La rencontre était animée par Mme Kada Tandina, journaliste et romancière; Mme Ndeye Tapha TOURE, présidente de la West Africa Journalists Association (WAJA); Mme Yolande BODIONG, journaliste camerounaise et Mme Mariam MH MAIGA, rédactrice en chef adjointe de Studio Tamani. Elle a permis de mettre en lumière les parcours de résilience des femmes journalistes, mais aussi les obstacles qui continuent de freiner leur accès aux postes de responsabilité.
Intervenant sur le thème « Récits de résilience aux leviers d’impact national », la journaliste et romancière malienne Kada Tandina a rappelé le rôle historique des femmes dans la transmission des savoirs et des récits en Afrique. Selon elle, les femmes ont toujours été au cœur de la communication, depuis les communicatrices traditionnelles jusqu’aux journalistes et créatrices de contenus contemporaines.
« Les récits ne changent pas seulement la manière dont les nations se perçoivent. Ils influencent aussi ce qu’elles deviennent », a-t-elle déclaré, estimant que les femmes des médias contribuent à donner une voix aux communautés marginalisées, à documenter les réalités du terrain et à promouvoir des récits favorisant la paix, l’éducation, l’innovation et le leadership féminin.
La présidente de la West Africa Journalists Association (WAJA), Mme Ndeye Tapha Touré, a, pour sa part, retracé l’évolution de la place des femmes dans les médias ouest-africains au cours des trois dernières décennies. Elle a salué les pionnières qui ont ouvert la voie à une nouvelle génération de femmes dirigeantes dans les médias.
Selon elle, les défis actuels dépassent désormais la simple question de l’accès aux postes de responsabilité. Ils concernent également la maîtrise des nouveaux outils technologiques, notamment le journalisme de données, l’investigation sur les ressources naturelles, la couverture des enjeux climatiques et l’intelligence artificielle.
« Nous devons passer de la femme journaliste à la femme stratège de l’information », a-t-elle affirmé, plaidant pour des programmes de formation avancée, le renforcement des mécanismes de protection des femmes journalistes et une meilleure intégration des compétences numériques dans les cursus de formation.
Abordant la question de la représentation des femmes dans les médias, la journaliste camerounaise Yolande Bodiong a estimé que le leadership ne devrait pas être qualifié de féminin ou de masculin.
« Il n’y a pas de leadership féminin ou masculin. Il y a juste le leadership », a-t-elle soutenu, dénonçant la faible visibilité des femmes dans les débats médiatiques et leur sous-représentation dans les sphères décisionnelles.
Elle a également appelé les femmes à davantage de confiance en elles-mêmes et à s’imposer dans les espaces de responsabilité. Selon elle, la compétence, le mentorat et le développement personnel constituent des leviers essentiels pour améliorer leur représentativité au sein des rédactions.
De son côté, la rédactrice en chef adjointe de Studio Tamani, Mariam MH Maïga, a dressé un état des lieux de la présence féminine dans les médias maliens. Elle a souligné le contraste entre le nombre important de femmes dans les écoles de journalisme et leur faible représentation dans les postes de direction des organes de presse.
Mme Maïga a relevé plusieurs facteurs limitant leur progression professionnelle, notamment les contraintes sociales et familiales ainsi que les difficultés à maintenir durablement les femmes dans les métiers de l’information, particulièrement dans les médias communautaires de l’intérieur du pays.
Les intervenantes ont convenu que l’enjeu principal réside désormais dans le passage d’une simple présence des femmes dans les médias à une participation effective aux espaces de décision, d’influence et de gouvernance éditoriale.
Oumar SANKARE
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