Cour d’assises de Bamako : La mort pour le vigile assassin

À la suite d’une altercation, le jeune homme a poignardé son vis-à-vis qui a succombé à ses blessures. Devant les juges, il ne parviendra pas à donner le moindre mobile de son acte

Publié mardi 18 octobre 2022 à 05:49
Cour d’assises de Bamako : La mort pour le vigile assassin

La peine de mort. C’est la décision finale des jurés, infligée à Bakary Goïta à l’issue de sa comparution à la cour d’assises pour assassinat, un acte criminel prévu et puni par les dispositions des articles 199 alinéas 1, 2 et 3 et 200 alinéa 1 du Code pénal. Âgé d’une vingtaine d’années environ, ce gardien de profession a tout simplement assassiné son collègue Aboubacar Théréta. Cela s’est passé courant 2019 à Darsalam, un quartier du centre ville en Commune III du District de Bamako.


C’était dans nuit du dimanche 15 au lundi 16 décembre 2019. Cette nuit là, Bakary Goïta, gardien dans un garage de réparation auto dans le quartier cité, a sollicité Ousmane Traoré, également vigile d’un autre local. à celui-ci, Goïta propose de veiller sur son lieu de travail avant qu’il ne revienne d’une course personnelle. Ousmane ne voit pas de problème en cela. Ainsi il devait veiller sur les deux endroits au même moment. Le temps passe jusqu’à ce que B. Goïta revienne de sa commission pour reprendre sa place dans son garage. En revenant il était accompagné d’Aboubacar Théréta. Nous ne saurons pas ce qui a pu se passer entre les deux individus. Cependant, il est établi qu’à un moment donné, une dispute a éclaté entre eux. 


Entre temps, Ousmane Traoré a quitté les lieux pour se rendre dans une boutique située non loin pour assister à une émission télévisée. Chemin faisant, il aurait aperçu Bakary Goïta porter des coups de couteau à Aboubacar. Au lieu de retourner sur ses pas  pour en savoir davantage et s’interposer au besoin, il a continué sa route. Peu de temps après, il a été rapidement rejoint par B. Goïta qui l‘informa qu’il venait de poignarder à mort Aboubacar. L’assassin en a profité pour menacer Ousmane de lui faire subir le même sort si jamais ce dernier s’hasardait à dire quoi que ce soit à qui que ce soit de ce qui venait de se passer dans le garage. 

Sali par son co-accusé

Très choqué, Ousmane Traoré qui a pris ces menaces au sérieux a regagné son lieu de travail sans piper mot à qui que ce soit comme cela lui avait  clairement été dit par l’assassin de Théréta. Mais il n’a pu se retenir. Dès le lendemain, il a tout simplement expliqué à son employeur ce qui s’est passé la veille. Son patron a saisi le commissariat de police du 2e arrondissement de Bamako. Une enquête a été ouverte et par la suite, les deux vigiles ont été interpellés, poursuivis et inculpés devant un magistrat instructeur pour assassinat et complicité d’assassinat.

Il a été établi que Ousmane Traoré avait été « sali » par son coaccusé Goïta qui l’accusait d’avoir pris part à l’assassinat dont il est le seul auteur. Cela a été confirmé à l’instruction de son dossier. Devant le magistrat instructeur,  celui-ci a catégoriquement réfuté ce chef d’infraction. Durant toute la procédure il a soutenu un seul langage : sa non participation dans les faits. Les magistrats ont pu établir qu’il n’a même pas facilité le déroulé de cette histoire d’assassinat. Bien au contraire.


Malgré les menaces de mort proférées en son encontre par Goïta, il ne s’en est pas privé de le dénoncer à son employeur, en incitant ce dernier à en informer la police. Mieux, au cours de la confrontation des deux inculpés devant le magistrat instructeur, Bakary Goïta a reconnu avoir menti sur son co-inculpé Ousmane Traoré en l’incriminant à tort d’avoir participé à l’acte criminel dont il est le seul auteur. Partant de tout ce qui précède, Ousmane Traoré a été libéré par le juge instructeur.

Légitime défense

Quant au principal suspect, Bakary Goïta, tant à l’enquête préliminaire qu’à l’information, il a reconnu sans ambages les faits qui lui sont reprochés. Pour se justifier, il explique tantôt, avoir agi en complicité avec Ousmane, que c’était en représailles au vol d’argent que la victime aurait commis à son préjudice et du viol de l’épouse de Ousmane. Tantôt, le mise en cause soutient que le défunt voulait lui extorquer de l’argent et qu’une altercation s’en est suivie au cours de laquelle, il a esquivé l’attaque de celui-ci en lui retirant son propre couteau avant de le poignarder avec le même couteau en riposte.


