Retenir l’eau ou de refouler l’eau selon les besoins des champs de riz reste un défi
«Nous comptons mettre l’accent sur les
périmètres maraîchers des villages pour accompagner les femmes avec 3 à 4
périmètres. Nous prévoyons l’aménagement de plus de 1.000 hectares cette année
avec l’appui d’un partenaire», a annoncé, jeudi dernier à Sélingué, le
directeur général de l’ODRS, Lancinè Doumbia. Il s’exprimait à l’occasion de la
cérémonie d’ouverture du 29è conseil d’administration de sa structure, tenu
sous la présidence du ministre de l’Agriculture, Lassine Dembélé.
Au cours de cette session, les administrateurs ont examiné plusieurs
documents dont celui relatif à l’état d’exécution des recommandations issues de
la 28è session, le rapport annuel de performance 2023, le projet annuel de
performance 2024 et la note technique relative à la désignation d’un
commissaire au compte. Cette rencontre a lieu au moment où l’ODRS enregistre
une augmentation significative (4,67%) de la production au niveau des céréales.
Par contre, au niveau de la production du poisson, les efforts sont compromis
par le phénomène de dragage qui «n’est pas favorable au développement des
poissons», a déploré Lancinè Doumbia. Il a également dénoncé les mauvaises
méthodes de capture des poissons.
En matière d’aménagement, l’ODRS a atteint des résultats encourageants.
Mais un défi subsiste, celui de retenir l’eau ou de refouler l’eau selon les
besoins des champs de riz. Pour retenir l’eau, l’Office a dû acheter des
pompes. «Il a fallu acheter d’autres pompes pour le refoulement pendant
l’hivernage. Mais malheureusement, depuis leur installation, on n’a pas eu les
clés pour nous en servir», a regretté le directeur de l’ODRS, précisant que ce
problème persiste et qu’il leur sera difficile, en cas de bonne pluviométrie en
2024, d’éviter les inondations sur les cultures.
Parlant des difficultés rencontrées en 2023, Lancinè Doumbia a souligné le
retard dans la réception de l’engrais subventionné, en plus de la discontinuité
dans son approvisionnement. Sans quoi, a-t-il déclaré, «on aurait pu atteindre
5,6%». S’ajoutent à cette difficulté, les dommages causés par les animaux
errants et les camions qui, chargés de sable, passent sur les digues. «Avec la
gendarmerie et la préfecture, nous avons mis en place une commission de
contrôle. Mais jusqu’à présent, nous n’avons pas eu satisfaction», a-t-il
révélé.
Le ministre de l’Agriculture a expliqué que la campagne agricole 2023 s’est
déroulée dans des conditions marquées par un démarrage précoce des activités
pluviométriques et quelques poches de sécheresse qui ont entraîné des cas de
re-semis au niveau de certaines cultures sèches. Lassine Dembélé a aussi noté
les bons résultats de la campagne de contre-saison sur l’ensemble des
périmètres, une augmentation du coût de la main d’œuvre agricole et une
situation phytosanitaire relativement calme.
«La production céréalière au titre
de 2023 est de 71.403,29 tonnes contre 68.018,06 tonnes en 2022, soit une
augmentation de 4,74%. La production du riz (tous systèmes confondus) est de
29.669,19 tonnes contre 26.854,49 tonnes en 2022, soit une augmentation de
9,49%», s’est-il réjoui. Pour lui, ces augmentations s’expliquent par la
diminution des pertes de superficies par l’inondation suite à la mise en service
de la station d’exhaure du périmètre irrigué de Sélingué et l’amélioration du
niveau des rendements grâce à l’application des bonnes pratiques agricoles.
S’agissant de la pêche et la pisciculture, le ministre a informé que la production est de 3.135 tonnes en 2023 contre 3.240 tonnes de poissons en 2022, soit une diminution de 3,35%. Par ailleurs, 29.876 plants (toutes espèces confondues) ont été produits sur une prévision de 33.000, soit un taux de réalisation de 90,53%. Quant aux activités de reboisement, elles ont porté sur 62,5 ha sur une prévision de 66 ha, soit un taux de réalisation de 94,70. Et en ce qui concerne la maintenance et l’entretien des infrastructures, le ministre de l’Agriculture a informé que les réalisations ont porté sur 57.706 mètres linéaires du réseau d’irrigation primaire et secondaire et 70.711 mètres linéaires du réseau de drainage primaire et secondaire.
Anta CISSÉ
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