La ministre chargée de la Santé dans Mali Kura Taasira 3 : «Un patient bien accueilli est à moitié soigné»

Le Colonel Assa Badiallo Touré a fait un large tour d’horizon des questions, notamment la pyramide sanitaire, l’accueil dans nos établissements de santé, l’Assurance maladie obligatoire (Amo) qui doit migrer vers le Régime d’assurance maladie universelle (Ramu) pour l’amélioration de la couverture sanitaire. Elle a aussi évoqué les États généraux de la santé et le niveau de préparation pour la gestion d’éventuelles inondations, entre autres

Publié lundi 23 juin 2025 à 07:25
La ministre chargée de la Santé dans Mali Kura Taasira 3 : «Un patient bien accueilli est à moitié soigné»

Dans son passage à l’émission Mali Kura Taasira, enregistrée le  jeudi 29 mai au Centre de santé de référence de Kalabancoro, la ministre de la Santé et du Développement social, le Colonel Assa Badiallo Touré, a abordé plusieurs préoccupations de son département, notamment les questions relatives au renforcement du plateau technique des établissements de santé et l’amélioration de la couverture sanitaire.

À ce propos, l’invitée du jour a expliqué que notre pays compte au total 1.751 Centres de santé communautaire  (Cscom) et 165 Centres de santé de référence (Csref). Dans la pyramide sanitaire, a indiqué la cheffe du département en charge de la Santé, le Cscom est le premier contact du malade. C’est dans ces établissements communautaires que doit s’opérer la prise en charge des  pathologies moins compliquées. Mais lorsqu’il y a problème, on réfère au Csref.

 C
’est pourquoi, a expliqué la ministre Assa Badiallo Touré, le Cscom ne doit pas disposer d’ambulance. «Dans notre schéma, les ambulances doivent êtres stationnés dans les Csref et quand il y a des références-évacuations, ceux-ci doivent envoyer des ambulances pour transporter le ou la patient (e) concerné (e)», a-t-elle précisé, avant de rappeler la nécessité d’accomplir de gros efforts de sensibilisation à ce niveau.

L’accueil dans les structures de santé représente un réel casse-tête. Il suffit pour s’en convaincre d’écouter les récriminations de nos compatriotes contre les professionnels de santé. À ce sujet, la ministre a beaucoup insisté sur la sensibilisation de toutes les parties. Elle reste convaincue qu’un patient bien accueilli est à moitié soigné, en tout cas soulagé. Et de requérir aussi plus de compréhension des malades et autres usagers de nos établissements de soins, mais surtout d’éviter de véhiculer des informations non fondées.

Le Colonel Assa Badiallo Touré a exprimé la disponibilité de son département à recevoir les dénonciations avec des preuves et à assumer ses responsabilités. Elle a aussi tenu à rappeler que la prise en charge des urgences est une exigence. «Quand un patient est reçu aux urgences, la prise en charge doit être effective. Si la personne vient sans être accompagnée par un parent, les urgentistes font le travail et la structure prend en charge l’ordonnance qui sera remboursée ensuite par l’État», a-t-elle clarifié. Elle a également invité tous au respect des principes de consultations externes et de soins. Et d’expliquer succinctement que tous les malades sont égaux devant le médecin.

30% POUR LA CONSULTATION- Pour la prise en charge des malades, la ministre a souligné que dans l’Assurance maladie obligatoire (AMO) est un vrai bol d’air dans la prise en charge des pathologies, parce que le patient ne paie que le ticket modérateur, c’est-à-dire 30% pour la consultation. En cas d’hospitalisation, il ne paie que 20%. Le Colonel Assa Badiallo Touré a aussi souligné les multiples efforts consentis par les autorités pour renforcer le plateau technique de nos structures et mettre à la disposition des malades des médecins spécialistes dans de nombreuses structures de santé.

L’axe 4 de la lettre de cadrage du Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta, donnée au Chef de gouvernement en 2024, traite de l’amélioration de la couverture sanitaire sur toute l’étendue du territoire. À ce propos, les États généraux de la santé (EGS) ont prévu un plan d’actions qui s’étale sur 10 ans. L’invitée de Mali kura taasira a promu régulièrement une évaluation  d’étape.

Selon la ministre Assa Badiallo Touré, la croissance démographique enregistrée dans les différentes communes impose des changements non seulement sur le plan des équipements, des infrastructures, mais aussi de renforcer le personnel. À ce propos, elle a demandé plus de compréhension et de tolérance vis-à-vis du personnel soignant. Et d’ajouter que son département œuvrera aussi pour plus de recrutements du personnel soignant.

