Un technicien de la Maison africaine de la photographie (Map) en train d’expliquer le processus de numérisation d’une photo
La
célébration de la Journée mondiale de la photographie, le 19 août dernier, met
en lumière cette situation qui mérite d’être corrigée. On connait l’importance
des archives photographiques. On admet aussi volontiers la nécessité et
l’urgence d’une bonne conservation de ce patrimoine.
Mais, on a du mal à
comprendre les explications sur le manque de ressources financières à consacrer
à la conservation des archives photographiques. Celles-ci permettent
d’immortaliser l’Histoire d’un peuple, d’un pays, l’environnement, les rites et
traditions et autres pratiques culturelles. Malheureusement, le défi de la
conservation se pose à tous plus ou moins.
L’Agence
malienne de presse et de publicité (Amap), par exemple, dispose d’un important
fonds photographique au point de passer pour la mémoire du pays. La section
photo de la structure héberge une centaine de casiers contenant des clichés ou
négatifs.
Chaque casier contient plus de 600 images analogiques dont certaines
datent d’avant l’accession de notre pays à la souveraineté nationale. L’Amap
conserve les images sur la vie politique, sociale et culturelle du Mali de la
période coloniale à la 4è République.
Bounama
Magassa, photoreporter à l’Amap, explique qu’actuellement les photos issues des
reportages réalisés par le Quotidien national sont collectées, conservées sur
des disques d’ordinateurs. Cette méthode d’archivage comporte des risques,
dit-il, évoquant l’amère expérience vécue à ce sujet. « En 2002, nous
avions commencé la numérisation des clichés, en scannant des milliers de photos
pendant près de deux ans.
Malheureusement, ce travail de titan est tombé à
l’eau un jour parce que le disque dur sur lequel étaient stockées ces images
numérisées était inutilisable », déplore le technicien qui en parle avec une
pointe d’amertume et recommande la mise à disposition d’un serveur de stockage
de données d’une grande capacité.
Le
président de l’Association Djaw partage les préoccupations exprimées par le
photoreporter de l’Amap. Bakary Emmanuel Daou pense, par ailleurs, que des
disques durs d’une grande capacité de stockage peuvent faire l’affaire pour
certains. Cela exige, selon lui, un savoir-faire dans la manipulation,
puisqu’une fois que le disque dur tombe par terre, il peut être endommagé et le
contenu peut se volatiliser.
Il dit clairement partager ses images entre
différents supports de stockage. Et le photographe d’insister sur la nécessité
de s’équiper dans le métier. Celui qui a intégré la photographie depuis 1984
détient des milliers d’archives en argentique, c’est-à-dire sur pellicule, des
clichés et des fichiers numériques conservés dans des disques durs. «De temps
en temps, je les dépoussière et les regarde. J’en sélectionne quelques-unes
pour des expositions sur des thématiques précises», confie-t-il, avant
d’exhorter la jeune génération à faire des photographies d’exposition.
Le promoteur de « Nature Photo » suggère à ses cadets de faire une sélection préalable des photos à tirer et les mettre sur une clef USB pour protéger la carte mémoire des virus lors de son usage dans un laboratoire. Bakary Emmanuel Daou relève que notre pays a son mot à dire dans le monde de la photographie parce que Bamako est devenu la capitale de la photographie africaine. L’opérateur photographique recommande la multiplication des master class pour aider les photographes, en termes de production.
27.000
IMAGES NUMÉRISÉES ET CONSERVÉES- Pour sa part, le directeur artistique de
« Yamarou Photo » déplore une insuffisance de disques durs externes
pour la sauvegarde de ses archives. Mais, dit Seydou Camara, son association
envisage d’employer d’autres moyens plus efficaces. «J’ai suivi au Musée de Bal
en Suisse une formation en archivage numérique.
Nous sommes en contact avec un
grand musée au Pays-Bas pour former nos membres à la restauration des anciennes
photos», explique-t-il. À la Maison africaine de la photographie (Map), on ne
badine pas avec la conservation des ressources photographiques. La structure,
créée en 2004, a numérisé et conserve plus de 27.000 images sur des disques
durs. Des clichés datent de la période coloniale à 1998.
Le directeur général
de l’établissement, Tidiane Sangaré, reconnaît que la problématique de
conservation ou de numérisation des archives est plus accrue chez les
détenteurs privés de photographies. Mais les structures publiques connaissent
aussi ce casse-tête. Le premier responsable de la Map affirme que ce phénomène
entraine la dégradation progressive des archives (clichés/négatifs, tirages,
diapositives, etc.), la disparition totale d’une partie de la mémoire visuelle
du pays.
Tidiane
Sangaré estime que la conservation des photos permet au pays d’être le propre
acteur de l’écriture de son histoire et de la perpétuation de sa culture. Selon
lui, les causes de ces contraintes sont liées à l’absence de formation des
acteurs sur la conservation des archives photos, le manque de logistique et de
dispositifs adéquats pour la conservation. Et de préciser que la grande
chaleur, l’humidité, la poussière, les termites, les rats et la lumière sont,
entre autres, facteurs qui nuisent à la conservation.
Le patron de la Map déplore aussi le manque d’intérêt pour les archives de ceux qui exercent accidentellement la profession de photographe.
En
2019, a-t-il rappelé, les agents de la Map ont participé à un atelier sur «les
techniques d’archivage, de numérisation et de gestion électronique de fonds
photographiques». Cela à travers le projet : «Archive of malian
photography la photographie malienne».
La
structure, en partenariat avec l’Université de Michigan aux États-Unis, a permis
de nettoyer, numériser et rendre globalement accessible plus de 100.000
négatifs des photographes célèbres comme Malick Sidibé, Abdrahamane Sakaly,
Mamadou Cissé, Adama Kouyaté et Tidiani Sitou.
Tidiane
Sangaré signale que sa structure peut apporter un appui technique direct à des
détenteurs d’archives publics ou privés qui souhaitent une assistance en
matière de conservation et de gestion de leurs archives. «Ce projet a permis de
constituer des galeries au niveau de ces familles», se réjouit-il, avant
d’annoncer que sa structure a signé un partenariat avec l’Amap sur la
numérisation et l’organisation d’exposition.
Le directeur de la Map propose d’appuyer la conservation des photographies à travers des appels à manifestation d’intérêt pour la conservation et la gestion des archives photos, y compris l’acquisition d’équipements de conservation, notamment les scanners de négatifs et de diapositives, de serveurs de grande capacité pour le stockage des images, les papiers non acides pour la conservation des archives physiques.
Mohamed DIAWARA
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