C’est un artiste de renommée internationale que notre pays vient de perdre en la personne d’Amahiguéré Dolo. Il est décédé à Ségou dans la nuit de samedi à dimanche dernier des suites d’une longue maladie.
Ce plasticien hors pair était surtout connu pour ses sculptures en bois, précisément sur les racines d’arbres. On pouvait en dénombrer des centaines dans son atelier de travail dans la Cité des Balanzans. Le visiteur en ressortait tout impressionné par l’originalité de ses créations. L’artiste plasticien s’est aussi intéressé à la céramique tout comme à la peinture. Il a exposé plusieurs dizaines de fois au Mali, en Côte d’Ivoire, au Sénégal, en France, en Espagne et aux états-Unis d’Amérique (USA).
Après ses études à l’Institut national des arts (INA) (1976-1980), Amahiguéré Dolo officiera pendant 10 ans à la direction régionale de la jeunesse, des sports, des arts et de la culture de Gao. Après une rencontre décisive avec un peintre catalan, il quitte la Fonction publique pour se consacrer pleinement à son art. En tant que sculpteur, il a transgressé les principes familiaux qui le prédestinaient à devenir agriculteur comme son père et s’est donné la liberté de «réinventer» les choses. Il s’écartera de la statuaire traditionnelle façonnée par les forgerons en créant des formes personnelles.
Les œuvres d’Amahiguéré Dolo, réalisées à partir de troncs et racines d’arbres morts ou secs, jamais d’arbres vivants, n’ont pas de fonction rituelle mais sont profondément inspirées par l’univers dogon dont elles restituent la manière de penser et de concevoir le monde. Conscient que ses sculptures, détournées de leur aspect rituel, sont tournées vers l’Occident, le grand artiste voulait apporter le témoignage vivant d’une culture peut-être appelée à disparaître. «La sculpture respecte la forme que Dieu lui a donnée, la forme originelle. Le travail ne doit pas blesser la Création», aimait-il répéter.
La thématique de la femme est récurrente dans les céramiques de Dolo. Un hommage sans doute à nos mères, épouses et sœurs qui évoluent traditionnellement dans cet art du potier. La représentation de la femme devient un prétexte pour jouer avec les formes arrondies. Il en avait une conception philosophique et disait : «Le rond est le début de toute chose. Tout sort du rond».
Amahiguéré Dolo a commencé à s’investir dans la peinture à partir de 2012.
Sur un support de papier récupéré (sac de ciment ou de farine) il réalise ses peintures avec des pigments exclusivement naturels : kaolin, suie, indigo, minéraux… Même s’il change de support, son inspiration reste marquée par son travail de sculpteur et de dessinateur.
Souleymane Ouologuem, artiste plasticien et promoteur de l’ONG «Anw Ko Art», a été commissaire d’exposition de Dolo au Mali, en Afrique et dans d’autres continents. Pour lui, Dolo était un vrai artiste, un grand travailleur et courageux, un homme humble et très honnête. «Dolo était très réservé. L’humain et le travail sont plus importants que le matériel. Il était très proche de la jeunesse et encourageait toujours les uns et les autres. La mort de Dolo est une grande perte pour moi», a témoigné Souleymane Ouologuem.
Mariam Modeste Niaré, titulaire d’une licence en art numérique du Conservatoire des arts et métiers multimédia Balla Fasséké Kouyaté (CAM-BFK), a effectué une résidence de création chez Dolo à travers un programme d’accompagnement de la Fondation Festival sur le Niger. La jeune photographe était effondrée en apprenant la nouvelle du décès du «maître». «En deux semaines, il m’a appris ce que j’ai étudié au Conservatoire pendant 3 longues années. Dolo m’a appris à avoir confiance en moi», a-t-elle expliqué. Pour Mariam Modeste Niaré, l’artiste Dolo était très attaché à son village d’origine : Sanga Gogoli (dans le pays Dogon). Son élève promet d’y aller pour une résidence de création en hommage à ce génie qui s’est éteint.
Youssouf DOUMBIA
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