Festival Clap Ivoire : Le cinéma malien a de solides arguments

«L’Appel de nuit» et «La Calebasse» sont les deux films que présentera notre pays à ce rendez-vous du 7è art dans la catégorie des fictions et celle des documentaires.

Publié vendredi 01 septembre 2023 à 06:06
Festival Clap Ivoire : Le cinéma malien a de solides arguments

Ousmane Samassékou,  auteur de «L’Appel de nuit»  et  Daniel Oron,  auteur de «La Calebasse» 

 

Ces productions de 13 minutes chacune représentent une réelle chance de monter sur la plus haute marche du podium La 23è édition du Festival de court métrage cinématographique de l’Uemoa, appelé Clap aura lieu à Abidjan du 4 au 9 septembre prochains.

Chacun des 8 pays de cet ensemble sous-régional propose un film de fiction et un documentaire. C’est ainsi que le Centre national de la cinématographie du Mali (CNCM) vient de choisir les films : «L’appel de nuit» de Ousmane Samassékou pour la fiction et «La calebasse» de Daniel Oron pour le documentaire. Ces deux productions durent chacune 13 minutes.

Les résultats de cette sélection ont été proclamés, samedi dernier, devant de nombreux postulants. C’est un jury composé de professionnels, notamment Mme Kady Sidibé, présidente de l’Association cinéma numérique ambulant, Boubacar Belco Diallo, auteur, metteur en scène et comédien, Fily Traoré, comédien et metteur en scène, Abdou Ouologuem, artiste plasticien, décorateur et comédien et votre serviteur, qui a délibéré.

Les membres du jury  ont visionné pendant une journée les 17 films présélectionnés, dont 9 films de fiction. Cinq critères ont prévalu dans le départage des films. il s’agit de la qualité du scénario, de l’originalité du thème, du jeu des acteurs, du décor, des costumes et accessoires, de la qualité des images et du son.

Les cinq membres du jury ont été convaincus à l’unanimité par la facture de «L’Appel de nuit», une fiction écrite au deuxième degré et qui agrippe le spectateur dès les premières minutes. Le jeune homme ne veut pas répondre à l’appel de la patrie qui est menacée par des ennemis. Il ne veut pas s’engager dans l’armée pour défendre le pays de ses ancêtres. Son grand père entreprend de le convaincre.

Il lui rappelle les règles de conduite des hommes et des femmes édictée par la Charte de Kurukanfuga et le serment des chasseurs traditionnels du mandé. Car pour le vieux chasseur et ancien combattant qu’est le grand père, s’engager dans l’armée est une tradition dans leur famille. Une thématique inédite dans le cinéma.

Quant à «La calebasse», il met en scène un ustensile de cuisine pour les femmes du Sahel, mais qui a beaucoup d’autres utilités dans notre société traditionnelle. Cet ustensile de cuisine reste indispensable encore de nos jours. Il est donc à la fois un objet traditionnel et moderne et joue un rôle extrêmement important dans les pratiques religieuses, divinatoires et occultes en Afrique.

Dans ce documentaire, tous les aspects de la question concernant la calebasse sont passés au peigne fin de deux grands spécialistes que sont Salia Malé, anthropologue, et Fodé Moussa Sidibé, professeur de littérature comparée et maître «donso». Le jury a pris soin de révéler les trois meilleurs films dans les deux genres cinématographiques.

Ainsi, en fiction, «Les larmes du pagne» de Mamie Keïta a été classé deuxième et «Doudèmèden» de Mamadou M. Diarra a pris la 3è place. Dans la série documentaire, «Manani» de Foulématou N. Sylla et Désiré Ameka qui s’est adjugé la 2è place suivi de «Guerre contre la chicha» d’Aminata Coumba Diallo .

Le jury a relevé la bonne qualité des films en compétition cette année. Cependant, il a aussi recommandé aux structures appropriées de s’engager beaucoup plus dans la formation, de travailler davantage les différents aspects de la production cinématographique, en particulier le scénario. Pour ce qui est des documentaires, le jury conseille aux candidats de faire la différence entre le documentaire et le reportage.

Notre pays est donc bien armé pour défendre sa réputation à ce rendez-vous du 7è art, car nos représentants ont déjà remporté près d’une dizaine de récompenses dont le grand prix Kodjo Ebouclé à plusieurs reprises.

Youssouf DOUMBIA

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