À l’heure du Mali : Pour la souveraineté minière, la SOREM frappe fort

Le 8 octobre, alors que nos compatriotes se relevaient de quelques jours de pénurie de carburant dans la capitale et dans d’autres régions du pays, l’histoire économique du Mali écrivait une bien belle page dans l’élan de souveraineté amorcé par les plus hautes autorités.

Publié vendredi 10 octobre 2025 à 11:47
À l’heure du Mali : Pour la souveraineté minière, la SOREM frappe fort

Il peut manquer du super ou du gasoil pour un temps, mais pas pour longtemps, car le Mali dispose de ressorts solides qui lui permettent aujourd’hui de tenir face à toutes sortes d’adversité. L’un de ces ressorts est bien la Société de Recherche et d’Exploitation des Ressources Minérales du Mali (SOREM), une jeune louve aux dents déjà longues. Née en 2022 de la volonté des autorités de la Transition d’asseoir une pleine maîtrise de l’État sur les ressources minérales du pays, dans le sillage du nouveau code minier et de son contenu local, la SOREM semble avoir achevé sa mise en place institutionnelle et se montre désormais armée pour entrer dans le vif de sa raison d’être.

Ce 8 octobre 2025 restera gravé dans ses annales comme le jour où la jeune société a fait sa première grosse capture. Il s’agit de la signature d’une convention avec la société américaine Flagship pour la reprise des activités de production de la mine d’or de Morila, ce fleuron industriel qui a marqué la production aurifère au Mali. Les ministres Alousseni Sanou (Finances) et Amadou Keita (Mines), ainsi que le Directeur général de la SOREM, Tiégoum Traoré, ne pouvaient mieux faire que d’être à la fois artisans et témoins de cet instant fort.

La société Flagship acquiert ainsi des parts dans le capital de la Société Morila SA. On peut d’ores et déjà imaginer le bonheur des populations riveraines de la mine, notamment celles de la commune de Sanso, cercle de Koumantou (région de Bougouni). La reprise en main du secteur minier par l’État, selon la vision du Président Assimi Goïta, trouve ici une matérialisation qui ouvre de nouvelles perspectives.

C’est aussi une suite logique des actes posés par le Gouvernement dans ce domaine, puisque la signature entre la SOREM et Flagship fait suite à l’annonce officielle de la reprise de Morila SA par l’État, faite en Conseil des ministres le 5 juin dernier. Par cet acte, les actionnaires sortants cédaient à l’État 80 % du capital pour la somme symbolique d’un dollar américain.

Fondée en 2000, Morila SA exploitait une mine reconnue comme l’un des plus grands gisements aurifères du pays. Plus de 7,5 millions d’onces d’or y ont déjà été extraites depuis sa création, et les réserves actuelles sont estimées entre 2,4 et 2,5 millions d’onces.

La SOREM, qui signe ainsi sa première convention de partenariat, est bien partie pour contribuer à la création de richesse dans le domaine de l’exploitation de nos ressources minières, dans le cadre des réformes en cours dans le secteur. Parmi ses missions figurent l’étude, la recherche, l’exploitation, le traitement et la commercialisation des substances minérales et des gisements viables dans les périmètres qui lui sont octroyés.

Elle peut également lever des fonds pour doter l’État malien en devises. Le jeudi 25 juillet dernier, elle tenait la 2 session ordinaire de son conseil d’administration, qui a planché sur plusieurs documents, notamment le programme d’acquisition des titres miniers, le plan stratégique, le cadre organique, la base de rémunération ainsi que le budget 2024 de la société.

On peut à coup sûr dire que la société Flagship et son Président-directeur général, l’Australien Ron Slaughter, entrent de belle manière dans l’histoire minière du Mali, notamment dans ce processus de renouveau du secteur. Flagship est la première à décider d’un compagnonnage gagnant-gagnant avec le Mali, dans le respect des principes de souveraineté édictés par l’État. Ronald Slaughter est le premier homme d’affaires à faire le premier pas. Et c’est un pas gagnant.

L’homme et sa société, venus de l’étranger, donnent ici la preuve que le Mali n’est point un pays fermé aux investisseurs étrangers. Et pourquoi le serait-il, pour une bonne raison ? Cet acteur minier connaît bien le Mali pour avoir tenté d’y installer une industrie minière dans la région de Gao avec la mine de manganèse de Tassiga.

Malheureusement, ses installations ont été victimes des incursions rebelles et terroristes en 2012, avec beaucoup de matériels détruits ou emportés. Les populations d’Ansongo et de Tassiga ont vu leur rêve industriel s’évaporer, et Monsieur Slaughter avait, pendant des années, tenté de relancer le projet. 
Et le voilà de retour, cet industriel australien, ramenant de l’espoir au sud du pays, loin de Tassiga, et ravivant la vie industrielle de la commune de Sanso. En attendant la relance du manganèse de Tassiga, bienvenue à la relance de l’or à Morila. Et ce sont bien la SOREM et le Mali qui gagnent.

