Exposition : Une lampe traditionnelle pour chasser les ténèbres

La salle polyvalente du Musée national reçoit, depuis vendredi dernier, une exposition exceptionnelle.

Publié vendredi 01 septembre 2023 à 05:58
Exposition : Une lampe traditionnelle pour chasser les ténèbres

C’est celle promise par le jeune plasticien Ibrahim Ballo quand nous l’avions rencontré l’an dernier pour parler de ses créations appelées «Fitinè», une lampe à mèche alimenté avec du beurre de karité. Il a donc intitulé l’ exposition d’installations : «Fitinè, totem de l’obscurité».

En décomposant le mot en bamanan, on obtient «fin» qui signifie l’obscurité, «tènè» le totem. Ces mèches ou morceaux d’étoffe imbibés de beurre de karité, placés dans des minuscules  boîtes constituent des lampes qui représentent pour les bambara un moyen de chasser les ténèbres.

L’artiste explique vouloir rendre hommage à la fois aux tisserands traditionnels et livrer un message sur la fragilité de nos biens de consommation et particulièrement de notre patrimoine culturel, car le Fitinè était la première lampe que nous utilisions après le feu de bois. En effet, il souhaite que «nous rallumions la flamme de l’espoir». Malgré les crises que nous vivons, nous devrions garder foi en l’avenir, selon lui.

Cette œuvre s’inscrit dans un long processus de création entamé par l’artiste depuis 2017, dans le cadre de son mémoire de master au Conservatoire des arts et métiers multimédia Balla Fasséké Kouyaté. Passionné des arts, depuis le bas âge, Ibrahim Ballo, après ses études primaires, intègre l’Institut national des arts (INA) où il décroche un diplôme en arts plastiques en 2012. Ensuite, Il poursuivra  ses études au Conservatoire des arts et métiers multimédia Balla Fasséké Kouyaté d’où il sort avec un master en arts plastiques en 2017.

Ballo est un artiste jouissant d’une notoriété internationale. Il expose en solo, duo et en collectif au Mali, en Afrique et dans le monde. Il est également membre des collectifs de jeunes artistes, réunis au sein de Sanou’art et Tim’arts, tous deux basés à Bamako. Issu d’une famille d’artistes, Ibrahim  Ballo n’a fait que suivre son destin qui l’avait naturellement guidé dans le métier des arts. Un papa musicien-instrumentaliste et une grand-mère chanteuse ont suffi à donner l’amour des arts au jeune Ibrahim qui depuis l’école primaire dessinait pour ses amis contre quelques pièces de monnaie.

L’artiste n’est plus à présenter, car ayant participé à de nombreuses expositions sur le continent et au-delà de la Méditerranée. D’abord, sur le plan national, Ibrahim a participé à l’exposition collective de peinture à la galerie Médina Bamako, organisée par le Collectif Tim’arts en 2015, sans oublier ses 4 participations successives (de 2014 à 2017) au Festival international des arts visuels (Faiva) initié par le Centre soleil du Mali. Un centre culturel qui contribue énormément à la promotion des jeunes artistes. En 2015, Ballo prend part à l’exposition collective d’Angers Jumelage (AAJ) et Amnesty international au 31è Salon des artistes pour la liberté en France (Angers).

En 2016, il participe à une exposition duo à la galerie Tim’arts au Musée du District de Bamako. Fort de ces expositions, Ballo est invité à participer au Festival Murmures au Burkina Faso en 2016, avant de remporter en 2017 le prix des ateliers Sahm en arts visuels lors de la 6è édition du Festival international des arts visuels au Congo Brazzaville en 2017.

Il était également à la biennale de Dakar en 2018 et participa en 2019 à la Villa Soudan de Bamako et à la Villa Yirisuma du Burkina Faso. Il est utile de préciser que ses œuvres ont été exposées à Akka à Paris (France). Il était également dans la sélection officielle de Ségou’Art en 2020 et en 2022. Il a entamé une carrière internationale depuis l’année dernière, parce que sollicité dans de nombreuses expositions aussi bien Afrique qu’en Europe.

Youssouf DOUMBIA

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