#Mali : Conte et théâtre : Des jeunes formés

C’est par un beau spectacle offert au public du Centre Togola de Salibalibougou que les 10 jeunes filles du Centre culturel «N'ga bolo hen» d’Amaïchata Salamanta, alias la conteuse du fleuve, ont conclu leur formation en conte théâtralisé et dans la maîtrise du violon traditionnel, appelé «sokou».

Publié vendredi 22 décembre 2023 à 07:39
#Mali : Conte et théâtre : Des jeunes formés

L’actrice principale Mafily Sidibé reçoit son diplôme des mains d’Amadou Salif Guindo

 

En effet, les élèves de plusieurs lycées de ce quartier s’étaient donnés rendez-vous, vendredi après-midi, pour être témoins oculaires de ce spectacle original. La formation de trois mois a permis à ces jeunes de se familiariser avec le conte, le théâtre et bien-sûr l’instrument de musique en question. La conteuse du fleuve a collaboré dans ce projet de formation avec Adama Traoré de Act Sept, Karim Togola, un chorégraphe bien connu de chez nous, et Sidi Koumaré, un joueur de «sokou» à Ségou.

Elle est partie de l’idée que dans le Nord du Mali, ce sont les femmes qui jouent cet instrument le soir pour apaiser leurs époux. Pour contribuer à la paix et à la réconciliation, l’initiatrice a mis en scène l’un de ses propres contes qui raconte l’odyssée d’un homme qui voulait se battre contre sa belle-famille. Sa femme lui raconte au son du «sokou», l’histoire d’une princesse, amputée de la main par son mari pour avoir offert son chapeau en or à un mendiant.

Après le divorce, la fille du roi convole en secondes noces. Son ex-époux appauvri, vient quémander un jour chez son ex-femme, qui avait entre temps retrouvé l’usage de sa main. Quand le mendiant découvrit qu’il se trouve en présence de son ancienne épouse, il fondit en larmes.

La morale de l’histoire, c’est que la méchanceté mène toujours son auteur à sa perte. Il faut donc éviter de prendre des décisions sous le coup de la colère. La promotrice nous indique que cette pièce de conte théâtralisé a bénéficié d’un accueil chaleureux dans des camps de réfugiés et dans certains lycées de Bamako. Elle compte aussi poursuivre la diffusion de l’œuvre à travers d’autres établissements scolaires.

Le représentant du ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Amadou Salif Guindo, a exprimé toute la satisfaction de son département de voir de telles initiatives de formation et de créativité.

Depuis 2018, l’Association a entrepris de prendre en charge des enfants déscolarisés et défavorisés, en leur permettant d’avoir un espace d’expression en vue de promouvoir leur talent à travers des ateliers de conte, chant, théâtre, marionnette, instruments de musique traditionnels, bogolan, etc.

En juin 2021, le projet «N’ziri ni kalan so» a organisé un atelier pour initier 50 jeunes déscolarisés au conte et aux instruments de musique traditionnels sur financement du Programme de développement culturel de l’ambassade d’Allemagne appelé : «GIZ, Donko ni Maaya». La phase II de ce Projet qui a démarré en 2023, appelé "Moussow Kan" ou la voix des femmes été l’occasion d’un autre atelier de formation en conte et sur les instruments de musique traditionnels de 10 meilleurs jeunes. Une phase très importante qui a bénéficié de l'appui financier de la Coopération Suisse au Mali.

L’Association, à travers ses différentes activités, forme femmes et enfants déplacés dans le domaine de l’art et de la culture. En plus du conte, théâtre, marionnette et instruments traditionnels, ces derniers reçoivent une formation en teinture du bogolan et la confection des objets artisanaux comme les chemises, nappes de table, sacs à main et autres objets utilitaires.

Ces différentes sessions de formation permettent de contribuer au développement socio-économique et culturel des jeunes et des femmes déplacées. Elles les aident à s’épanouir, grâce à l’art et à faire de la culture leur métier, insiste Amaïchata Salamanta.

Youssouf DOUMBIA

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