Oumou Sow, handicapée de son état, est à sa première formation en coupe et couture
Au premier étage du siège de l’Association pour le progrès et la défense des droits des femmes (APDF), un bruit assourdissant de machines à coudre accueille le visiteur. Dans ce tintamarre, la journée de ce vendredi 11 novembre semble passer inaperçue.
Dans une salle rectangulaire, plusieurs femmes sont assises devant des machines à coudre. Oumou Sow s’efforce de rejoindre sa machine de coudre. Depuis l’âge de trois ans, elle a perdu l’usage de ses deux jambes à la suite de la poliomyélite. Aujourd’hui, elle est mariée et mère de 4 enfants dont deux filles. Très joviale et prolixe, cette handicapée motrice de 46 ans explique que c’est sa première fois de suivre une formation d’une durée de 4 mois.
Après trois mois de cours, la quadragénaire s’est familiarisée avec la fabrication de savon, la couture et la transformation de produits alimentaires. Selon elle, cet apprentissage va lui permettre d’avoir un métier. « La majorité des femmes vivant avec un handicap, regrette-t-elle, n’a pas la chance de bénéficier de cette opportunité. » Selon Oumou Sow, elles sont condamnées à faire de petits métiers surtout quand elles ne sont pas instruites.
Elle même en était une habituée. «Je tatouais les femmes et vendais vêtements et nourrriture devant notre maison à Sotuba, en Commune I du District de Bamako», rappelle-t-elle. Elle a abandonné ces activités après deux fractures successives des bras dans des accidents de la circulation. «Malgré ces problèmes physiques, je n’ai pas laché parce que je suis une mère de famille», confie-t-elle.
Pour elle, rester à la maison sans activité en ajoute au handicap. Notre interlocutrice invite les autorités à investir davantage dans l’insertion professionnelle des personnes vivant avec un handicap.
Ce message est aussi celui de Nassira Kéita, une albinos de 21 ans qui habite à Kanadjiguila (Commune du Mandé). Elle suit la même formation qu’Oumou Sow. «J’avais peur de chercher un emploi parce que des gens nous veulent du mal pour satisfaire des besoins rituels», explique-t-elle. Avant de souhaiter que le gouvernement multiplie les initiatives pour que les personnes en situation de handicap bénéficient largement d’opportunités professionnelles.
SITUATION PEU RELUISANTE - Pour sa part, Mme Coulibaly Madiè Diarra, une non-voyante de 29 ans et musicienne de formation, se réjouit des récents recrutements de plusieurs de ses camarades dans la fonction publique de l’État. Cependant, elle regrette le fait que la filière musique ne faisait pas partie des spécialités au Concours de recrutement des enseignants à la Fonction publique des collectivités territoriales au titre de 2022.
Mme Coulibaly, qui a terminé ses études en 2018, invite le gouvernement à recruter régulièrement afin de réduire le nombre de chômeurs en situation de handicap.
Dans la bibliothèque de l’école pour les déficients auditifs de l’Hippodrome en Commune I du District de Bamako, Balkissa Maïga, une monitrice déficiente auditive pianote sur son ordinateur portable. À travers une conversation écrite, elle soutient que la situation liée à l’insertion professionnelle des femmes vivant avec un handicap est peu reluisante.
«J’ai fait cinq ans sans emploi ni formation professionnelle», se souvient la quadragénaire. Selon elle, la majorité de ces femmes vit dans la misère à cause du manque de qualification, leur non scolarisation et de l’absence de financement de projets générateurs de revenus.
La pédagogue assure que la disponibilité de fonds pourrait profiter aux déficientes auditives dont la plupart ont participé à des formations sur la coiffure, couture, cuisine solaire, teinture et la gestion d’un projet.
À ce propos, elle demande urgemment l’application effective de la loi n°027 relative aux droits des personnes vivant avec un handicap. L’article 24 du décret d’application de cette loi indique que l’Etat et les Collectivités territoriales appuient les personnes vivant avec un handicap dans la création des entreprises collectives ou individuelles, des coopératives de production et de vente ainsi que des Groupements d’Intérêt économique (GIE).
PROSTITUTION - Pour favoriser l’insertion professionnelle, notre interlocutrice propose d’organiser des voyages d’études et de découvertes pour que les femmes malentendantes s’enrichissent de l’expérience d’autres associations sœurs. L’enseignante estime qu’une femme qui ne travaille pas est exposée au vagabondage, l’escroquerie et la prostitution.
Mme Koné Ami Diakité, chargée de programme à l’APDF, affirme qu’une femme oublie de plus en plus son handicap quand elle arrive à subvenir à ses besoins. «C’est pourquoi, rappelle-t-elle, son association « a initié en collaboration avec l’Onu-femmes, un projet de réinsertion socio-économique destiné notamment aux femmes vivant avec un handicap dans les localités de Ségou, Bla, San et du District de Bamako. »
Mme Koné ajoute qu’une dizaine de filles et femmes handicapées bénéficient de ce projet. « Après la formation, poursuit-elle, les bénéficiaires seront dotées de kits de formation. »
Le chef de division en charge des personnes handicapées à la direction nationale du développement social (DNDS), Mme Coulibaly Fatoumata Dicko, rappelle que le Mali s’est doté de plusieurs mécanismes pour faciliter l’insertion professionnelle des personnes handicapées, notamment les systèmes de financement d’activités génératrices de revenus (AGER).
En 2018, selon Mme Coulibaly, 100 projets sur les AGR appartenant à des femmes handicapées ont été financés. « De 2018 à aujourd’hui, précise-t-elle, une centaine de personnes handicapées dont plusieurs femmes ont été recrutées à la Fonction publique. »
Selon le chef de division en charge des personnes handicapées, sa structure offre des opportunités de stage professionnel à cette couche de la société. «Notre combat consiste à faire en sorte que ces personnes arrivent à être autonomes par rapport à leur déplacement et la mise en œuvre des AGR », confie Mme Coulibaly Fatoumata Dicko.
Le chef de département planification à la Fédération malienne des associations de personnes handicapées (Femaph), Mme Sinaba Fatoumata Camara, précise qu’en 2009, les femmes représentaient 0,6% de la population des personnes vivant avec un handicap.
Pour soutenir ces femmes, elle indique que la Femaph déploie des actions en termes d’appui à l’insertion économique des femmes en situation de handicap, de recherche d’emploi formelle pour les filles en situation de handicap et d’appui à la formation professionnelle et qualifiante des filles en situation de handicap.
Mohamed DIAWARA
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