Après
la section art plastique à l’Institut national des arts (INA) de Bamako, Abdou
est fasciné par la forme et le mouvement, le message qu’il perçoit à travers le
discours visuel que portent des objets dans son environnement. Il aime
dessiner, modeler des formes, souvent à partir de matières conventionnellement
incongrues.
Sa
première exposition était intitulée : «L’épopée mandingue» au Centre
culturel français de Bamako en 1997. La même année, il expose certaines de ses
œuvres dans le cadre de «D’une rive à l’autre» à l’atelier Z, à Paris en
France. Les mêmes œuvres sont présentées au Festival de jazz de New Orléans
(USA). Abdou impressionne déjà avec sa technique de couture et de gaufrage (une
technique d’impression) qui lui permet de donner des images et un visage au
bogolan et à la teinture ocre des tenues de chasseurs du Mandé.
En
1999, il est sollicité pour présenter «Les empreintes» au Théâtre des Bouffes
du Nord de Paris en France. Cette exposition constitue en réalité sa porte
d’entrée dans une grande maison d’art dramatique.
Abdou
Ouologuem ne crée pas seulement avec les cotonnades. Il travaille sur le bois,
le fer et le fil de fer et même la terre. Car le modelage aussi n’a pas de
secret pour lui. Il invente indifféremment des formes aussi bien avec l’argile
qu’avec le bois. Toutes ses œuvres sont inspirées de la nature et surtout de
l’humain, car pour lui, l’homme ne fait que suivre les transformations des
quatre éléments de l’univers : la terre, le feu, l’eau et le vent. Ces
éléments sculptent, tamisent, modèlent toutes les matières de façon naturelle.
L’homme ne fait que les imiter, sans atteindre le même degré de perfection.
«Nèkè
Koo…» ; «Au gré du métal» est un ensemble de projets de l’artiste allant d’un
court métrage sur Kankou Moussa présenté au festival de Cannes, à des séries
d’œuvres en sculpture dont la Fondation Passerelle a le plaisir d’exposer une
partie intitulée : «Nèkè koo Fôly».
En
peinture, Abdou Ouologuem a travaillé, il y a un an sur un ensemble de petits
formats dans des nuances de vert et marron ressortant sur une belle dorure. La
série s’intitule : «Les douleurs de la beauté» ; «Sarra Dékouna». Elle
parle de plusieurs des maux du 21è siècle : le mauvais état écologique de la
planète, le culte de la consommation et la démesure dans nos sociétés, la
cupidité nous menant à explorer, exploiter et vider sans limite les entrailles
de la terre.
En
ce qui concerne la création des décors, costumes et accessoires pour les arts
de la scène et le cinéma, Abdou a commencé à travailler dessus à partir de 1997
où il prêta main forte à feu Adama Drabo quand ce dernier réalisait son
long-métrage «Taafé Fanga» ou Pouvoir de pagne. Abdou Ouologuem intervient sur
les costumes et le décor de ce film qui raflera de nombreuses récompenses.
Pendant qu’il travaillait avec «Kora Films» de Cheick Oumar Sissoko, le célèbre
metteur en scène franco-anglais Peter Brook a demandé à Abdou de concevoir le
décor et les costumes de la pièce de théâtre «Oh les beaux jours» de Samuel Beckett
en 2000. Ce coup d’essai fut un coup de maître pour lequel le metteur en scène
et le Théâtre de Bâle (Suisse), commanditaire de l’œuvre, étaient satisfaits.
Abdou Ouologuem réédite l’exploit à travers «Thierno Bokar : le sage de Bandiagara» d’Amadou Hampathé Bâ sur une mise en scène par Peter Brook et son Théâtre «Les Bouffes du Nord» de Paris. L’Anglais réussit à le convaincre de devenir comédien et de monter sur la scène. Et la troupe part pour deux années et demi de tournée à travers le monde : France, Espagne, Allemagne, Italie, Brésil, Mexique, Japon, Océanie. Ce travail avec Peter Brook durera pendant une dizaine d’années. Ce qui lui donne la possibilité de participer, en tant que comédien et/ou scénographe, à des projets d’envergure internationale.
Sur le plan cinématographique, Abdou a travaillé avec le réalisateur Cheick Oumar Sissoko sur «La Genèse», Salif Traoré, Dany Kouyaté et Feu Assane Kouyaté.
Youssouf DOUMBIA
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