Nous sommes un mercredi du mois de janvier à Diambourou dans
le Cercle de Bourem (Région de Gao). Un vent frais balaie la cour du lycée Aïchata
Alassane Cissé (LAAC-B), bâtie sur une superficie de 5 hectares. Des femmes,
qui affichent le sourire aux coins des lèvres, sont vêtues de leurs plus beaux
atours (grosses boucles d’oreilles et autres parures qui font partie de l’arsenal
de séduction de la femme). Le tout couronné par des «gofas» sur la tête,
assortis de voile couvrant leur cou.
D’autres femmes sont drapées de melhfa, un tissu qui enveloppe tout le corps, ou «dampé», portant «l’albeyti» ou «enafad en songhay (un sac à outils qui se met autour du cou). Ce sac en cuir, visiblement prisé, est aussi bien porté par les femmes que les hommes. C’est un phénomène de mode, mais aussi une survivance culturelle. C’est une soirée traditionnelle de «takamba» organisée à la faveur du baptême du lycée. Sous des tentes de fortune, installées dans la cour du lycée, des objets décoratifs sont exposés. Les invités affluent et s’installent pour certains sur des tapis, voire des nattes, étalés à même le sol. Les musiciens sont appelés à rejoindre leurs instruments traditionnels pour que la fête commence par le «takamba», une musique populaire chez les Songhay.
mouvements en finesse- Selon les informations recueillies
auprès de personnes ressources, cette musique remonte au 15è siècle et puise sa
racine dans l’empire Songhaï. Pour le sociolinguiste, Pr Amidou Issoufi Saraoui
Maïga, le takamba est le symbole de cohérence entre deux cultures. «Un maître
tamasheq, fasciné par la beauté d’une femme songhay, a voulu la conquérir. Son
griot s’adressa à la femme en lui disant taa kambe, prosaïquement prends sa
main, qui deviendra par déformation «takamba», explique-t-il.
C’est aussi une
danse souvent esquissée en duo, mais aussi en gardant une certaine distance.
Elle se pratique en position débout. Elle est faite de mouvements en finesse et
d’élégance corporelle. Mais, le sociolinguiste révèle qu’à l’origine, elle était
pratiquée en position assise. «C’est avec l’animation politique que la jeunesse
de l’Union soudanaise-Rassemblement démocratique africain (US-RDA) de Gao, sur
initiative de Yarga, un Malien d’origine burkinabé, a introduit la position débout
dans la danse du takamba. Ce, en similarité avec le goumbé, une autre danse
populaire de l’époque», rappelle Pr Maïga, soulignant que le style a évolué au
contact des communautés songhay tout en rythmant la vie dans les campements
tamasheqs.
Le takamba, qui valorise la culture songhoy, se joue avec les sonorités de la guitare traditionnelle et des calebasses accompagnées de claquements de mains. Tel un langage corporel, les danseurs coopèrent et dialoguent par une gestuelle sans piper mot. Pour Amidou Issoufi Saraoui Maïga, c’est désormais un moyen de rencontre et d’échange subtilisant des gestes, des codes de séduction. Jadis, le takamba était pratiqué pour commémorer la fin des récoltes, encourager les guerriers de retour de leurs épopées et faire des louanges aux familles nobles. Aujourd’hui, révèle le sociolinguiste, le takamba est devenu une danse de célébration lors des événements sociaux pour les hommes et les femmes dans le Septentrion à l’instar du «bara» au sud du pays.
Pour la paix et la solidarité- La danse est l’identité
fascinante de chaque ethnie, culture et époque, qui finit souvent par devenir
un symbole national et même un patrimoine culturel. L’autorité intérimaire du
Cercle de Bourem, Jahou Mahamane Touré, explique que ce genre de rencontre
servira de ciment pour l’entente et la cohésion sociale.
À l’en croire, le fait
qu’une vision commune puisse émerger d’une société pluriculturelle démontre
qu’il est possible de vivre ensemble. Et cette société peut vivre au rythme
d’une culture de la paix. C’est pourquoi, le takamba comme le bara ou encore
d’autres danses doivent être valorisés par les autorités pour renforcer davantage
l’unité nationale. «Le takamba est un lien puissant indéniable qui symbolise la
symbiose entre Songhay et Touareg. Donc, il doit être utilisé dans le mécanisme
visant à ramener la paix et la solidarité dans le Nord du pays», suggère le
sociolinguiste.
Bourem n’est pas la seule circonscription à danser le
takamba, sous les sonorités de la calebasse jaune. Ouani, bourgade située au
centre de la Commune rurale de Taboye et limitée au nord par le village de
Danka, au sud par Tondibi et Hâ, n’est pas en reste. Ses 4.621 habitants, sont
constitués de Peuls, Songhaï, Tamasheqs et bozos pratiquant l’agriculture, l’élevage,
la pêche et le commerce. Sur place, la cour du chef de quartier, lieu de découverte
de la culture «ouanienne» enrichie par la variété des traditions, est prise
d’assaut.
Cette assemblée devient un moment de partage élargi grâce à une programmation électrique. Les musiciens déjà installés font découvrir un autre style de «takamba» qui se pratique avec des sauts acrobatiques tout en maîtrise technique, mais aussi de coordination des mouvements, notamment l’équilibre et la souplesse du corps. Il faut faire des pas dans différentes directions. Se tenir sur une jambe et bouger d’autres parties du corps en même temps en passant de la position assise à la station débout. C’est simplement athlétique et créatif.
Souleymane SIDIBE
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