Les réflexions des participants
aux travaux ont porté sur 18 thématiques
Il s’agit de la phase nationale qui s’est tenue du 16 au 19
janvier derniers et ayant réuni plus de 580 participants. Elle a permis de définir
des orientations en cohérence avec les valeurs culturelles, économiques et
environnementales répondant aux besoins de développement social et économique
de notre pays.
Durant quatre jours, les travaux ont porté sur
18 thématiques liées notamment à la question enseignante, à la gestion des écoles
privées, le développement de la science et des nouvelles technologies, le
renforcement de la recherche scientifique ainsi que l’enseignement de nos
langues nationales et nos valeurs culturelles. Y compris aussi la sécurisation
de l’espace scolaire et universitaire et la scolarisation des filles, entre
autres.
Ces échanges ont abouti à des recommandations
visant à établir notre système éducatif en parfaite adéquation avec les
aspirations du peuple. Il s’agit de fonder l’enseignement sur les valeurs et mémoires
maliennes à commencer par la connaissance de soi, de procéder à une profonde
restructuration des matières et concevoir une didactique des disciplines réfléchies
liées à la langue de l’apprenant. Selon les participants, les langues
nationales doivent être des langues d’enseignement de toutes les disciplines à
tous les niveaux d’enseignement de manière progressive. Les acteurs ont demandé
d’assurer l’adéquation de la formation des produits de l’école aux besoins des
ressources humaines du marché de l’emploi et des ambitions pour l’essor de la
nation dans une vision prospective.
Parmi les recommandations, figurent également
la création de nouvelles facultés de médecine, de pharmacie et
d’odontostomatologie dans les régions, l’établissement de l’éducation inclusive
en adaptant réellement les infrastructures et équipements scolaires et
universitaires aux conditions des personnes en situation de handicap, l’intégration
de la langue des signes dans le curriculum de l’enseignement en assurant la
promotion dans les services publics et le développement des filières d’agropastorales
dans les écoles fondamentales et secondaires. S’y ajoutent la création d’un Musée
national des sciences et technologies, celle d’un Ordre de promoteurs d’écoles
privées pour moraliser la création et la gestion de ces établissements, ainsi que
la tenue des états généraux tous les dix ans.
Les EGE recommandent d’imposer le port de la
tenue scolaire confectionnée à partir de textiles locaux dans toutes les écoles
du pays, d’accélérer le processus d’intégration des écoles coraniques dans le
système éducatif en les dotant d’un curriculum officiel et en leur octroyant
une subvention, d’élaborer une convention collective pour les enseignants évoluant
dans le secteur privé, rendre attrayante et incitative la fonction enseignante.
Les participants ont proposé la suppression de l’Association des élèves et étudiants
du Mali au niveau de l’enseignement secondaire et recadrer ses actions au
niveau supérieur. Ils ont suggéré la mise en place d’une commission de suivi de
la mise en œuvre des EGE et le recrutement des sortants des écoles de formation
des enseignants.
Le représentant des participants a salué le caractère inclusif et démocratique des travaux. Ibrahim Ag Mohamed a assuré que toutes les questions concernant l’éducation nationale ont été abordées. Il a promis que les participants vont accompagner la mise en œuvre des plans d’actions des recommandations. Le président de la commission d’organisation des EGE a souligné que cet exercice vise à faire en sorte que l’école puisse permettre l’exploitation optimale de tous nos potentiels économiques. Koulougna Edmond Dembélé a insisté pour dire que l’école ne doit plus être considérée comme une institution étrangère. Elle doit appartenir à notre communauté, a-t-il affirmé.
Pour sa part, le président des EGE, Adama Ouane, a déclaré qu’il faut obligatoirement rebâtir notre système éducatif avec comme sous bassement nos langues nationales.
Mohamed DIAWARA
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