Foire agricole et artisanale de Ségou : Entre abondance de produits et rareté de clients

Malgré la variété des produits proposés par les participants, la clientèle n’était pas au rendez-vous. Une situation due certainement à la conjoncture actuelle

Publié mardi 07 février 2023 à 06:59
Foire agricole et artisanale de Ségou : Entre abondance de produits et rareté de clients

Ce participant est venu proposer des habits traditionnels

Du 31 janvier au 5 février s’est tenue au quai des arts, la 19è édition de la Foire agricole et artisanale de Ségou’Art festival sur le Niger. La rencontre a regroupé durant 6 jours, près de 400 artisans et créateurs locaux, répartis dans 199 stands ordinaires et 32 stands VIP.

Depuis 2005, cette Foire permet à un public très large de découvrir le génie créateur de  nos artisans, créateurs locaux, nationaux et étrangers. Aux 4è et 5è jours d’exposition-vente, notre équipe de reportage y a fait un tour, pour s’imprégner de l’ambiance. Pour beaucoup d’exposants que nous avons rencontrés, comparativement à l’année précédente, il y a une grande différence au niveau de la clientèle.

En ce vendredi 3 février, l’horloge affiche 11 heures lorsque nous nous élançons sur le long de la route menant au quai des arts, l’un des sites de Ségou’Art festival sur le Niger. La route est envahie par des étals de commerce. Des espaces libres ont été transformés en parkings pour les engins à deux-roues. L’accès au site de la Foire est conditionné à l’achat d’un ticket qui coûte 200 Fcfa. Chaque visiteur est minutieusement contrôlé par les agents de sécurité.

Assise sur une chaise, Kadiatou Koné vendeuse de pagnes tissés et d’articles pour enfant, ne cache pas son désarroi. «Les affaires ne marchent pas du tout cette année, car la clientèle se fait rare. C’est dû certainement à la situation économique du pays et la cherté de la vie», pense-t-elle. Même son de cloche chez Issa Santara, vendeur de chaussures, de sacs et vêtements pour femme. «Le marché est très lent. La crise y est pour quelque chose. Il y a beaucoup de visiteurs que d’acheteurs», dit-il. Le commerçant invite les organisateurs de la Foire à réduire prochainement  le prix des stands ordinaires qui est de 125.000 Fcfa, car cela a des répercussions sur le prix de vente des produits.

Mme Guindo Aminata Sy vient de Bamako et participe pour la seconde fois à la Foire agricole et artisanale de Ségou. Elle propose des produits agroalimentaires (du piment, du gingembre, du curcuma), des jouets pour enfants et des produits cosmétiques. «Avec la cherté de la vie qui affecte les ménages, je crains de ne pas pouvoir faire des bénéfices. Nous sommes au quatrième jour de la Foire et les ventes ne sont pas encourageantes», a-t-elle témoigné, avant de déplorer la position de son stand. «Là où je suis par exemple les clients viennent rarement. Quand ils font le tour de quelques stands, arrivés à un niveau, ils sont obligés de rebrousser chemin. Cette situation a un impact négatif sur mon chiffre d’affaires», déplore-t-elle.

En l’absence des clients, Mamadou Fodé Kouyaté, vendeur de produits cosmétiques, pianote  sur son téléphone. «Notre clientèle est composée principalement de femmes. Elles viennent le plus souvent dans l’après-midi. Nous proposons des savons et pommades. Les prix varient entre 5.200 Fcfa et 10.000 Fcfa», explique Mamadou Fodé Kouyaté. Quant à Emmanuel Ilboudo, il vient  du Burkina Faso. Ce commerçant est à sa 8è  participation et propose à la clientèle une large gamme de tissus Faso Dan Fani. «L’ensemble 3 pièces Faso Danfani coûte 175.000 Fcfa. Les prix des tuniques simples varient entre 15.000 Fcfa et 25.000 Fcfa. Nous recevons beaucoup de couples qui apprécient nos créations», se réjouit-il.

Après avoir fait le tour des stands, l’élève Adama Sogoba et ses amis décident de prendre quelques photos pour immortaliser l’instant. «Il y a de beaux articles à découvrir comme des tissus traditionnels, des colliers et des jouets. Malheureusement, nous manquons d’argent»,  indique Adama Sogoba. Le groupe d’amis déplore l’instauration du ticket d’entrée alors que cette mesure n’existait pas l’année dernière.

Moussa Coulibaly, représentant de la société Emicom spécialisée en énergie solaire et installations électriques, est du même avis. «Dans ce contexte de morosité économique, l’entrée devrait être gratuite pour les enfants et les jeunes car c’est un lieu d’échanges, de partage, de divertissement  et de découverte. En tant qu’entrepreneur, la Foire nous a permis de promouvoir nos produits auprès du grand public», dit-il.

Mariam Koné, une cliente que nous avons rencontrée, se dit satisfaite. «J’ai pu acheter  quelques vêtements pour mon enfant à 15.000 Fcfa après un long marchandage avec le vendeur. Les prix de certains produits sont élevés tandis que d’autres le sont moins», souligne-t-elle.

Le Ndomo produit plusieurs étoffes comme le Bogolanfini qui est très prisé par nos concitoyens. Vêtu en cotonnade, Issa Diarra, représentant du centre Ndomo souligne que la Foire est un évènement majeur qui figure en bonne place dans l’agenda du centre. «Nous proposons à cette occasion de nouvelles collections aux clients. Le prix des tissus oscille entre 12.000 Fcfa et 11.000 Fcfa. Les organiseurs doivent innover davantage pour que cette manifestation annuelle puisse perdurer», suggère-t-il. Ali Diallo est le gérant du  stand «Togo Tilé».


Une entreprise spécialisée dans la fabrication de matériels de cuisson solaire (cuiseur parabolique solaire, panier thermos, séchoir de fruits et légumes). «Actuellement, les fourneaux dont les prix varient entre 6.000 Fcfa et 7.000 Fcfa marchent le plus», explique-t-il. Ali Diallo salue l’organisation de cette Foire et exhorte les femmes à s’approprier ses outils qui ne produisent aucune émission de CO2 et qui contribuent à la préservation de notre environnement.


Mamadou SY

Amap-Ségou

Rédaction Lessor

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