Exposition de Bogolan : Tidiane Ndongo nous renvoie au questionnement et au calcul

Le Musée national du Mali accueille l’exposition intitulée : «Ŋ𝒊𝒏𝒊𝒌𝒂𝒍𝒊 𝒂𝒏𝒊 𝒅𝒊𝒂𝒕𝒆» (questionnement et calcul) de l’artiste plasticien malien, Tidiane Ndongo. Le vernissage s’est déroulé jeudi dernier sous la présidence du secrétaire général du ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mahamadou dit Koumbouna Diarra

Publié mercredi 09 avril 2025 à 08:05
Exposition de Bogolan : Tidiane Ndongo nous renvoie au questionnement et au calcul

L’artiste et le secrétaire général du ministère en charge de la Culture, Mahamadou dit Koumbouna Diarra (d)

 

 

 C’était en présence de l’artiste lui-même, du directeur général du Musée national du Mali, Dr Daouda Keita, mais aussi des artistes et autres passionnés d’art africain. Le bogolan est un ensemble de savoir-faire et de savoir-être. Depuis plusieurs années, Tidiane Ndongo se bat pour la préservation du patrimoine culturel malien en général et la promotion du bogolan en particulier. En atteste cette exposition qui présente des œuvres réalisées avec le bogolan à travers une technique de teinture traditionnelle. C’est une sorte de labyrinthe qui cache derrière des signes tout une gamme d’informations, une richesse, une tradition voire une civilisation qu’il importe de sauvegarder et de promouvoir.

Environ une cinquantaine d’œuvres en bogolan de différents formats avec un style particulier de l’artiste qui a permis au public de découvrir une autre facette du bogolan. L’artiste essaie de montrer que le bogolon n’est pas seulement utilisé dans la couture parce que ce tissu sert à plus qu’un simple habillement. À travers ce voyage dans l’univers du Bogolan, l’artiste nous plonge dans la philosophie africaine avec le questionnement et le calcul qui sont, selon lui,  le savoir, l’essence de la vie.


 Tidiane Ndongo est le créateur du style «dogodogoni» qui veut dire labyrinthe. Ce style plutôt visible à travers une vue d’ensemble de ses œuvres, au fil de sa réflexion et dans le regard qu’il pose sur les choses. Les tracés de Tidiane poussent à la réflexion et au questionnement. À travers ces concepts et un style interprétatif, l’artiste entend entraîner son public dans un univers pédagogique, philosophique, cognitif, etc. 

 Selon l’artiste, le questionnement ou «Ŋ𝒊𝒏𝒊𝒌𝒂𝒍𝒊» est un acte fondamental du développement de la pensée et de la personnalité. Il traduit une volonté d’explorer et de comprendre, essentielle dans la construction de l’identité et du savoir. Le questionnement mobilise l’attention et la perception, la mémoire, le raisonnement et la flexibilité cognitive par la capacité de changer de perspectives et d’envisager différentes réponses ou solutions. Le questionnement est lié à la recherche de la vérité. C’est une notion philosophique centrale qui renvoie à l’acte de poser des questions, d’interroger la réalité soi-même. Il est à la fois un processus et une attitude intellectuelle.


Le secrétaire général du département en charge de la Culture a exprimé l’engagement des autorités de la Transition à magnifier cette année dédiée à la culture à travers des activités de promotion des artistes et de leurs œuvres. Cette exposition s’inscrit donc dans le cadre du projet «Culture Mali 2025», initié par le département en charge de la Culture pour la mise en ouvre de la vision du Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta. Celui-ci lors de ses vœux de nouvel An a décrété 2025 comme Année de la culture.

Pour sa part, le directeur général du Musée se dit très satisfait de la qualité des œuvres. «Le Musée n’existe pas sans les artistes, mais il faut des artistes qui en ont la dimension», a laissé entendre Dr Daouda Keita. L’artiste a tenu à remercier tout les partenaires et particulièrement Salia Mallé qui s’est investi pour sa toute première exposition au Musée national.

C’est une partie de mon travail qui est visible, car nous travaillons sur le bogolan depuis une trentaine d’années, a-t-il expliqué. 
Il faut noter que l’artiste a déjà exposé dans beaucoup de pays, notamment en Europe et ailleurs dans le monde. Le natif de Bamako Coura entend poursuivre sa recherche sur le bogolan en vue de dévoiler sa richesse dans le domaine de la santé, l’éducation, la science et l’économie.

