28è édition du Fespaco : Le Mali a fait bonne figure

La participation de notre pays au grand rendez-vous du cinéma africain était à la hauteur de son statut de pays invité d’honneur

Publié mardi 07 mars 2023 à 07:09
28è édition du Fespaco : Le Mali a fait bonne figure

La délégation malienne lors de la cérémonie d’ouverture



Le Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouaga (Fespaco) a failli se terminer sur fond de contestation de la consécration du jeune réalisateur tunisien, Youssef Chebbi qui s’est vu attribuer à la surprise générale l’étalon d’or du Yennenga pour son long métrage de 92 minutes intitulé «Ashkal». Le représentant du cinéaste tunisien a reçu le prix des mains du président de la Transition burkinabé, le capitaine Ibrahim Traoré, samedi dernier, au cours d’une cérémonie. Le trophée est d’une valeur de 20 millions de Fcfa.

Le film primé revient sur les circonstances de la chute du président tunisien, Ben Ali, chassé du pouvoir par une révolution. Le réalisateur raconte l’enquête de deux policiers qui découvrent un corps calciné sur une parcelle au cours des travaux de construction. Dans ce quartier de Tunis, qui s’appelle Carthage, lorsque les travaux, suspendus dans un premier temps, reprennent, l’enquête des policiers prend une tournure déroutante lorsque d’autres corps sont découverts.

Le jury a mis en avant la qualité esthétique et la créativité de cette œuvre cinématographique. Mais sa décision a été ouvertement contestée. Les contestataires opposent au jury l’argumentaire selon lequel les critères interdisent que ce graal soit donné à une première œuvre d’un réalisateur. Ce code a été concrétisé par la création du prix Oumarou Ganda pour récompenser la meilleure première œuvre long métrage de fiction.

L’Etalon d’argent d’une valeur de 10 millions de Fcfa est revenu à la Burkinabé Apolline Traoré avec son film de 120 minutes intitulé : «Sira». Ce film conte l’odyssée d’une jeune fille violée et abandonnée dans le désert. Elle accouche seule dans des conditions difficiles et se retrouve dans le camp des terroristes, dirigé par son violeur et meilleur ami de son père. Entre amertume, désolation et vengeance, Sira décide de tout donner pour déjouer les plans macabres des terroristes.

Quant à l’étalon de bronze, il a été remporté par la Kenyane Angela Wamai pour son film «Shimoni» de 97 minutes. Elle enlève un chèque de 5 millions de Fcfa. Son film parle d’un repris de justice qui tente de se venger dans un petit village du Kenya.

La cérémonie de proclamation et de remise des prix du palmarès officiel au Palais des sports de Ouaga s’est déroulée en présence du ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Andogoly Guindo. Le ministre Guindo avait d’ailleurs été décoré la veille, à titre exceptionnel, de la médaille de chevalier de l’Ordre national du Burkina par le ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo. Notre compatriote, le célèbre plasticien Abdoulaye Konaté, membre du jury de long métrage, a aussi reçu la même distinction.

En effet, les autorités du Burkina estiment que leur pays a été honoré par le nôtre qui a accepté d’être l’invité d’honneur de la 28è édition du Fespaco.

C’est une forte délégation malienne, conduite par le Premier ministre, Chogel Kokalla Maïga, qui a donné un cachet particulier à toutes les activités de la manifestation. Pour le ministre burkinabé en charge de la Culture, c’est un devoir de reconnaissance de décorer ces deux personnalités qui sont en train de marquer l’évolution de la culture au Mali, et aussi de contribuer au rayonnement culturel de notre continent.


Un jeune talent malien a été reconnu lors de cette manifestation. Il s’agit de Tioye Kandioura Coulibaly qui a reçu le prix du jury d’un autre festival appelé : «Rencontres cinématographiques de Sya du Burkina» pour son film : «Silence des origines». Elle a été aussi amenée à partager son expérience de jeune réalisatrice et décoratrice avec les étudiants de l’Institut supérieur du cinéma de Ouaga. Souleymane Cissé aussi a été invité à un master class sur son film Finyè devant plus de 500 participants. Des réalisateurs, jeunes et anciens, tenaient à comprendre la technique de ce talentueux cinéaste malien.

Le directeur général du Centre national de la cinématographie du Mali (CNCM), Fousseyni Maïga, a rappelé que la présence du Mali à ce rendez-vous n’était pas gagnée d’avance. «Malgré les faibles moyens, nous avons relevé le défi», s’est-il réjoui, soulignant que le Mali est un grand pays de cinéma, très respecté sur la scène cinématographique africaine malgré les difficultés actuelles. «Nous devons cela à des monuments comme Souleymane Cissé et Cheick Oumar Sissoko et l’ensemble de leurs collaborateurs». Et de dire que toutes ces personnes méritent notre respect et nous devons en toute humilité, nous abreuver à leurs sources.

Fousseyni Maïga a annoncé que dès son retour à Bamako, le CNCM mettra un plan en œuvre pour préparer la prochaine édition avec comme ambition le 4è étalon d’or du Yennenga pour le Mali. Un dispositif d’accompagnement sera mis à la disposition de toutes les sociétés de production pour relever le niveau de nos productions.

