Exportation du coton : Le chemin mène au port de Conakry

Une trentaine de camions chargés de fibre de coton pour environ 1.000 tonnes a quitté vendredi dernier Kourémalé pour la capitale guinéenne. Toutes les mesures sont prises pour éviter les tracasseries au cours du trajet

Publié mardi 10 mai 2022 à 05:28
Exportation du coton : Le chemin mène au port de Conakry

Le gouvernement malien est résolument décidé à faire du Port autonome de Conakry, concédé à la société de droit truc Albayrak, géré par sa filiale guinéenne Alport Conakry, le principal débouché du Mali sur la mer pour son commerce extérieur. Redynamisée à cet effet suite à l’embargo imposé à notre pays par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), la coopération économique et commerciale entre nos deux Républiques continue de se renforcer.

Une trentaine de camions chargés de fibre de coton pour environ 1.000 tonnes de la production 2021/2022 a quitté vendredi dernier Kourémalé (frontière Mali-Guinée), en transit par le Port de Conakry.


Le top départ de ce premier convoi a été donné par le ministre du Développement rural. Modibo Keïta était accompagné de ses collègues en charge des Infrastructures et des Transports, Mme Dembélé Madina Sissoko, et de l’Industrie et du Commerce, Mahmoud Oud Mohamed. C’était en présence du directeur général du Port autonome de Conakry, Mamadou Biro Diallo, du directeur général adjoint de la Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT), Cheick Oumar Tidiane Doucouré, des responsables des douanes et opérateurs économiques des deux pays.

C’est après la rénovation des magasins et des aires de stockage conformément aux exigences de stockage du coton que ce premier convoi quitte Kourémalé en transit pour le Port de Conakry, a précisé le ministre du Développement rural. Des missions de prospection commerciale de la CMDT avaient séjourné en Guinée de janvier à avril 2022. Objectif : définir tous les contours de cette opération qui doit se dérouler dans les meilleures conditions de transport, de transit, de chargement sur bateaux et d’expédition.

Elle s’inscrit dans le cadre de la matérialisation de la volonté de diversification des voies d’expédition du produit à l’extérieur. «Dans le cadre de la diversification de l’accès à la mer, le Mali a signé avec l’ensemble des pays frontaliers des Accords de coopération en matière de transport et transit maritime.


Aujourd’hui, nous sommes sur le corridor Bamako-Conakry, le corridor le plus proche du Mali (environ 900 km) comparé aux ports que nous fréquentons», a expliqué la ministre des Infrastructures et des Transports. Mme Dembélé Madina Sissoko a exhorté l’ensemble des opérateurs économiques à œuvrer pour la redynamisation de ce corridor qui, selon elle, n’avait reçu un trafic de ce genre depuis plus de 23 ans, c’est-à-dire l’exportation de produit essentiel du Mali qui est l’or blanc.

 

EFFORTS D’INVESTISSEMENTS- Produit essentiel car le coton est le principal produit d’exportation de notre pays après l’or, il reste un espoir sûr pour le Mali au regard du rôle important qu’il joue dans le développement économique, politique, social et culturel du pays, a souligné le ministre Modibo Keïta. Selon lui, sa transformation locale étant encore peu significative, seule son exportation reste pour le moment la solution de sa valorisation. Il importe alors de transcender notre continentalité pour diversifier les voies et moyens de faciliter l’accès de notre coton au marché international», a insisté le ministre Modibo Keïta.

L’exploitation du corridor Conakry-Bamako, jusqu’à une date récente, était restée timide. Elle a commencé à se développer grâce aux efforts d’investissements routiers de la partie guinéenne. Des investisseurs étrangers tel que le turc Albayrak font l’effort de mettre en valeur ce corridor pour diversifier les ports de desserte du Mali et faciliter le transit des marchandises à l’importation et à l’exportation. Toute chose qui justifie l’ouverture à Bamako de la représentation d’Alport Conakry au Mali.

Cet élan s’est vu renforcer suite à la déclaration des autorités de Conakry de ne pas fermer leurs frontières terrestres et aériennes au Mali au lendemain de l’embargo «injuste, illégal et illégitime» imposé au Mali par les chefs d’État de la Cedeao. Cela en raison non seulement des liens historiques qui lient nos deux pays mais aussi et surtout en reconnaissance du fait que notre pays est le seul à n’avoir pas fermé ses frontières aux citoyens de cette République sœur en période de la maladie à virus Ebola.


«Les missions du gouvernement de la République du Mali auprès des autorités guinéennes, sous l’impulsion du président de la Transition, chef de l’État, le colonel Assimi Goïta, ont confirmé l’engagement volontariste de la Guinée à soutenir le Mali dans cette épreuve difficile», a rappelé le chef du département du Développement rural.

 

PÉRENNISER LA COOPÉRATION- Un engagement confirmé par les efforts énormes d’investissements par les autorités portuaires guinéennes. Une manière de convaincre les sceptiques qui évoquaient l’état des infrastructures comme entraves à la pérennisation de cette coopération. Des efforts sont déjà faits dans ce sens, a assuré le directeur général du Port autonome de Conakry. Mamadou Biro Diallo a, en la matière, cité la reconstruction complète de la route Kankan-Conakry, des échangeurs de désengorgement à Kagbelen et Km 36, et la construction de la pénétrante routière de 4,2 km au Port de Conakry avec un parking de stationnement de 1.200 camions dont un espace dédié spécialement aux camions maliens.


Autres acquis, de l’avis du patron du Port de Conakry, la construction des quais supplémentaires et l’aménagement des aires de dépotage pour les marchandises maliennes, la modernisation des installations du terminal à conteneurs du Port de Conakry, l’acquisition des portiques et des grues mobiles permettant d’améliorer la cadence de déchargement des conteneurs à 60 EVP/heure. Pour lutter contre tous les impairs contre les biens et marchandises, le dispositif d’éclairage public et de vidéo surveillance des installations portuaires a été renforcé. S’y ajoutent, selon lui, la mise aux normes de sécurité des magasins dédiés au coton malien et la fonctionnalité du Port de Conakry 24/24 et 7/7.

À cet égard, les autorités maliennes ont demandé aux chauffeurs de camions et autres accompagnateurs du convoi de respecter les lois et réglementations du pays d’accueil pour préserver la bonne image du Malien et les bonnes relations exemplaires qui ont toujours existé entre nos deux États. Interrogé à la fin de la cérémonie, le directeur général adjoint des douanes du Mali, Ahmed Ag Boya, a assuré que toutes les mesures sont prises pour éviter les tracasseries au cours de cette opération.

Babba COULIBALY

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