Pour l’acte d'accusation, la versatilité des propos de l’inculpé Bakary Goïta, démontre à suffisance sa malveillance, le dessein formel préalablement établi, de celui-ci à commettre le meurtre sur la personne d’Aboubacar. Pis, du dossier, il est constant que le défunt a succombé des suites de graves blessures occasionnées par les coups de poignard donnés par l’inculpé Bakary Goïta. À la barre, celui-ci n’a pas varié dans ses déclarations préliminaires.


Mais, il a nié les circonstances des faits tels qu’ils ressortent dans l’arrêt de renvoi. Il s’est défendu en expliquant qu’il a agi en légitime défense. Comme c’est généralement le cas dans ces genres d’affaires, l’accusé a préféré charger le défunt de l’avoir attaqué en premier. Selon lui, c’est la victime qui est allée lui trouver à son poste pour lui demander de l’argent, face à son refus, cette dernière a essayé de le poignarder. Ayant aussi en possession un couteau, après avoir dévié le coup de poignard de la victime, il s’est défendu ensuite le poignardant à son tour. Le juge qui n’était pas convaincu lui a rafraichi la mémoire avec les déclarations du témoin à l’enquête préliminaire.

« Dis-nous pourquoi et comment tu l’as fait », demande un des conseillers de la cour ? Sommé de dire la vérité, Bakary tenait des propos incohérents. Mieux le jeune homme dans sa tentative, n’a cessé de mener en bateau la Cour. Bref, l’accusé a reconnu les faits sans pouvoir donner le mobile du crime et encore moins éclairer les juges là-dessus. Qu’à cela ne tienne, la Cour était convaincue qu’il y a eu une histoire ayant mal tourné pour qu’il pense à se débarrasser de son vis-à-vis. Auparavant l’accusé d’un air hautain n’a fait montre d’aucun remord. Toute chose qui n’est pas passée inaperçue pour la Cour.


Le ministère public dans sa réquisition, a rafraichi les esprits en revenant clairement sur les faits tels qu’ils ressortent de l’acte d’accusation. Selon lui, l’essentiel était que l’accusé reconnaisse les faits. Le parquet a signalé que Bakary Goïta a reconnu à la barre avoir assassiné Aboubacar Théréta. Il a demandé à la cour de le retenir  dans les liens de culpabilité. Pour sa part, la défense a plaidé coupable et a demandé la clémence de la cour car, dit-elle, son client est un délinquant primaire. En réponse aux questions résultant des débats, l’accusé a été reconnu coupable des faits sans le bénéfice de circonstances atténuantes. Il a écopé de la peine ci-dessus citée.

Yaya DIAKITÉ





…PUREMENT ET SIMPLEMENT ACQUITTÉ

Peu de temps après, le ministère public a fait comparaître Drissa Niambélé pour son implication dans une histoire d’attentat à la pudeur sur la personne de F Diallo, une mineure âgée de 14 ans au moment des faits. Une infraction prévue et punie par les dispositions des articles 225 alinéas 1, 2 et 226 alinéas 1, 3 du code pénal. Les faits se sont passés dans un des secteurs du quartier périphérique de Sénou.

Des faits, il ressort que la demoiselle F Diallo résidant dans ledit quartier avec sa mère a noué depuis un certain temps, une relation intime avec Drissa Niambélé, âgé de la vingtaine d’années. Tous les deux vivaient dans une même cour commune. à l’époque des faits, suite à leur lien contesté par sa mère, la fillette préféra faire la fugue à trois reprises. Et la plupart du temps, c’était pour disparaître durant plusieurs jours pour vivre en concubinage avec son jeune homme qui l’amenait dans une autre concession que sa résidence habituelle pour mieux la cacher de ses parents.     

Les choses ont évolué ainsi jusqu’à février-mars 2020, où la jeune fille a remis le couvercle durant près d’un mois sans que sa pauvre mère ne parvienne à la localiser. Inquiète, elle a porté plainte à la Brigade territoriale de la gendarmerie de Sénou contre Drissa Niambélé qu’elle soupçonnait fortement. à la suite d’une enquête, le jeune homme convoqué pour la circonstance a accompagné aussitôt la fillette chez un voisin qui l’a ramenée à domicile. Le garçon a ainsi été interpellé, poursuivi et inculpé devant le magistrat instructeur pour « enlèvement de personne ».

Lors de sa comparution à la barre, le jeune homme a tout simplement nié les faits. Les débats n’ont également pas permis d’assoir sa culpabilité. Faute de preuves, il a été reconnu non coupable. C’est ainsi que les juges dans leur délibération l’ont purement et simplement

acquitté.

Tamba CAMARA

Rédaction Lessor

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