En parlant d’accessibilité, la ministre chargée de la Santé a révélé que tout Malien peut se soigner dans nos différentes structures surtout avec l’AMO. Et d’ajouter que notre pays est entrain de migrer de ce régime à l’Assurance maladie universelle (Ramu). Ce régime de protection sociale concerne tout le monde et  peut offrir une couverture jusqu’à plus de 90%.

Le Colonel Assa Badiallo Touré a aussi expliqué que le Ramu permettra d’accorder aussi beaucoup plus de gratuités ciblées.  Selon elle, personne ne sera laissée-pour-compte puisque l’Agence nationale d’assistance médicale (ANAM) continuera de s’occuper des indigents reconnus comme tels. Dans le cadre du Régime d’assistance médicale (Ramed), cette agence couvre gratuitement environ 3 millions de personnes. 

Se prononçant sur les difficultés de remboursement des prestations faites dans les structures conventionnées dans le cadre de l’AMO et qui font souvent grincer des dents, Assa Badiallo Touré dira  que celles -ci sont plus souvent liées au processus de remboursement puisque le circuit de paiement est souvent long. Sur le cas de la césarienne et d’autres opérations gratuites, la ministre a été on ne peut plus claire : «C’est l’acte  qui est gratuit et non le processus».

 

PELOTON DE TÊTE- La lutte contre  certaines maladies endémiques comme le paludisme intègre les priorités. La cheffe du département en charge de la Santé a déclaré que notre pays figure dans le peloton de tête avec l’introduction du vaccin antipaludique. Cet antigène, selon elle,  contribuera à l’effort d’éradication de la maladie d’ici  l’horizon 2030. Pour la politique de transfusion sanguine, elle estime que dans notre pays tous les centres de santé ou presque disposent d’une petite banque de sang.


En outre, on a le Centre national de transfusion sanguine  (CNTS) qui répond aux normes requises et dispose de toutes les commodités. Mieux, il va être décentralisé dans toutes les régions. Mais comme on pouvait s’y attendre Assa Badiallo Touré a fait une mise en garde sévère à ceux qui tentent de vendre du sang aux personnes en nécessité de transfusion sanguine. «Le sang est gratuit et ne doit pas être monnayé», a-t-elle dit.


La crise énergétique a été aussi une épine dans le pied de nos structures de santé. Sur la question, la ministre a reconnu que les établissements de soins aussi ont vécu des moments difficiles, avant de se voir doter en installations solaires (en tout cas pour beaucoup d’entre eux). L’initiative se poursuivra toute l’année.

La ministre chargée de la Santé a aussi donné des assurances sur le niveau de préparation à gérer les inondations.  Elle a expliqué que son département est déjà prêt à faire face aux éventuels cas d’inondations. Des vivres ont été déjà pre-positionnés sur toute l’étendue du territoire et il y a même des sites dégagés pour d’éventuels sinistrés.

Dans le cadre du développement social, le Colonel Assa Badiallo Touré a fait savoir que les personnes déplacées internes sont en train d’évoluer, selon elle, vers une autonomisation avec des projets de développement. À en croire la ministre, un programme dénommé : «Village espoir» leur permettra de quitter l’assistanat et de retourner chez elles. Les enfants des militaires tombés sur le champ de l’honneur sont pris en charge sur le plan éducatif et sanitaire puisqu’ils sont considérés comme les pupilles de la nation. Le Président de la Transition a même décidé de construire une maison pour ces pupilles. Dans le cadre du mois de la solidarité, le Général Assimi Goïta les reçoit au palais de Koulouba.

Pour la ministre, son département colle à l’air du temps en termes de digitalisation. «Nous sommes dans la digitalisation depuis longtemps» non seulement en matière de santé, mais aussi de développement social. Le médecin-colonel a rappelé que déjà les conseils de cabinet se tiennent digitalement et sont suivis à partir de l’application zoom par les directeurs régionaux. Le processus permet de suivre aussi les  sinistrés et les déplacés.

Dans les perspectives, il est question d’exécution du plan d’actions des EGS. En matière de développement social, il y aura des assisses qui aboutiront à des recommandations et la validation d’un plan d’actions avec comme invités les pays de la Confédération des États du Sahel (AES). La ministre Assa Badiallo Touré a invité la population à faire confiance à nos hôpitaux et médecins, mais aussi de compréhension à leur égard. Et de féliciter le personnel soignant.

Fatoumata NAPHO

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