La stratégie nationale est le résultat de la volonté de faire de notre pays une référence
La stratégie nationale multisectorielle pour mettre fin aux
mariages d’enfants a été lancée, hier au Centre international de conférences de
Bamako (CICB). La cérémonie était présidée par le chef de cabinet du ministre
de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Mamadou Diané, en présence
de la représentante des partenaires techniques et financiers (PTF), Francine
Kimanuka, et d’autres invités.
Le mariage d’enfants
concerne un enfant âgé de moins de 18 ans (fille ou garçon). Dans notre pays,
cette pratique est courante surtout dans les communautés rurales. Selon l’Enquête
démocratique et de santé du Mali (EDSM-VI), 18% des filles ont été mariées
avant l’âge de 15 ans et 53% des femmes ont été mariées avant 18 ans.
La nouvelle stratégie nationale vise à mettre fin aux
mariages d’enfants dans notre pays à l’horizon 2030, échéance des Objectifs de
développement durable (ODD). Le coût global du plan d’actions 2022-2026 de
cette stratégie est estimé à plus de 1,8 milliard de Fcfa. Cette stratégie, à
travers ses objectifs, permettra notamment de renforcer les dispositions législatives
et institutionnelles, ainsi que les capacités des acteurs pour la prévention du
mariage d’enfants et la prise en charge de ses victimes.
Il s’agira aussi
d’informer et sensibiliser les communautés sur la nécessité de son
abandon. Le directeur national de la
promotion de l’enfant et de la famille, Youssouf Bagayoko, a assuré que
plusieurs documents, notamment la Politique nationale pour la promotion et la
protection de l’enfant et la Stratégie nationale pour mettre fin aux violences
basées sur le genre (VBG), ont été revisités pour l’élaboration de cette stratégie.
Pour la représentante des PTF, cette cérémonie marque le démarrage
de la mise œuvre du 1er plan d’actions 2022-2023 de la Stratégie nationale afin
de permettre à toutes les régions de réduire voire éradiquer la pratique des
mariages avant 18 ans. Selon l’EDSM 2018, a-t-elle précisé, le Mali est parmi
les 25 pays au monde qui enregistre les taux les plus élevés de mariage
d’enfants. Elle ajoutera que 2% des jeunes hommes âgés de 20 à 24 ans étaient
mariés avant 18 ans révolus. à en croire Francine Kimanuka, une étude sur les déterminants
socioculturels du mariage d’enfants indique que la tradition, la religion et la
pauvreté sont les causes principales favorisant cette pratique.
Concernant les conséquences de la pratique, elle citera les
grossesses précoces, l’accouchement prématuré, la déperdition scolaire, la
baisse du taux de scolarisation et la hausse du taux de déscolarisation. Pour sa part, le président du Parlement des enfants, Nouhoum
Chérif Haïdara, a relevé que la Stratégie nationale est le résultat de la
volonté de faire de notre pays une référence, plus qu’il n’est aujourd’hui, en
matière de préservation et de protection des droits de l’enfant. Il a rappelé
l’urgence de renouveler le bureau national du Parlement des enfants qui, selon
lui, n’a pas pu se faire en décembre dernier faute de moyens.
Le chef de
cabinet du ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille
a indiqué que l’élaboration de cette stratégie multisectorielle entre dans le
cadre de la mise en œuvre des politiques nationales et des engagements
internationaux et sous-régionaux de notre gouvernement en termes de protection
des droits de l’enfant. Et d’ajouter que la vision de cette stratégie est
intitulée : «Un Mali fondé sur l’égalité de chance où filles et garçons
jouissent de leurs droits et se marient librement après 18 ans d’ici 2030 ».
Mamadou Diané précisera aussi que le mariage avant l’âge requis constitue une violation des droits de l’enfant. Selon le rapport 2016 du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef), notre pays occupe le 4è rang africain des pays touchés par la pratique, derrière le Niger (78%), le Tchad (68%) et la République centrafricaine (68%).
Mohamed DIAWARA
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