De Gauche à droite: Sina Damba et Coura Diarra
Injures, coups et blessures, stigmatisations,
retrait des listes de candidature… Le
lot des violences auxquelles les femmes sont exposées en période électorale
suscite la grogne. L’édition 2023 de la campagne des 16 jours d’activisme
contre les violences faites aux femmes et aux filles (VFF), tenue en décembre
2023, a attiré l’attention de nos compatriotes sur le phénomène en adoptant le
thème : «Rôle et responsabilité des femmes dans la lutte contre les
violences faites aux femmes et filles en période électorale». Un effort déjà
significatif du ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la
Famille et de ses partenaires pour attirer l’attention des partis politiques,
la société civile et des services en charge de l’organisation des élections sur
la gestion de ce défi pour un scrutin plus équitable et transparent.
La présidente du Réseau des femmes anciens
ministres et parlementaires (Refamp) affirme que les élections sont des moments
de violences verbales, physiques et psychologiques à l’endroit de la gent féminine.
«Parce qu’on ne veut pas souvent que les femmes fassent de la politique. Alors
que notre cheval de bataille est qu’elles jouent pleinement leur rôle sur la scène
politique. Elles ne doivent plus accepter d’être un bétail électoral», martèle
Sina Damba. Les femmes doivent s’engager politiquement pour être dans des
positions qui leur permettent de participer réellement à la prise de décisions
pour que les conditions soient réunies pour leur réel épanouissement à tous les
niveaux. Elle explique que les femmes qui ne sont pas allées à l’école ne
doivent pas être laissées de côté. Selon Sina Damba, celles-ci peuvent
contribuer au développement de notre pays car certaines ont le respect et la
confiance de leur communauté.
L’ancienne ministre de la Promotion de la
Femme rappelle que l’une des missions du Refamp est de favoriser la
participation politique de la femme aux activités qui leur permettent d’être au
cœur des prises de décisions relatives notamment à l’accès à l’eau et à l’éducation
de la jeune fille. Ce combat des anciennes ministres et parlementaires est
aussi celui du Réseau des jeunes femmes leaders des partis politiques et des
organisations de la société civile (Rejefpo). Il mène depuis 2015 des actions
de plaidoyers, de formation et de lobbying pour soutenir les actions de
citoyenneté. Y compris le renforcement de la démocratie et la participation des
jeunes filles et des femmes à la vie politique. La chargée de communication du
Rejefpo, Coura Diarra, explique qu’un premier niveau de violence concernant les
femmes des partis politiques porte sur leur faible implication au niveau décisionnel
des partis, notamment la composition du directoire. «On voit rarement les
femmes occuper certains postes», relève-t-elle.
Selon Coura Diarra, les mêmes types de violences entachent la
constitution des listes de candidatures. Elle affirme que certains partis préfèrent
chercher d’autres femmes au détriment de leurs militantes. «Les hommes
faisaient des réunions nocturnes. Cette situation dissuadait les femmes d’y participer
pour des raisons conjugales. Nous avons vu des listes constituées à 3 heures du
matin sans les femmes. Vers 22 heures, elles sont sur la liste et à 2 heures du
matin, elles sont écartées», s’indigne Coura Diarra. Et de préciser que son Réseau
a initié des activités de sensibilisation avec les partis politiques sur la
tenue des réunions à des heures convenables aux femmes et des séances de
formation ont permis de découvrir ces violences. Autre stratégie dénoncée par
la responsable en charge de la communication du Rejefpo, c’est la création des
bureaux des femmes au sein des partis. «Cette initiative n’est pas très
favorable à l’ascension des femmes parce qu’elles ne sont pas au niveau décisionnel»,
déplore-t-elle.
Candidate assassinée- Selon la chargée de
communication, la période électorale est marquée souvent par des violences liées
aux enlèvements et au harcèlement des candidates, la réception des coups et
blessures ainsi que des violences verbales. À Nara, cite-t-elle, une candidate
a été enlevée lors d’une campagne électorale. En 2016, une autre a été assassinée
dans la Région de Koutiala pendant les élections communales. Coura Diarra
regrette que les difficultés liées aux violences verbales et au harcèlement empêchent
des femmes électrices à manifester leur adhésion à un candidat. Quant aux
textes, déplore-t-elle, leur application souffre d’entraves. «La rébellion et
le terrorisme ont empiré la situation. Les femmes avaient des difficultés pour
aller voter», rappelle notre interlocutrice.
En 2020, une évaluation sur la participation
des électrices dans les zones affectées par les conflits a révélé que les
femmes n’ont pas suffisamment voté à cause de la peur d’être victimes d’atrocité.
Le Rejefpo assure avoir joué un rôle significatif pour atténuer les violences
en période électorale. En la matière, Coura Diarra cite l’organisation des
activités à l’endroit d’une soixantaine de femmes, la formation de 600 autres
sur l’appui mutuel entre elles au sein des partis, les sessions d’informations
sur les comportements à adopter en termes de sensibilisation, de communication
et de dénonciation des violences contre les femmes.
«Nous avons des comités
au niveau régional pour alerter sur les cas et les prendre en charge. Nous
avons un cadre de concertation des partis politiques majoritairement composé de
jeunes filles qui informent sur les violences», fait-elle savoir. Et d’inviter
les partis politiques à former et accompagner leurs militantes. Elle se réjouit
de l’augmentation du nombre de postes occupés par les femmes depuis l’adoption
en décembre 2015 de la loi 052 instituant des mesures pour promouvoir le genre
dans l’accès aux fonctions nominatives et électives au Mali. Ainsi, en 2016, 11
femmes ont été élues contre 41 aux élections législatives de 2020.
Les violences faites aux femmes en période électorale
sont dénoncées par le professeur à la Faculté des sciences administratives et
politiques (Fsap), Mamadou Samaké. Il explique que le phénomène est une façon
d’exclure les femmes du processus. Ces violences, poursuit-il, se manifestent
par une marginalisation des femmes. Au nombre de ces violences, l’universitaire
énumère l’exclusion qui consiste à établir les listes de candidatures à des
heures tardives dans la nuit pour empêcher les femmes de participer et la
caution à payer pour avoir une bonne place sur les listes. Pr mamadou Samaké
signale que certains hommes sont aussi exclus à cause des montants proposés
pour être sur la liste. Ce qui est contraire aux dispositions statutaires des
partis politiques.
Le professeur de droit public et des sciences politiques explique que ces violences sont liées aux contraintes sociales. Il affirme que c’est le caractère phallocrate de la société malienne qui pense que la place de la femme se trouve dans le foyer conjugal, qui est à la base de ce fléau. Cependant, notre interlocuteur note une amélioration de la représentation des femmes dans les fonctions électives depuis l’adoption de la loi de 2015 sur le genre. L’enseignant propose de poursuivre le plaidoyer auprès du gouvernement et d’autres structures gouvernementales pour mettre fin aux violences que subissent les femmes en période électorale. Pour les scrutins à venir, recommande le juriste, il faut sensibiliser et veiller à la stricte application des dispositions de la loi sur le genre.
Mohamed DIAWARA
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