31 ans d’exercice de la démocratie : Le regard critique des acteurs du mouvement démocratique

À l’initiative de l’Adema-PASJ, un panel composé de personnalités politiques est revenu sur le parcours de notre pays au cours des trente dernières années. De nombreux intervenants ont souligné la nécessité de s’unir pour apporter un nouveau souffle et une nouvelle vigueur au processus démocratique

Publié lundi 04 avril 2022 à 05:21
31 ans d’exercice de la démocratie : Le regard critique des acteurs du mouvement démocratique

Dans le cadre des activités commémoratives du 31è anniversaire de l’avènement de la démocratie du Mali, l’Alliance pour la démocratie au Mali-Parti africain pour la solidarité et la justice (Adema-PASJ) a organisé, samedi dernier au Centre international de conférences de Bamako (CICB), un panel des acteurs du 26 mars 1991.

L’objectif était de donner la parole aux acteurs politiques afin qu’ils puissent jeter un regard critique sur les 31 ans de démocratie, les acquis, les insuffisances et les perspectives. Restituer à la jeunesse, venue nombreuse à la rencontre, l’histoire de l’avènement de la démocratie.

Me Mountaga Tall, Dr Oumar Mariko, Mme Sy Kadidiatou Sow, Dr Chérif Cissé, Pr Moustapha Dicko, Dr Adama Tiémoko Diarra, Tiébilé Dramé et Pr Ali Nouhoum Diallo étaient les éminents panelistes chargés d’animer le thème.

D’autres acteurs des évènements de mars 1991, invités d’honneurs, ont aussi témoigné. Des personnalités politiques comme les anciens Premier ministres Soumana Sacko, Modibo Sidibé, ainsi que Daba Diawara, Mamadou Bakary Sangaré dit Blaise, Modibo Soumaré ont apporté leur contribution au débat.

Ces témoins de l’avènement de la démocratie au Mali ont revisité les faits, porté les jugements sur la gestion des affaires de cette date à nos jours dans notre pays avant de s’interroger. Toutes ces personnalités ont rappelé la répression sanglante, barbare et mortelle, lors des évènements de mars 1991, par des militaires aux ordres du pouvoir en place.

«Personne ne pouvait imaginer survivre à cette répression barbare. Tous, on aurait pu être tués, blessés ou handicapés à vie», ont reconnu les conférenciers. Selon eux, les aspirations profondes à l’époque étaient l’ouverture politique face au système du parti unique constitutionnel surtout la liberté fondamentale et individuelle, une justice égale pour tous ainsi que la transparence dans la gestion des biens publics. Bref, les Maliens réclamaient le mieux-être pour tous et le changement.
 
Où en est-on aujourd’hui ? Mme Sy Kadidiatou Sow dira qu’il y a eu un saut qualitatif avec la création des textes. Ces documents qui ont garanti le multipartisme, les libertés fondamentales, les nouvelles institutions pour une meilleure représentation des collectivités territoriales et une prise en compte des préoccupations des populations. Avec à la clé, un essor fulgurant de la vie associative, des activités politiques, économiques, sociales et culturelles.

Aussi, a-t-elle cité des réformes engagées dans les domaines de la décentralisation, la santé, l’éducation, la justice. Les 31 ans de la démocratie ont permis de rapprocher les services sociaux de base aux populations.

Également l’ère démocratique a vu de nouvelles responsabilités confiées aux femmes et aux jeunes. La démocratie, selon les panelistes, a contribué à la libération du secteur privé ainsi que la floraison des radios et journaux privés. Pour Tiébilé Dramé, la démocratie dans notre pays a donné aujourd’hui une place spéciale aux réseaux sociaux dans la vie de notre nation, à l’image des vidéastes.

L’ancien ministre Dramé a relevé que dans notre pays plus de 47% des populations vivent dans l’extrême pauvreté avec moins de 500 Fcfa par jour. Dr Adama Tiémoko Diarra soutiendra que la démocratie, en dépit des multiples soubresauts, est irréversible. Même si, notera-t-il, pendant 31 ans, notre pays continue de chercher l’ancrage démocratique.

Qu’est-ce qui n’a pas marché ? Les acteurs du Mouvement démocratique ont reconnu que ce n’était pas un long fleuve tranquille. Au contraire, il y a eu beaucoup de zones de turbulence et nous vivons présentement l’un de ces soubresauts. Sur ce point, ils ont reconnu que des insuffisances ont émaillé la gestion du pays.

Certains ont mis en cause la gestion concertée du pouvoir sous les différents régimes. D’autres ont mis à l’index la problématique de la qualité des ressources humaines suite à la politisation de l’administration. Le «kokadjè» espéré n’a pas eu lieu, ont encore déploré certains intervenants.

Malgré la volonté politique affichée et la création de diverses structures de lutte contre la corruption, les pouvoirs publics n’ont pas réussi à maîtriser le fléau de la délinquance financière et l’enrichissement illicite. Pour Mme Sy, ce fléau s’est d’ailleurs élargi atteignant toutes les couches. 

Quant au Dr Adama Tiémoko Diarra, il a soutenu que la pratique démocratique, pendant 31 ans, s’est très souvent caractérisée par la mal gouvernance avec son lot de corruption, d’injustice, d’inégalité économique, de conflits sociaux, d’irruptions des religieux sur la scène politique. Aussi, ajoutera-t-il, la spéculation foncière et la fraude électorale sont perçues comme d’autres maux ayant gangréné la période démocratique.

S’unir pour relever les défis ! Les acteurs du Mouvement démocratique présents à la rencontre croient à la nécessaire union pour poursuivre le processus en tirant les leçons des échecs et en consolidant les acquis. Il s’agit, pour eux, de réfléchir ensemble sur la part d’engagement de chacun des acteurs politiques, en particulier les partis politiques qui constituent un des piliers majeurs de la démocratie. Les vrais défis consisteront à consolider les acquis et à réformer ce qui doit l’être ou l’adapter à l’évolution.

Ces responsables politiques sont unanimes qu’elles doivent se retrouver dans l’urgence, entre acteurs du Mouvement démocratique et d’autres leaders politiques, pour proposer des solutions afin de «sauver la nation». «Face à l’urgence, nous devons prolonger ce qui nous a réunis aujourd’hui afin de sauver une nation en détresse», a exhorté Tiébilé Dramé. Son point de vue est partagé par le Pr Ali Nouhoum Diallo qui a estimé qu’il est indispensable de développer des pistes pour tirer le pays de l’ornière de la crise.

Oumar DIAKITE

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