#Mali : Ségou : «BÉSSETIGUI» sème la psychose dans la ville

Il tue froidement à l’aide d’une machette et disparaît sans laisser de traces, d’où son surnom «bessetigui»(l’homme à la machette). Il est toujours dans la nature et est activement recherché par les forces de sécurité de la ville

Publié lundi 11 novembre 2024 à 22:36
#Mali : Ségou : «BÉSSETIGUI» sème la psychose dans la ville

Depuis plusieurs mois, un individu sème la terreur au sein des populations de la ville de Ségou et ses environs. Il attaque ses victimes avec une machette, d’où son surnom « Béssétigui », traduisez  par l’homme à la machette.

Lorsque cet individu s’attaque aux habitants qui ont la malchance de croiser son chemin, les plus chanceuses de ses victimes s’en sortent avec de graves blessures, sinon c’est la mort assurée.

Le 03 juillet dernier, aux environs de 4 h du matin, une dame, Fatoumata Ba, c’est son nom, a été froidement assassinée à coups de machette au quartier Bamanankin, communément appelé Bougoufié.

Cela  a été la goutte d’eau  qui a débordé le vase. Aussitôt, la nouvelle de cet énième assassinat s’est répandue dans la ville comme une trainée de poudre. Les internautes ont pris le relais, au point de noyer la toile avec la terrifiante nouvelle.

Conséquences : la peur a augmenté au sein de la population de la Cité des balazans, terrifiée à l’idée de vivre avec un inconnu armé d’une manchette qui attaque à n’importe qui et  n’importe où. Il y a quelques jours, de fausses informations circulaient sur les réseaux sociaux faisant état de l’arrestation de l’homme à la machette. Mais en réalité, il n’en est rien.

L’individu est encore dans la nature, même si les forces de l’ordre de la Cité des balazans rassurent qu’il est activement recherché. C’est dans cette atmosphère de peur généralisée que les internautes informaient la population de l’arrestation de l’homme à la machette, qu’ils avaient présenté en montrant les images d’un individu au crâne à moitié rasé. D’où une satisfaction générale au sein des pulpations de la ville de Ségou et ses environs. Cette joie sera de courte durée, car c’était un « faknews », que le commissaire Moussa Doumbia balaye d’un revers de la main, expliquant clairement qu’il ne s’agit pas là du très redouté homme à la machette.

 L’officier de police a expliqué que ce sont les jeunes du quartier Ségoubougou- sud extension qui ont amené dans les locaux du commissariat de police du 2ème arrondissement, un trentenaire au crâne à moitié rasé pour enquêtes et vérifications.

En réalité, ces jeunes voulaient avoir le cœur net sur les affirmations de cet homme qui se serait présenté à eux comme étant l’homme à la machette, le présumé auteur de l’assassinat de la défunte Fatoumata Ba. Lorsque les limiers l’ont sommairement interrogé, cet individu a déclaré qu’il a fait ces  déclarations sous la contrainte de la foule qui voulait le lyncher en le suspectant (à tort) d’être le très redouté homme à la machette. À la suite des vérifications et des investigations policières, il a été établi que cet  individu est le fils d’un ancien policier à la retraite. Détenteur d’une licence en droit privé, il semble que cet homme ne jouit pas de toutes ses facultés mentales.

Ce qui sera d’ailleurs confirmé par son père qui s’est rendu au commissariat de police, lorsqu’il a appris la nouvelle de l’arrestation de son fils, que la population avait confondu avec l’homme à la machette. Pour convaincre les limiers, le père a expliqué que son rejeton a été victime d’une maladie mentale depuis 2011, alors qu’il était étudiant à la faculté des sciences juridiques et politiques (FSJP). 

Mieux, le vieux policier a exhibé à ses collègues les anciennes ordonnances psychiatriques de son enfant de 2011, 2014, 2022, 2024, attestant le suivi médical de celui-ci. Ces explications du  père seront confirmées par le psychiatre traitant. Le médecin a confirmé l’état de démence du jeune homme. Selon nos informations, le jour où il s’est retrouvé face à la foule, SS (ses initiales) s’était échappé du contrôle de son père qui, pourtant, le surveillait comme le lait sur le feu. Au cours de ses pérégrinations à travers la ville de Ségou et ses environs, il se serait rendu dans une famille, et aurait  demandé à utiliser les toilettes pour un besoin pressant.

Malheureusement, la maîtresse de maison qui était seul, ce jour-là au domicile conjugal, aurait refusé de lui rendre ce service prétextant une décision de son époux. « Un malheur ne vient jamais seul », dit-on. Cela s’est passé à un moment, où une psychose générale s’était emparée de la ville à propos de l’homme à la machette. C’est ainsi que la dame aurait pris peur puis a alerté le voisinage en lui faisant croire qu’elle avait devant elle l’homme tant redouté. C’est ainsi que SS a été coincé, pris puis ligoté par les jeunes du quartier et a passé ainsi un sale quart d’heure avant d’être conduit au commissariat de police du 2ème arrondissement de Ségou.  

Les forces de sécurité de Ségou sont à pied d’œuvre nuit et jour pour  mettre la main sur le fameux « homme à la machette » afin qu’il ne fasse une nouvelle victime. Ce mystérieux individu aurait déjà causé la mort de quatre femmes  dont 2 à Ségou ville et deux autres hors de la ville.

En attendant que les policiers ne lui mettent le grappin dessus, l’officier de police, Doumbia invite la population à éviter l'amalgame, à ne pas se rendre justice. Il sollicite également la collaboration de la population qui vit dans une psychose permanente. Cette psychose a atteint un tel niveau au point que certains fidèles préfèrent prier le Fajr (prière de l’aube) à la maison. Ils évitent tout risque de se faire mortellement agressé par ce mystérieux homme à la machette. Idem pour ceux qui, pour raison de chaleur,  passaient la nuit à la belle étoile dans la cour de leurs domiciles. Ils ont préféré  dormir dans leurs chambres chaudes, que de se faire démembrer à mort par cet homme.

« Nous vivons avec une profonde peur au ventre. Nous fermons les yeux la nuit, mais nous ne dormons pratiquement pas. Il faut que les forces de l’ordre usent de tous les moyens pour arrêter cet individu malveillant. Toute la ville est paniquée », a confié Sitan Koné, une ménagère de la Cité des balazans.

« Je ne dors plus la nuit en cas de coupure d’électricité. Au moindre bruit dans la cour, je sors vérifier, ce qu’il se passe. Nous souhaitons vivement que ce malfrat soit arrêté, on est tous paniqué », affirme Oumar Doumbia, chef de famille. Quant aux victimes et leurs familles, ils prient nuit et jour pour que les forces de sécurité mettent cet  individu mystérieux hors d’état de nuire.

Aminata Dindi SISSOKO / AMAP - Ségou

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