Le ministre
Diallo (c) a insisté sur la qualité des fers auprès des industriels
Après la
deuxième phase de vérification et de sensibilisation menée par les services
techniques, les usines de production de fer qui continueront à ne pas respecter
les normes pourraient être fermées. La mise en garde a été faite, lundi
dernier, par le ministre de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo,
en marge de sa visite sur les sites de l’Industrie du Mali et de fer (Imafer),
à Fougadougou dans la Commune rurale de Tienfala.
Notre pays a connu,
récemment, l’effondrement d’immeubles construits ou en construction entrainant des dégâts matériels et financiers
importants. Dans certains cas, des pertes en vies humaines ont été
enregistrées. Cette situation n’a laissé aucune autorité indifférente, à
commencer par le ministère de l’Industrie et du Commerce. C’est à cet égard que
le département a instruit la direction générale du commerce, de la consommation
et de la concurrence (DGCC) et l’Agence malienne de métrologie de conduire un
vaste programme de contrôle et de vérification du diamètre et de la longueur
dans toutes les unités de production de fer sur l’ensemble du territoire
national.
Le résultat de cet audit mené par les deux structures est sans
appel. «Des fers commercialisés sur le marché comme étant du fer 6 ont été
contrôlés diamètre 4, des fers 8 présentés et vendus au prix du fer 8 ont été
contrôlés au diamètre 6, des fers 10 ont été
contrôlés au diamètre 7 et ceux présentés comme des fers 12 et vendus à
ce prix ont été contrôlés 9.
Les longueurs ne sont pas respectées», a dénoncé
Moussa Alassane Diallo. Pour le patron
du département en charge de l’Industrie, cette situation est inacceptable pour
le gouvernement et insupportable pour les populations. Et c’est pour cette raison
que toutes les unités de production de fer ont été réunies le 22 août dernier
pour partager avec elles, les conclusions des études de vérification et de
contrôle menées par les services techniques. À l’issue de cette réunion, des
recommandations fortes et des décisions ont été prises par le département.
La
visite de terrain du ministre consistait alors à vérifier la mise en œuvre
effective de ces recommandations et décisions. «Le développement économique
inclusif et durable du Mali se fera avec l’industrie ou ne se fera pas. C’est
pourquoi, soutenir l’industrie dans notre pays est une exigence pour mon
département. L’objectif recherché est de permettre à nos industries de
transformer notre production locale, pour que nous puissions assurer nos
besoins nationaux par la production nationale», a-t-il expliqué.
Selon Moussa Alassane Diallo, nos industries
doivent donner des produits de qualité et respectant les normes. Autrement, il
sera difficile de tenir sur la durée les engagements pris par rapport à la politique
industrielle du pays. «La conduite de cette politique qui se repose sur la
promotion et le développement de l’industrie locale (petite, moyenne et grande)
ne peut aller avec la promotion de la médiocrité. Nous devons être meilleurs en
matière de production», a-t-il insisté.
Cette visite a permis au ministre Diallo de constater qu’il y a un nombre important d’usines qui ne respectent pas les normes. «D’ici octobre prochain, une deuxième vague de contrôles et de vérifications sera enclenchée par mes services. Si nous arrivons aux conclusions qu’il y a encore des unités de production de fer au Mali qui ne respectent pas les normes, nous serons amenés à assumer nos responsabilités et cela pourrait conduire à la fermeture de ces usines», a-t-il averti.
Les
orientations et exigences du ministère de l’Industrie et du Commerce, ainsi que
les mécanismes de suivi-évaluation et de supervision mis en place à la fois
pour contrôler la qualité et le respect des normes, seront partagés avec les
acteurs du secteur pour un développement industriel réussi. Évoquant le
problème d’énergie, le ministre Diallo dira que c’est une donnée permanente.
«Je pense que dans les réflexions que nous sommes en train de conduire, il
s’agira de voir aussi comment on peut rendre nos industries moins dépendantes
de l’énergie thermique. Pour cela, plusieurs pistes s’offrent à nous, surtout
en ce qui concerne le solaire. On a déjà rencontré les promoteurs de l’énergie
solaire, des réflexions sont en cours pour concevoir une politique industrielle
où nos industries seront moins dépendantes de l’énergie à partir de l’EDM. SA»,
a-t-il dit.
Les responsables des unités industrielles visitées ont salué cette démarche du ministre Diallo qui vise à assainir le secteur.
Babba COULIBALY
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