#Mali : Procès achat d’avion présidentiel et d’équipements militaires : Fily Sissoko rejette catégoriquement la thèse de la surfacturation

L’ancienne locataire de l’hôtel de Finances a gardé pendant plus de 6 heures de débat sa cohérence. Elle a expliqué avoir joué son rôle de comptable public en exécutant les paiements d’un engagement de l’État

Publié dimanche 29 septembre 2024 à 16:20
#Mali : Procès achat d’avion présidentiel et d’équipements militaires : Fily Sissoko rejette catégoriquement la thèse de la surfacturation

Au 4è jour du procès Mme Bouaré Fily Sissoko et autres qui se poursuit à la Cour d’appel, les juges essayaient toujours de démontrer la culpabilité de l’ancienne ministre en charge des Finances dans l’achat des équipements militaires. Tout comme dans l’achat de l’avion présidentiel, la mise en cause est restée sur sa ligne de défense. L’accusée, qui affichait une sérénité à toutes épreuves, a catégoriquement réfuté les faits, déclarant n’avoir eu à jouer qu’un rôle de comptable public en exécutant les paiements d’un engagement d’achat de l’État.

Dans ce cas précis, la dame Fily Sissoko a précisé avoir eu connaissance de ce protocole d’accord entre le ministère en charge de la Défense et la société Guo-Star plus d’un mois après sa signature par le ministre de la Défense et des Anciens combattants d’alors, Soumeylou Boubeye Maïga. Celui-ci était mandataire de ce protocole pour un montant de plus de 69 milliards de Fcfa pour la fourniture d’équipements militaires.

Le coût total d’achat des équipements militaires, selon l’ancienne ministre chargée des Finances, est estimé à plus de 33 milliards de Fcfa. «Les matériels d’habillement, de couchage, de campement et d’alimentation (HCCA) ont coûté plus de 21,7 milliards de Fcfa. Pour les matériels roulants, véhicules et pièces de rechange, c’était un peu plus de 7,8 milliards de Fcfa. Le 2è volet de matériels est revenu à plus de 3,4 milliards de Fcfa», a expliqué l’accusée à la barre.

Et la Cour de s’étonner quant à l’exécution du contrat par sa personne alors qu’elle avait refusé de participer à sa mise en œuvre ! L’ancienne patronne de l’hôtel des Finances de répondre : «Je n’ai pas endossé le protocole parce que n’ayant pas été associée au préalable». Ajoutant qu’elle l’a exécuté, car il s’agissait de doter les Forces armées maliennes (FAMa) en équipements parce que le pays était en proie aux attaques terroristes.

Le président de la Cour d’enchaîner en lui demandant ce qui la gênait dans ce contrat. Et Fily Sissoko d’expliquer : «Ça a été fait à mon insu et je n’ai été impliquée que pour le paiement».

Pour la Cour, de la même manière qu’elle n’a pas accepté sa mise en place, elle ne devait pas non plus accepter son paiement. Elle expliquera clairement n’avoir joué que son rôle de comptable public et en faveur des Forces armées qui étaient en nécessité d’équipements dans l’urgence.

Le président de la Cour de rebondir en lui demandant la raison de la mise en place de la garantie autonome de 100 milliards de Fcfa par sa personne. L’ancienne ministre des Finances a répondu que c’était pour permettre la transaction du protocole d’accord sans affecter les finances publiques pour doter l’Armée. Pour la Cour, cette garantie n’avait pas lieu d’être estimant qu’il y a eu surfacturation.

«La garantie sécurisait la transaction liée au protocole d’accord, ainsi que tout protocole antérieur au besoin du ministre chargé de la Défense dont le compte est domicilié dans une banque de la place», a insisté l’ancienne ministre. Tout en précisant qu’elle n’a pas connaissance de surfacturation en ce sens qu’il n’y a pas une mercuriale de prix pour ses équipements militaires d’autant plus qu’il s’agissait d’un contrat hors marché public, en dérogation de toute disposition en la matière.

Le président aussi bien que ses conseillers convaincus de la surfacturation dans l’achat des équipements militaires sont revenus à la charge précisant que le prix des matériels était au-delà de la norme, d’où la surfacturation et le choix du fournisseur. Selon eux, il fallait traiter directement avec les fabricants au lieu d’une tierce entreprise qui vendait plus cher. En réponse, Fily Sissoko a expliqué que «Guo Star» est un fournisseur de longue date du ministère de la Défense depuis 2000 bien avant le régime du feu IBK et aussi que nous étions sous embargo et que ce n’était pas possible d’acheter directement.

Dans ses explications sur la garantie autonome, l’accusée a fait savoir que le protocole Guo-Star a ouvert la voie à sa mise en place, mais qu’elle garantissait ledit ministère et ses engagements et non le fournisseur. «J’ai garanti le ministère pour tous ces engagements et quand j’ai su qu’il y avait fraude, j’ai annulé la garantie et le seul paiement intervenu était après son annulation», a-t-elle déclaré, ajoutant que l’intérêt de cette garantie était de doter les soldats en équipements militaires.

L’annulation de la garantie, selon Mme Bouaré Fily Sissoko, a permis de revenir à la norme et de payer ce qui avait été livré d’où le décaissement des 22 milliards de Fcfa par sa personne. «On est là aujourd’hui pour savoir si l’argent est parti ailleurs ou pas», a-t-elle estimé.

Et le parquet représenté par Kokè Coulibaly de demander si le protocole avait fait l’objet d’une expression de besoin. Fily Sissoko a répondu qu’il lui avait été confié par le ministre de la Défense d’alors que c’était des commandes en gestation sous la Transition de 2012.

L’accusée s’est prêtée aux questions de la Cour et du ministère public sur les circonstances exactes de l’achat des équipements militaires pendant plus de 6 heures. Visiblement très sereine, l’ancienne ministre faisait face à une slave de questions de la Cour et du parquet qui tentaient de prouver qu’il y a eu surfacturation dans l’achat des équipements.

Tamba CAMARA

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