Amadou SOW

Lire aussi : La Foire aux disques : Dialogue entre mémoire et modernité

La première édition de la «Foire aux Disques» s’est déroulée du 24 au 27 septembre dernier au Palais de la culture Amadou Hampaté Ba (PCAHB) sous le thème : « La Musique : hier, aujourd’hui et demain »..

Lire aussi : Festival culturel Fêrêba : Le balafon au cœur du patrimoine culturel

La 2è édition du Festival culturel Fêrêba s’est déroulée du 25 au 26 septembre dernier à Kalabancoro sous le thème : «Balafon, patrimoine culturel du Mali, facteur de l’éducation et de la cohésion sociale»..

Lire aussi : Mois du tourisme : Le tourisme comme levier de croissance et de cohésion nationale

Le tourisme interne constitue un secteur stratégique et porteur d’espoir dans le contexte de refondation du Mali. Chaque déplacement à l’intérieur du pays contribue à faire fonctionner toute une chaîne de valeurs impliquant notamment les transporteurs, hôteliers, restaurateurs, commerçan.

Lire aussi : Exposition Photos : Hommage au président Modibo Keita

Les photographies exposées ne racontent pas seulement la vie du Président Modibo Keita. Elles parlent aussi d’un peuple en marche, d’une nation en construction et d’un continent qui cherchait à écrire son destin.

Lire aussi : Productions artistiques et culturelles : Quand l’art devient une force pour se relever

Dans les salles de spectacle, les quartiers, les festivals ou les écoles, les artistes transforment les épreuves du quotidien en messages d’espoir. Face aux crises, la culture s’impose comme un espace de résistance, de dialogue et de reconstruction collective.

Lire aussi : Centre Kandioura Coulibaly : La continuité d’une vision

Parfois, le destin freine l’ambition des hommes. C’est le cas de Kandioura Coulibaly, artiste-compositeur et créateur de mode, qui nourrissait l’ambition de construire l’un des plus grands musées d’Afrique consacrés, à l’accoutrement et aux parures..

Les articles de l'auteur

Centre Kandioura Coulibaly : La continuité d’une vision

Parfois, le destin freine l’ambition des hommes. C’est le cas de Kandioura Coulibaly, artiste-compositeur et créateur de mode, qui nourrissait l’ambition de construire l’un des plus grands musées d’Afrique consacrés, à l’accoutrement et aux parures..

Par Amadou SOW


Publié jeudi 17 septembre 2026 à 16:42

Mine : Cheick Ahamed Théra, meilleur entrepreneur minier

Le PDG de Mali Mining Services (MMS) et de Salmamy Drill a été distingué lors de la 10è édition des Kewalé Pan Africa Awards.

Par Amadou SOW


Publié jeudi 17 septembre 2026 à 08:26

Rencontres africaines de la photographie : Les grands chantiers se dessinent

Le délégué général de la 15è édition et son équipe curatoriale ont fait l’état des lieux des sites retenus. Ils ont aussi échangé avec les responsables de ces structures sur la faisabilité des différents projets et les stratégies de mobilisation du public.

Par Amadou SOW


Publié mardi 15 septembre 2026 à 08:31

Théâtre : Le projet «éclat de plume» pour initier les jeunes

Le projet consiste à former 10 jeunes sur les 4 phases du théâtre; à savoir l’écriture, l’édition, jeux d’acteurs et création plus diffusion.

Par Amadou SOW


Publié mercredi 09 septembre 2026 à 09:15

Théâtre : Côté-cour restitue « les racines d’un même arbre »

C’est dans un décor animé par un grand arbre, implanté au beau milieu de la scène que l’Association culturelle Côté-cour a présenté samedi dernier, dans ses installations, « Les racines d’un même arbre »..

Par Amadou SOW


Publié mardi 01 septembre 2026 à 08:56

Taama Denw : Un pont entre les maliens

La tribune des Maliens du monde est une émission mensuelle de 45 minutes réalisée par notre confrère de la radio Altitude FM à Toulouse, Bakara Diallo. Dans cette production télévisuelle, la parole est donnée aux Maliens établis à l’extérieur.

Par Amadou SOW


Publié mardi 01 septembre 2026 à 08:53

La passion chevillée au corps

On pourrait penser que rien ne prédestinait Seydou Camara à la photographie surtout avec son cursus scolaire, mais c’est s’y méprendre parce que ce natif de Ségou, la 4è région du Mali, avait la passion de la photographie chevillée au corps et depuis sa tendre enfance..

Par Amadou SOW


Publié mercredi 19 août 2026 à 09:01

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner