qui ont accueilli les troupes et les salles pour les conférences-débats.

Les troupes de Gao, Tombouctou, Kidal, Ménaka et Taoudenit ont été transportées par avion militaire jusqu’à l’aéroport Amadou Ambodéjo de Sévaré. Sur le plan logistique, il a fallu transporter 2.500 matelas pour les troupes et du matériel de sonorisation approprié pour ce type d’évènement. Bref, une opération gigantesque.

Ce défi devait être relevé, a indiqué le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Andogoly Guindo, car la tenue de la Biennale artistique et culturelle à Mopti a lancé définitivement la gestion post-crise de cette région qui a tant souffert. Ce succès éclatant montre, si besoin en était, la ferme volonté des autorités de la Transition à transcender les difficultés qui se dressent sur le chemin du pays pleinement engagé dans l’affirmation de sa souveraineté dans tous les domaines.

Youssouf DOUMBIA

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