#Mali : Tortues terrestres : Utiles à bien des égards

De la viande aux sous-produits, rien ne se jette, tout est utile en cette espèce menacée de disparition. Son élevage, qui participe de sa préservation et de sa protection, est également une importante source de revenu et un moyen sûr de régénération des sols pour des paysans. Sans compter ses vertus hautement thérapeutiques

Publié jeudi 11 avril 2024 à 05:46
#Mali : Tortues terrestres : Utiles à bien des égards

 La tortue représentait la grandeur  dans les empires anciens

 

Les tortues terrestres du Mali, souvent méconnues, sont en train de devenir un sujet d’importance croissante dans le domaine de la conservation de la biodiversité. Ces créatures fascinantes jouent un rôle crucial dans l’équilibre des écosystèmes. Mieux, «elles sont d’excellentes alliées pour les agriculteurs pour la fertilisation des sols», témoigne O. Soumaré, un producteur de melons, de concombres et de pastèques bio dans le village de Diogare (Kati).

Cet agriculteur possède une trentaine de tortues terrestres sur un hectare. Ce qui n’est qu’un début, une phase test pour notre paysan qui enregistre déjà des résultats forts appréciables. «Leurs déplacements réguliers dans les champs aident à aérer et à fertiliser le sol, car ils piétinent les petites herbes et les mangent, favorisant ainsi la croissance des cultures. Et leurs excréments, riches en éléments nutritifs, agissent comme un engrais naturel, réduisant la dépendance aux produits chimiques et favorisant des pratiques agricoles durables», analyse-t-il.

Selon un récent rapport de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), les tortues terrestres du Mali sont confrontées à de multiples menaces, notamment la perte d’habitat due à l’expansion humaine, la fragmentation des populations et le trafic illégal d’animaux sauvages. Un expert en conservation de la faune au Mali, qui a requis l’anonymat, souligne l’importance cruciale de préserver l’habitat naturel des tortues terrestres pour assurer leur survie à long terme. «La dégradation de leur habitat est l’une des principales menaces pesant sur ces espèces», explique-t-il. Et d’ajouter : «En protégeant les zones de reproduction et en sensibilisant les communautés locales à l’importance de la conservation, nous pouvons inverser cette tendance.»

La Ferme Kledu est, depuis des années, dans cette dynamique de sauvegarde de l’espèce. L’on y retrouve à peu près 9.000 tortues. Moussa Balla Coulibaly, responsable commercial de cette Ferme, évoque avec fierté la détermination de son entreprise de contribuer à la sauvegarde de cette espèce dont la survie est menacée au Mali et dans le monde en général. «On a créé un cadre pour la réintroduction de ces tortues dans leur milieux naturel», dit-il.

 

POUVOIRS THÉRAPEUTIQUES- Seydou Banou, qui appartient à une famille d’éleveurs de tortues terrestres sur plusieurs générations, est lui aussi préoccupé par le sort des tortues terrestres. À Yirimadio, quartier périphérique de la capitale, il en élève une centaine. Mais au-delà de la passion, l’activité est surtout pour lui un moyen de se faire de l’argent. Il vend les tortues mais aussi leurs œufs. «La tête, la carapace et les œufs de la tortue sont prisés pour leurs effets thérapeutiques.


Ils guérissent le cancer, l’ulcère gastrique, l’asthme, l’impuissance sexuelle chez les hommes, certaines maladies des yeux et protègent contre le maraboutage», nous apprend Seydou Banou. En plus, poursuit-il, la tortue représente la grandeur et dans les empires anciens, chaque famille en avait. Et aujourd’hui encore, l’on prête à la tortue le pouvoir de renforcer l’unité et la cohésion dans une famille.

C’est pour les pouvoirs thérapeutiques de la tortue terrestre que Mariam Tomota, cadre dans une organisation non gouvernementale de la place, a décidé de s’en offrir. «J’en ai deux à domicile. J’ai appris que la tortue débarrasse l’air de son impureté pour les asthmatiques. Mon fils en souffrait», confie la mère de famille.

Bréma Bocar Emmanuel Traoré dit Bri est aussi un passionné de l’élevage des tortues terrestres depuis 2011 à Sirakoro Neguetana et à Niono. Il a un champ de 15 hectares où il élève les tortues avec une prévision annuelle de 28.000 œufs. Dans son champ, il a des manguiers et des orangers. Et rien que pour nourrir ses tortues, il cultive de la pastèque, du haricot, des citrouilles... Bréma Bocar Emmanuel Traoré dit Bri vend ses tortues au Mali et à l’international.

Classée parmi les espèces protégées au Mali, il n’est permis de tuer une tortue que pour des raisons exclusivement thérapeutiques. La vitesse à laquelle ces créatures fragiles disparaissent de notre écosystème, a amené les autorités et les organisations de conservation à intensifier les efforts pour leur protection.

L’Ong Conservation Mali, en partenariat avec le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), a lancé un projet de sensibilisation visant à informer les populations locales sur l’importance écologique de ces reptiles et les mesures à prendre pour les protéger. De plus, des programmes de recherche sont en cours pour mieux comprendre la biologie et l’écologie des tortues, afin d’orienter les stratégies de conservation.

Selon un agent du Parc zoologique de Bamako qui a voulu garder l’anonymat, l’élevage en captivité peut contribuer à la conservation des espèces menacées et permettre aux enfants de les connaître. «J’assiste souvent à l’euphorie des enfants devant la cage des tortues, car ce sont des animaux présents dans les dessins animés et le parc donne l’opportunité de les voir en vrai», témoigne notre interlocuteur.

Anta CISSÉ

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