On peut se permettre de dire que la vie de Tiébilé Dramé aura été marquée par des combats. Dans les années 70, le natif de Nioro du Sahel s’est fait remarquer dans la lutte pour les meilleures conditions des élèves et étudiants du Mali. Un combat qu’il a mené avec Abdoul Karim Camara dit Cabral et tant d’autres. Tiébilé Dramé a ensuite marqué l’histoire politique du Mali notamment à travers son implication et le rôle majeur qu’il a joué dans le combat pour l’avènement du multipartisme dans notre pays. Une lutte de longue haleine qui a abouti à la chute du régime militaire de feu le Général Moussa Traoré qui a dirigé le pays d’une main de fer pendant 23 ans.
Homme politique pétri d’expérience, le président de l’ex-Parti pour la renaissance nationale (Parena), était un grand commis de l’État connu pour son franc-parler et son courage politique, armé d’un bagage intellectuel remarquable. Ces atouts lui ont permis durant sa riche carrière, d’occuper d’importantes responsabilités politiques et administratives sur le plan national et international.
Tiébilé Dramé a étudié à l’École normale supérieure (Ensup) de Bamako, puis à l’Université de Paris I où il obtient un Diplôme d’études approfondies (DEA) en histoire de l’Afrique.
Entre 1977 et 1980, il était le secrétaire général de l’Association des élèves et étudiants de l’Ensup et de l’Union nationale des élèves et étudiants du Mali (Uneem). Après une période de délicatesse avec le régime militaire sous Moussa Traoré, le natif de Nioro du Sahel s’exile en France et en Angleterre en 1981 pour dix années consécutives. Il a travaillé pendant plusieurs années au secrétariat international d’Amnesty International à Londres. De retour au pays, il participe à l’avènement de la démocratique au sein du Congrès national d’initiative démocratique (CNID). Il a aussi fondé le journal Le Républicain en 1992.
Entre 1991 et 1992, il est nommé pour la première fois, ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement de la Transition sous l’ancien Président feu le Général Amadou Toumani Touré. En 1996, Tiébilé Dramé sera nommé par l’ancien Président de la République Alpha Oumar Konaré, ministre des Zones arides et semi-arides dans le gouvernement du Premier ministre Ibrahim Boubacar Keïta.
En 2013, le Président de la Transition d’alors, Dioncounda Traoré l’a désigné négociateur principal dans les accords entre le gouvernement et des groupes touareg signés le 18 juin de la même année à Ouagadougou au Burkina Faso. Des accords ayant permis la tenue de l’élection présidentielle remportée par Ibrahim Boubacar Keïta dit IBK.
Devenu un fervent opposant au régime d’IBK, Tiébilé Dramé a renoncé à être candidat à la présidentielle de 2018 pour soutenir la candidature de Soumaïla Cissé et en devient son directeur de campagne. Cependant après la réélection du Président IBK, Tiébilé Dramé a fait son entré dans le gouvernement Boubou Cissé, comme ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale à la suite d’un accord appelé «Accord politique de gouvernance» signé le 2 mai 2019 à la Primature. Quelques mois plus tard le régime du Président Ibrahim Boubacar Keïta n’a pu résisté à un soulèvement populaire qui a été parachevé par un groupe d’officiers de l’Armée avec à sa tête le Colonel Assimi Goïta.
Sur le plan international, Tiébilé Dramé a été consultant des Nations unies pour préparer une opération d’observation des droits de l’Homme au Burundi en 1995. Élu député à l’Assemblée nationale en 1997, il fut, à ce titre membre du Comité interparlementaire de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) qu’il a présidé de 2001 à 2002. En outre, il a dirigé le Comité d’organisation du sommet Afrique-France qui s’est tenu à Bamako en décembre 2005.
Aboubacar TRAORE
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