Envoyé spécial

Youssouf DOUMBIA

Lire aussi : Ouverture du Siama aujourd’hui : Tout est fin prêt pour accueillir les artisans

La 5è édition du Salon international de l’artisanat du Mali (Siama) s’ouvre aujourd’hui dans notre pays sous le thème : «Artisanat, facteur de développement et de sauvegarde de notre identité culturelle» pour prendre fin le 7 décembre prochain..

Lire aussi : Livre sur Guimba national : Le parcours d’un comédien hors pair

Habibou Dembélé dit Guimba national a fait rentrer la comédie dans une autre dimension. Cet artiste arrive, avec une facilité déconcertante, à arracher le sourire à tout le monde.

Lire aussi : Chorégraphie de la Biennale de Tombouctou : Le ministre Daffé exprime sa satisfaction

Cette œuvre sera présentée par 333 jeunes en référence aux 333 Saints de Tombouctou. La répétition a commencé depuis fin octobre et elle relate les figures historiques des empires du Ghana, du Mali et du Songhaï avec des forgerons et des griots qui ont construit notre histoire.

Lire aussi : Semaine internationale de l’artisanat touareg : Le secteur artisanal comme alternative à la migration irrégulière

Le Salon international de l’artisanat touareg, tenu du 18 au 23 novembre, a dédié la journée du samedi dernier au département des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine. La rencontre a été marquée par un panel sur le thème : secteur artisanal au Mali, alternati.

Lire aussi : El Hadj Adama Issa Sacko : «J’ai remarqué que la culture Khassonké est en voie de disparition»

L’écrivain traditionnaliste, à travers son livre, intitulé : «Le Khasso traditionnel : coutumes et mœurs», lancé le 17 juillet dernier, met en lumière les repères culturels de cet espace linguistique dont il est le «Djeli», de par la bataille de Tumbifara. Dans cet ouvrage de 162 pa.

Lire aussi : Coopération culturelle : Le ministre Daffé et l’ambassadeur de la Palestine, Hassan Albalawi, s’inscrivent dans la même vision

Le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l'Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, a rencontré, lundi dernier dans ses propres installations, dans le cadre de l’Année de la culture, l’ambassadeur de la Palestine au Mali, Hassan Albalawi..

Les articles de l'auteur

Biennale de Tombouctou : La chorégraphie de la cérémonie d’ouverture en construction

Depuis bientôt un mois, le maître chorégraphe, Karim Togola, assisté de deux professeurs de danse du Conservatoire des arts et métiers multimédia Balla Fasséké Kouyaté, Abdoulaye Koné et Dramane Sidibé, sont à pied d’œuvre pour la construction du ballet de la cérémonie d’ouverture de la Biennale de Tombouctou..

Par Youssouf DOUMBIA


Publié mardi 18 novembre 2025 à 11:43

Festival Rendez-vous chez nous : De beaux spectacles dans la rue

Si au départ le «Festival Rendez-vous chez nous» était concentré sur les masques et marionnettes, force est de constater que l’événement s’est beaucoup développé. De nos jours, il est devenu plus éclectique avec une programmation riche et variée, allant de la musique à la danse moderne..

Par Youssouf DOUMBIA


Publié mardi 11 novembre 2025 à 08:19

Cinéma : Le 2è épisode de «Bini Bana» réaffirme la souveraineté des noirs

Au moins 300 élèves de l’École fondamentale Bleu et Blanc de Missala, à une vingtaine de kilomètre de Bamako, ont assisté, vendredi dernier, à l’avant-première du 2è épisode du film Bini Bana de Zaidou Coulibaly. Ce long métrage de 90 minutes est une ode à la libération totale du joug colonial..

Par Youssouf DOUMBIA


Publié mardi 04 novembre 2025 à 14:01

Manuscrits anciens : L’ONG Savama-DCI montre sa contribution à l’année de la culture

La Sauvegarde et valorisation des manuscrits anciens pour la défense de la culture islamique (SAVAMA-DCI) est une ONG culturelle, qui a joué un rôle fondamental dans la préservation du patrimoine écrit au Mali. Dans le cadre de ses missions, elle a entrepris la construction de plusieurs bibliothèques dédiées à la conservation, protection et mise en valeur des manuscrits anciens..

Par Youssouf DOUMBIA


Publié jeudi 02 octobre 2025 à 13:23

4ē Grand prix d'Afrique de hippisme au Maroc : Enrichissante participation du Mali

La 4ē édition du Grand prix d'Afrique de hippisme se tient ces jours au Maroc avec la participation de plusieurs pays du continent dont le Mali..

Par Youssouf DOUMBIA


Publié samedi 13 septembre 2025 à 21:54

4è Grand prix d’Afrique de hippisme : Les turfistes Maliens pourront désormais parier sur courses marocaines

-.

Par Youssouf DOUMBIA


Publié vendredi 12 septembre 2025 à 20:26

Culture et Intelligence artificielle : Bamako Académie dévoile sa série « La voie du Donsoya »

On peut s’aventurer à dire que Kabakoo Academies ose une fusion avant-gardiste de l’Intelligence artificielle (IA) et de la culture, en présentant en exclusivité un film intitulé « La voie du Donsoya ». Il s’agit du tout premier film d’animation explorant la richesse du Donsoya, une institution sociale et une vision du monde multiséculaire d’Afrique de l’Ouest..

Par Youssouf DOUMBIA


Publié mardi 09 septembre 2025 à 17:02

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner