communautaire évoque le sens de cette journée, les défis et le rôle des femmes dans un pays en crise. La détentrice de Maîtrise en sciences économiques revient largement sur ses motifs de satisfaction et les états généraux de la situation de la femme, de l'enfant et de la famille dont le rapport a été remis récemment au Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta
L’Essor : Quelle symbolique incarne, selon vous, le 8 mars ?
Kouyaté Goundo Sissoko: Le 8 mars incarne à la fois la reconnaissance des luttes historiques des femmes et un appel à l’action. Ce n’est pas seulement une célébration, mais un moment d’évaluation, d’engagement et de responsabilité collective. C’est une journée qui rappelle que les droits acquis doivent être consolidés et surtout appliqués.
L’Essor : Est-ce que cette journée internationale de la femme garde encore toute sa valeur pour vous?
Kouyaté Goundo Sissoko: Absolument. Elle garde toute sa valeur, peut-être même davantage aujourd’hui. Dans un contexte de mutations sociales, économiques et sécuritaires, le 8 mars est un repère qui permet de recentrer les priorités sur l’égalité, la justice sociale et la dignité des femmes.
L’Essor : Dans le contexte du Mali, que pouvons-nous retenir comme challenges ou défis auxquels les femmes sont confrontées?
Kouyaté Goundo Sissoko: Au Mali, les défis restent nombreux; à savoir les violences basées sur le genre ; les mariages précoces ; la précarité économique et l’accès limité aux ressources productives ; la sous-représentation dans certaines instances décisionnelles ; l’impact du contexte sécuritaire sur les femmes dans les zones affectées par l’insécurité. Ces défis exigent des réponses structurelles et durables.
L’Essor: En termes d'avancée dans la situation de la femme, avez-vous des motifs de satisfaction ?
Kouyaté Goundo Sissoko: Nous avons des motifs réels de satisfaction, notamment sur le plan juridique et institutionnel. Dans le cadre constitutionnel et légal, il y a la Constitution du Mali qui consacre l’égalité et interdit toute discrimination fondée sur le sexe ; la Loi n°2015-052 qui instaure un quota d’au moins 30 % de femmes dans les fonctions nominatives et électives et le Code pénal du Mali qui renforce la répression des violences basées sur le genre et protège la dignité des femmes. Sur le plan politique et stratégie nationale, l’on retient la Politique nationale genre (PNG) qui promeut l’égalité entre les sexes dans tous les secteurs du développement. à cela s’ajoutent les stratégies nationales de lutte contre les violences basées sur le genre qui établissent des mécanismes de prévention, de protection et de prise en charge des victimes.
Mais aussi l’éveil et l’engagement des organisations féminines. Les associations et mouvements de femmes sont plus structurés, et influents dans le débat public. Elles ne sont plus seulement bénéficiaires de politiques publiques ; elles en sont des actrices et forces de proposition. Ces acquis juridiques et stratégiques, associés à l’engagement des femmes et de leurs organisations, constituent une avancée historique pour le Mali. Le défi reste leur mise en œuvre concrète sur le terrain.
L’Essor : Quelle appréciation faites-vous du récent rapport sur les états généraux de la situation de la femme, de l'enfant et de la famille remis au Président de la Transition ?
Kouyaté Goundo Sissoko : Ce rapport constitue une étape importante. Il offre un diagnostic global et participatif de la situation des femmes, des enfants et des familles. Il traduit une volonté politique d’écouter les préoccupations des citoyens et de proposer des solutions adaptées aux réalités nationales. L’essentiel maintenant est de transformer ces recommandations en actions concrètes, budgétisées et suivies.
L’Essor : Pensez-vous qu'avec la mise en œuvre des recommandations de ce rapport, il y aura un impact positif sur la situation des femmes et des enfants dans notre pays ?
Kouyaté Goundo Sissoko : Si les recommandations sont effectivement appliquées avec rigueur et accompagnées de ressources suffisantes, leur mise en œuvre pourrait améliorer l’accès des femmes et des enfants à la justice, à l’éducation, à la santé et aux opportunités économiques. L’impact dépendra de la coordination entre l’État, les collectivités, la société civile et les partenaires.
L’Essor : En quoi consiste le rôle des femmes dans la stabilisation du pays, la lutte contre le terrorisme et la désinformation ?
Kouyaté Goundo Sissoko : Les femmes jouent un rôle stratégique dans la cohésion sociale. Elles sont au cœur de la cellule familiale et communautaire, contribuant à l’éducation des enfants, à la prévention de la radicalisation et à la transmission des valeurs de paix.
Elles participent également à la médiation communautaire et à la sensibilisation contre les discours extrémistes et la désinformation. Une paix durable ne peut être construite sans leur implication active.
L’Essor : Avez-vous un appel à lancer à l'endroit des femmes maliennes ?
Kouyaté Goundo Sissoko : J’invite les femmes maliennes à renforcer leur solidarité et à investir pleinement les espaces de décision.
Les textes juridiques existent, les principes d’égalité sont reconnus. Il nous appartient désormais de les traduire en réalités concrètes dans notre quotidien. Le 8 mars 2026 nous rappelle que la promotion de la femme ne relève pas uniquement d’une exigence d’équité ou de justice sociale. Elle constitue un levier stratégique pour la stabilité, la paix et le développement durable du Mali.
J’encourage donc toutes les femmes à continuer à se former, à entreprendre, à faire entendre leur voix et à participer activement à la construction d’un Mali stable, juste et prospère. Notre engagement collectif est une force essentielle pour l’avenir de notre nation.
Interview réalisée par
Namory KOUYATE
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