La reine Sarraouinia, dont nous avons rappelé la saga, dans notre précédente édition et son peuple ont été victimes de cette vendetta, le 2 mai 1889 dans le village de Birnin Konni, au Niger. Selon les sources, il y aurait eu entre 10. 000 et 15. 000 morts au cours de cette opération.
Avant, les populations mossis ont été littéralement massacrées. Paris, dans la conspiration du silence érigée en politique d’état, n’a rien voulu savoir. Après tout, les officiers n’agissaient-ils pas au nom de la gloire de la France ? Que vaut le massacre des populations d’Afrique si en fin de compte le drapeau tricolore pouvait flotter ? Un siècle après, le dossier garde encore toute son épaisseur tant la charge morale est dure à assumer.
Et pourtant, les faits sont têtus. La première dénonciation de cette barbarie est venue de l’intérieur même de la colonne sanglante avec la lettre écrite par le lieutenant Peteau à sa compagne. L’affaire « Voulet-Chanoine » venait au mauvais moment pour la France. Il y a eu des affaires avant : Fachoda qui a vu la suprématie de l’Angleterre ; l’affaire Dreyfus qui a vu l’injuste condamnation d’un valeureux officier juif.
Jacques-Francis Rolland (journaliste et historien français) qui s’est rendu en 1976 aux archives a eu la surprise de sa carrière. « Tout était là, dans des boîtes en carton bien ficelées : les carnets de route, rédigés d’une belle écriture d’écolier, les rapports, les lettres d’une administration affolée par la crainte du scandale », explique-t-il aujourd’hui avec dépit et incrédulité. Une forfaiture comme il y en eu tant dans la conquête et la « pacification » coloniale. Pourtant, ces funestes faits d’arme sont célébrés à Paris. Voulet y a été brandi comme un héros, le grand officier qui a réussi l’exploit d’avoir rasé, et là totalement, Ouagadougou. Les mêmes avis n’ont pas tari d’éloge sur le lieutenant Chanoine, « l’âme damnée » de Voulet. Les deux compagnons se rejoignaient dans la brutalité.
Le lieutenant Peteau qui conteste cette barbarie est chassé. Voulet le déclare inapte et insubordonné. Peteau a sonné l’alerte en informant sa fiancée. Sa lettre, au départ personnelle, était si précise dans la description des faits, qu’elle finira par être sue par le ministre des Colonies. Les faits sont graves. Le 20 avril 1899, ordre est donné d’arrêter la marche de la « colonne maudite ». Voulet et Chanoine devaient être mis aux arrêts et passer le commandement au colonel Arsène Klobb, alors en garnison à Tombouctou.
Klobb a le temps de constater l’horreur quand il arrive à Lougou, dans le territoire de Sarraounia Mangou. Partout ; il sent « l’odeur de la mort », « les victimes pendent comme des cosses noires aux branches des jujubiers »...
Le 14 juillet, Klobb qui a parcouru près de 2.000 kilomètres, atteint les officiers terribles à Dankori ; non loin de la ville de Zinder, la capitale du Damagaram.
Klobb croit que tous les officiers ont un honneur. Il veut se rapprocher des officiers indélicats. Il porte la tenue blanche des grands jours. Alors qu’il tente de s’avancer, le capitaine Voulet commande l’ouverture du feu. Klobb meurt sur le coup. Son adjoint, le lieutenant Meynier est blessé.
Voilà comment sont tués en Afrique des officiers qui parlent au nom de la France. Les tirailleurs ont fini par comprendre que leurs chefs mènent un combat insensé. Ils tuent Chanoine, le 16 juillet et Voulet le lendemain. La mission est placée sous les ordres des lieutenants Joalland et Meynier. Ils rentrent au Tchad en novembre 1900. Personne ne passera devant un tribunal pour les exactions inouïes de cette bande infernale. Joalland et Meynier avanceront normalement jusqu’à atteindre le grade de général. Et pour parler des forfaits, il s’est trouvé à Paris plusieurs défenseurs pour dire que Voulet et Chanoine étaient atteints de « soudanite aigue » et de « la férocité du soleil africain ».
En réalité, ils ont été victimes de la syphilis contractée du fait de pratiques sexuelles débridées. Cette histoire de la conquête coloniale est terrible. Rien n’a été épargné dès lors qu’il s’agissait de trouver des débouchés pour la puissance colonisatrice. Les temps ont changé mais les mêmes méthodes prévalent. Malgré tout, il se trouve des « intellectuels » pour dire que la colonisation était d’essence humaniste.
Dr Ibrahim MAÏGA
ibrahimmaiga@yahoo.fr
Rédaction Lessor
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