Le choc tant attendu entre les deux voisins ouest-africains a basculé sur deux faits de jeu dramatiques en première période. Pourtant bien en place, les Aigles ont été douchés à la 27è minute. Sur une passe en retrait de Krepin Diatta monté aux avant-postes, le portier Djigui Diarra a commis une faute de main, permettant à l'attaquant Iliman Ndiaye de récupérer le ballon et de l'envoyer au fond des filets (1-0). Loin de sombrer après cette méprise, le dernier rempart malien a su faire preuve d'un mental d'acier.
Touché dans son orgueil, Djigui Diarra a réalisé une suite de match héroïque, multipliant les arrêts réflexes et les parades de grande classe pour maintenir les Aigles en vie. Un sursaut qui n'a malheureusement pas suffi à compenser le second tournant du match : l'expulsion du capitaine Yves Bissouma à la 45è min+3 pour cumul de cartons, laissant ses coéquipiers à dix pour toute la seconde période.
Le coup de sifflet final a sonné comme un glas sur la pelouse du Grand stade de Tanger. Sous une pluie fine, les visages des Aigles trahissaient une immense détresse. Certains, prostrés sur le gazon, laissaient couler leurs larmes, tandis que d'autres regagnaient les vestiaires dans un silence profond. Image forte de cette fin de match : le défenseur Hamari Traoré, effondré, en larmes, a reçu les longs encouragements de son ancien coéquipier au Stade de Reims et au Stade rennais, le portier sénégalais Edouard Mendy. En zone mixte, la douleur était trop vive pour la plupart des joueurs qui ont défilé sans un mot.
Seul le milieu de terrain Amadou Haïdara «Doudou» a trouvé la force de s'exprimer, la gorge nouée. «J'ai l'impression de vivre un cauchemar. C’est une immense tristesse. Nous voulions réécrire l’histoire mais la course s’arrête là. Nous présentons nos sincères excuses au peuple malien pour n’avoir pas été à la hauteur», a-t-il déclaré.
À l’intérieur du vestiaire, malgré la frustration, la tristesse et les sanglots, le sélectionneur national, Tom Saintfiet, a pris la parole pour un discours d'une grande dignité. «Ça fait mal pour nous tous, surtout pour les supporters», a-t-il lancé. «Mais je suis très fier de vous. Durant ces trois semaines, vous avez montré une détermination exemplaire, malgré les cartons rouges.
La chance nous a manqué, mais vous restez mes héros et je vous dis un grand merci pour ce que vous avez fait», a ajouté le technicien belge. Pour panser les plaies, la Fédération malienne de football (Femafoot) a tenu à marquer sa solidarité. Moussa Silvain Diakité, 1er vice-président de la Femafoot, a souligné que l'équipe est tombée «les armes à la main», rappelant le soutien de tout un peuple caractérisé par la présence de trois ministres dans la loge officielle : Abdoul Kassim Ibrahim Fomba, ministre de la Jeunesse et des Sports, chargé de l’Instruction civique et de la Construction citoyenne; Mme Diarra Djénéba Sanogo, ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille et Mossa Ag Attaher, ministre des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine.
à la suite du Moussa Silvain Diakité, Djibril Dramé, a porté le message de réconfort du ministre Abdoul Kassim Ibrahim Fomba. «Le football est un éternel recommencement. Vous avez prouvé votre valeur. Ce n'est pas la fin du monde. Donnons-nous la main et croyons en l'avenir, car je suis convaincu d’une chose : un jour, ce titre viendra au Mali», a déclaré le conseiller technique du ministre en charge de la Jeunesse et des Sports.
L’arrière droit Hamari Traoré, porte-parole du groupe, a tenu à remercier le gouvernement pour son soutien constant. «Nous nous sommes battus avec nos armes. On ne désespère pas, on va continuer de travailler car je suis certain que cette coupe viendra au Mali», a dit l’international malien. Certains joueurs, notamment Yves Bissouma, Nene Dorgelès et Mohamed Camara, ont rallié Casablanca après le match pour ensuite rejoindre leurs clubs. La grande majorité de joueurs sont partis du groupe samedi matin et le reste de la délégation a quitté le Maroc hier dimanche.
Dans cette CAN 2025, les Aigles ont disputé 5 matches avec un bilan de 4 matches nuls contre la Zambie (1-1), le Maroc (1-1), les Comores (0-0) en phase de poules, la Tunisie (1-1, 3-2 t.a.b.) en huitièmes de finale et 1 défaite contre le Sénégal (1-0) en quart de finale. Au total, l’équipe a marqué 3 buts, tous œuvre de Lassine Sinayoko et en a encaissé 4. Depuis 2013 en Afrique du Sud, le Mali n’a pas atteint le dernier carré de la CAN. Sur les six dernières éditions de la CAN, les Aigles sont sortis dès le premier tour en 2015 en Guinée équatoriale et 2017 au Gabon, en huitièmes de finale en 2019 en Égypte et en quart de finale en 2023 en Côte d’Ivoire et cette année au Maroc.
Vendredi 9 janvier au Grand stade de Tanger
Mali-Sénégal : 0-1
But d'Iliman N'Diaye (28è min).
Expulsion d'Yves Bissouma du Mali (45è min +3).
Arbitrage du Sud-Africain Abongile Tom assisté de son compatriote Zakhele Thusi Grandville Siwela et de Lesothan Souru Phatsoane.
Mali : Djigui Diarra, Hamari Traoré, Ousmane Camara, Abdoulaye Diaby, Nathan Gassama, Lassana Coulibaly (Mahamadou Doumbia, 81è min), Yves Bissouma (cap), Aliou Dieng (Gaoussou Diakité, 69è min), Amadou Haïdara (Nene Dorgelès, 55è min), Mamadou Sangaré (Kamory Doumbia, 81è min), Lassine Sinayoko (El Bilal Touré, 81è min)
Sélectionneur : Tom Saintfiet.
Sénégal : Édouard Mendy, Kalidou Koulibaly (cap), Idrissa Gana Gueye, Mouhamadou Habib Mbacké Diarra (Ismaïla Pathé Ciss, 60è min), Sadio Mané, Iliman N'Diaye (Antoine Alpha Mendy, 75è min), Krepin Diatta, Moussa Niakhaté, Mouhamadou Habibou Diallo (Pape Cherif N'Diaye, 75è min), El Hadji Malick Diouf, Pape Alassane Gurye (Lamine Camara, 60è min).
Sélectionneur : Pape Bouna Thiaw.
Envoyés spéciaux
Djènèba BAGAYOKO
Seïbou S. KAMISSOKO
Aliou SISSOKO
Oumar SANKARE
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