Alassane Souleymane

Lire aussi : Région de Tombouctou : Les FAMa démantèlent d'importants sanctuaires logistiques appartenant aux terroristes

Dans le cadre de la sécurisation du territoire, les Forces armées maliennes (FAMa) mènent actuellement des opérations de contrôle de zone de grande envergure dans le secteur ouest de la localité de Léré, Région de Tombouctou..

Lire aussi : Œuvres sociales du Président de la Transition : Des kits alimentaires remis à des familles vulnérables

Ce geste du Général d’armée Assimi Goïta s’inscrit dans le cadre du Ramadan 2026 qui va bientôt débuter.

Lire aussi : Mutilations génitales féminines : Halte à la pratique !

A l’instar de la communauté internationale, notre pays a célébré la Journée internationale du 6 février «Tolérance zéro» aux mutilations génitales féminines (MGF)/excision sous le thème : «Rôles et responsabilités des autorités et légitimités traditionnelles du Mali face aux enj.

Lire aussi : Fédération nationale des mines et de l’Énergie du Mali : Moussa Coulibaly rempile

Le secrétaire général (sortant) de la Fédération nationale des mines et de l’Énergie du Mali (FENAME), Moussa Coulibaly , a été reconduit à son poste pour un mandat de cinq ans. Il dirige un bureau de 36 membres, en plus des 7 membres de la Commission de vérification..

Lire aussi : Affaires Paramount-Embraer : Le dossier renvoyé pour l’audition d’autres témoins

Le verdict tant attendu dans le procès dit «Paramount-Embraer» n’a finalement pas été rendu, le vendredi dernier, comme annoncé. Lors de cette séance, la Chambre criminelle spécialisée en matière économique et financière du Pôle national économique et financier a décidé de rabattre.

Lire aussi : Recrutement de 200 surveillants pénitentiaires : le ministre Mamoudou Kassogué lance la première phase

Le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, Mamoudou Kassogué, a procédé, samedi dernier sur la colline de Badalabougou, au lancement de la première phase du concours de recrutement de 200 agents du cadre de la surveillance des services pénitentiaires et de l’éduc.

Les articles de l'auteur

À l’heure du Mali : Le cas Vénézuélien, entre désarroi mondial et fermeté sahélienne

Dans une précédente chronique, parue dans notre livraison du 5 janvier dernier et intitulée «Entre souveraineté assumée et hégémonie hémisphérique», nous évoquions la journée du 3 janvier 2025 et «la torpeur quasi mondiale provoquée, un peu plus tôt, par l’arrestation du président d’un État souverain par les forces d’un autre, telle qu’elle a été vécue au Venezuela »..

Par Alassane Souleymane


Publié lundi 12 janvier 2026 à 08:54

Perspectives sahéliennes : Les attentes des populations confédérales pour 2026

La proximité de la 2ᵉ session du Collège des Chefs d’État de la Confédération AES, tenue à Bamako, avec la fin de l’année 2025 a permis aux dirigeants de se projeter sur l’avenir, notamment sur cette nouvelle année qui commence..

Par Alassane Souleymane


Publié mardi 06 janvier 2026 à 10:02

À l’heure du Mali : 2026, entre souveraineté assumée et hégémonie hémisphérique

La journée du 3 janvier 2026 illustre-t-elle déjà l’allure que nous réserve la nouvelle année, pour le Mali comme pour le monde ?.

Par Alassane Souleymane


Publié lundi 05 janvier 2026 à 08:40

Perspectives sahéliennes : L’hiver noir et le prix de l’acier

Remontons le fil de l’histoire et posons-nous dans un moment mémorable : la conférence des chefs d’État de France et d’Afrique à Paris. Le mercredi 4 novembre 1981, une conférence de presse conjointe réunit le président français François Mitterrand, ses homologues ivoirien Félix Houphouët-Boigny et zaïrois Mobutu Sese Seko. Beaucoup de choses sont dites ce jour-là, et certains extraits circulent encore aujourd’hui sur les réseaux sociaux..

Par Alassane Souleymane


Publié mardi 30 décembre 2025 à 08:27

À l’heure du Mali, À la présidence confédérale : des lumières d’Assimi aux outils d’IB

La Confédération des États du Sahel (AES) poursuit son chemin, nourrie chaque jour par la ferveur populaire qui l’accompagne et par la détermination des chefs d’État des trois pays à en faire un tournant décisif pour assurer un bien-être collectif durable. Tel est l’esprit de la Confédération : redessiner la carte géopolitique régionale et continentale, imposer de nouveaux paradigmes de gouvernance vertueuse..

Par Alassane Souleymane


Publié mercredi 24 décembre 2025 à 08:40

La Confédération AES, par le sang et pour la prospérité

Cher lecteur, merci de lire votre quotidien national Sidwaya, que vous tenez en main en ce moment et dont vous scrutez chaque mot. Quoi ? Vous pensez que je me trompe de titre ? Je dis bien Sidwaya..

Par Alassane Souleymane


Publié lundi 22 décembre 2025 à 08:54

Maroc-Comores, 2-0

En ouverture, le pays organisateur fait l’essentiel.

Par Alassane Souleymane


Publié lundi 22 décembre 2025 à 08:21

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner